‹ Souvenirs sur Madame de Maintenon (volume 2)Chapitre 29 sur 112 · MADAME SCARRON COMPARÉE A UNE GEÔLIÈRE · texte numérisé non relu

MADAME SCARRON COMPARÉE A UNE GEÔLIÈRE

Il le faut avouer,

Le métier de geôlière

Est un fort pénible métier.

Il faut être barbare et fière,

Faire enrager souvent un pauvre prisonnier,

Et ce n'est pas là ma manière.

Si ceux qui sont clans ma prison

Se plaignent, ils n'ont pas raison;

Je les prends sans vouloir les prendre.

Je ne cherche point les moyens

De les mettre dans mes liens.

Ce sont eux qui viennent s'y rendre,

Mais, comme sans faire la vaine,

Je les prends sans combattre et sans rien hasarder,

Sans me donner beaucoup de peine,

Je sais comme il les faut garder.

1. Le duc de Noailles, au tome Ier, p. 269, de son Histoire de madame de Maintenon, donne également ces vers, mais avec certaines variantes. Il les avait sans doute pris dans La Beaumelle.

36 MEMOIRE SUR MADAME DE MAINTENON. ENCORE POUR MADAME SCARRON SUR SES YEUX1.

Deux abyssins, Deux beaux yeux, Grands assassins, A grands coups de traits De couleur jais, Donnent de l'amour A toute la Cour, Et ces noirs tyrans, Qui sont si méchants, N'ont pas encor vingt ans.

Ils n'aiment rien.

Pauvre amant,

Tenez-vous bien !

Les tigres qu'ils sont

Des amants qu'ils ont

Font si peu de cas

Qu'ils ne voudroient pas

Songer à guérir

Un pauvre martyr,

N'en coûta-t-il qu'un soupir.

POUR MADAME LA DUCHESSE DE RICHELIEU, COMPARÉE A UNE MARCHANDE DU PALAIS.

Cependant qu'au Palais chaque marchand se pique

D'avoir tout du plus beau chez soi,

Sans me vanter de rien, par un je ne sais quoi

On court en foule à ma boutique.

L'on vient en foule acheter chez moi.

1. Elle avoit les yeux noirs très beaux. (Note de mademoiselle d'Aumale.)

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