AVERTISSEMENT. XCV1I
un court passage en moins et un en plus qui ne ligure pas dans l'exemplaire de la bibliothèque et que Monmerqué croyait avoir été ajouté de la main de mademoiselle d'Aumale sur l'exemplaire qu'il avait eu entre les mains. Aucun doute ne peut donc être élevé sur l'authenticité de ce Mémoire sur madame de Mainienon (tel est le titre porté par les deux manuscrits de la bibliothèque du Louvre et de la Laurentienne) qui fait l'objet de la présente publication.
Quant à l'époque où ce Mémoire a été composé par mademoiselle d'Aumale, il est assez facile de la fixer, du moins approximativement. Ce dut être entre 1721 et 1729. En effet, dans une lettre adressée par elle à madame de Glapion, nous voyons que c'est durant son séjour au château d'Havrincourt, c'est-à-dire en 1721, que la première idée lui en vint : « Je suis obligée à monseigneur de Chartres, écrivait-elle, de me croire assez d'esprit pour faire la vie de Madame de Maintenon. Je ne le pourrois dans le monde. Il me faudroit les charmes de Saint-Cyr et pouvoir travailler avec vous. Je tâcherai de découvrir ce que je saurai sur elle '. »
A la môme époque la même pensée était venue à madame de Caylus, et elle se préoccupait de son côté de rassembler ses propres souvenirs. Elle demandait communications à mademoiselle d'Aumale de certains documents, et, en échange, lui communiquait les siens : « Dans votre loisir et avec le temps, lui écrivait-elle, je vous demande, mademoiselle, quelque part du dépôt que vous avez à Saint-Cyr. Vous sçavez que je vous ai fait si bien part des miens qu'il ne me reste rien. Vous devriez à
1. Quelques lettres inédites d'Anne d'Osmond, marquise d' H avr incourt, et de Marie-Jeanne d'Aumale, publiées par M. Asselin.