‹ Souvenirs sur Madame de Maintenon (volume 2)Chapitre 47 sur 112 · LA REINE D'ESPAGNE · texte numérisé non relu

LA REINE D'ESPAGNE

« Croyez-vous de bonne foi que je tâte de l'excuse que vous me donnez d'être embarrassée du commerce que vous avez avec moi, parce que vous ne savez, dites-vous, de quoi remplir vos lettres! Si j'avois assez de bonté pour vous passer une telle raison, je ne mériterois guère que vous voulussiez prendre la peine de me donner de vos nouvelles, et vous ne devriez pas faire grand cas de l'amitié d'une per-

1. Cette lettre et quelques-unes de celles qui suivent ont été publiées par la Beaumelle, mais inexactement suivant son habitude (t. VII de l'édition de Maestricht, passim). En réponse à cette lettre madame de Maintenon écrivit au roi d'Espagne une lettre qui commence ainsi.

Octobre 1707.

« Me voici bien revenue de mes anciennes idées. Je croyois Votre Majesté d'une profonde indifférence sur nos autres misérables, et je reçois une lettre d'Elle pleine de délicatesse sur l'amitié. Je ne vous conseille pas, Sire, de disputer sur cela avec une personne qui a un peu étudié la quiélisme, car je lui prouverois qu'il y a de la perfection à ne rien demander, à ne rien désirer, à être dans une entière désappropriation de ses intérêts; voilà un mot qui fait voir que je sais quelque chose Je crois cependant qu'il n'est pas de mon intérêt de trop approfondir avec Votre Majesté, et il vaut mieux lui donner des nouvelles de notre Cour. » (Lettre publiée dans la Correspondance authentique de madame de Maintenon, t. II, p. 145.)

sonne qui jugcroit si mal de voire esprit. J'en ai suffisamment pour connoîlre et admirer le vôtre; il suflit que vous vouliez bien dire quelque chose pour qu'on prenne plaisir à l'entendre, car il y a un tour singulier et aimable dans toutes vos expressions. C'est une bonne approbation que la vôtre, et je m'estimerai toujours heureuse quand je l'aurai, puisque je croirai que vous y joindrez votre amitié.

» MARIE -LOUISE

« Adieu, ma chère madame, ne doutez jamais de mon amitié et conservez-moi, je vous prie, la vôtre.

» MARIE-LOUISE

« Excusez-moi, je vous prie; ayez soin de votre santé, à laquelle je m'intéresse vivement, et comptez sur la véritable estime et à la parfaite amitié que j'ai pour vous.

» MARIE-LOUISE

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