PETITS BILLETS DU ROI
« Je crois que je pourrai aller à Compiles à Saint- Cyr, si vous l'approuvez, et revenir après avec vousen nous promenant. On pourroit aujourd'hui, qui est
belles qualités vous ont acquis avec justice une faveur qui est approuvée de tout le monde, à notre susdit fils Trévisani, qui en est digne par son mérite, et surtout par la commission que nous lui donnons. Nous vous prions encore, avec un zèle également fort, de faire valoir, toutes les fois que l'occasion s'en présentera, l'attachement filial que vous avez pour le Saint-Siège, d'en défendre tous les justes intérêts. Fondé sur cette espérance, nous prions Dieu qu'il comble votre digne personne de toutes sortes d'agréments et de prospérités, et vous donnons de bonne volonté notre bénédiction apostolique. »
une fête de la Vierge, dire les Litanies qui allongeaient un peu les prières; en cas que vous approuviez ma pensée, vous ferez trouver quelques dames pour revenir avec nous, et me manderez en réponse de ce billet votre volonté afin que je m'y conforme.
» louis1. »
« Je n'écris ce billet que pour marquer l'ordinaire, car je dépêcherai bientôt de Lisle (maître d'hôtel de madame de Maintenon)2 qui vous portera ce que je pense pour votre voyage. Je me porte assez bien; je vais voir aujourd'hui une partie de l'armée, et je serai en état de partir jeudi matin, pour me rendre samedi au soir à Compiègne, où j'aurai le plaisir de vous voir; je souhaite que ce soit en bonne santé.
» louis3. »
1. Cette lettre a été publiée dans la Correspoiidance générale, t. IV, p. 238, et dans la Vie de madame de Maintenon, par le duc de Noailles, t. III, p. 212. Elle est datée du 2 juillet 1698.
2. De Lisle avait commencé par être laquais de madame de Maintenon, ensuite son valet de chambre, puis elle l'avait marié à une de ses femmes de chambre; et le Roi lui avait donné, en partie, une charge de chef de son gobelet. Il était fils de la femme de chambre de madame de Villette. Madame de Maintenon le racontait aux demoiselles de Saint-Cyr en 1714 : « J'ai toujours aimé les personnes qui ont eu soin de moi : la mère de de Lisle, mon maître d'hôtel, étoit ma gouvernante et la femme de chambre de ma tante chez laquelle je demeurois : je Paimois avec une tendresse surprenante, je lui montrais à lire et à écrire, et quand j'avois fait quelque faute, elle me disoit : « Vous avez fait quelque chose mal à propos, » vous ne me montrerez point à lire aujourd'hui par puni- » tion ». — Voir Entretiens sur V éducation, p. 314.