‹ Souvenirs sur Madame de Maintenon (volume 2)Chapitre 22 sur 112 · XCVIII AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

XCVIII AVERTISSEMENT

vos heures de loisir, qui ne vous manquent pas, escrire les principaux événemens de sa vie (celle de madame de Maintenon); nous les reverrions ensemble; ce seroit notre consolation de nous rappeler ce que nous avons vu, et sa modestie ne nous empêche plus de parler. Rendons donc à sa gloire, Tune et l'autre, tout ce que nous lui devons, autant pourtant qu'en certaines choses la prudence nous le permettra. » Et dans une autre lettre : « Je comprends bien que vous ne ferez pas des Mémoires ni encore moins une Vie qu'on veuille mettre en jour, mais seulement écrire des faits à mesure qu'ils viennent. Mes lettres sont en bonnes mains et plut à Dieu que vous eussiez encore toutes celles que j'ai brûlées !. »

Ainsi les deux amies se communiquaient leur travail; c'était presque une collaboration, et par là s'expliquent certaines ressemblances non seulement de fond, mais de forme entre le Mémoire sur madame de Maintenon et les Souvenirs de madame de Caylus. Il y a des phrases, surtout au début, qui sont identiques, à quelques mots près. Est-ce mademoiselle d'Aumale qui s'est inspirée de madame de Caylus, ou madame de Caylus qui s'est inspirée de mademoiselle d'Aumale? Cela est impossible à dire avec exactitude. En tout cas ces communications ne purent avoir lieu qu'avant la mort de madame de Caylus, qui survint en 1729. C'est donc entre 1721 et 1729 que mademoiselle d'Aumale a dû composer son Mémoire.

Mademoiselle d'Aumale travaillait pour Saint-Cyr, et sans aucune arrière-pensée de publicité. Cependant, comme il était naturel, plusieurs copies furent faites de son Mémoire.

1. Collection Morrisson, Catalogue, t. I, p. 115. Ce catalogue fait mention de sept lettres de madame de Caylus à mademoiselle d'Aumale.

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