‹ Souvenirs sur Madame de Maintenon (volume 2)Chapitre 74 sur 112 · MADAME DE CAYLUS · texte numérisé non relu

MADAME DE CAYLUS

Du plus simple bouquet on estimoit l'hommage Au bon vieux temps; or tel étoit l'usage, Et pour certain en tous lieux on tenoit Si qu'un bouquet donné d'amour profonde G'étoit donner toute la terre ronde, Car seulement au cœur on se prenoit '.

Si vous vouliez en ma faveur faire revivre aujourd'hui ce bon temps; j'aurois lieu d'être contente et sûre que mon présent auroit tout le mérile du sentiment qui vous le fait offrir; mais incertaine de son sort, je n'ose me nommer.

Or devinez qui je puis être,

Mon cœur, étoit à vous dès sa tendre saison

1. Ces vers de madame de Caylus sont une imitation d'un rondeau de Marot intitulé : de l'Amour du siècle antique. Voir Correspondance de madame de Caylus, éd. Raunié, p. 201.

Par mes seuls sentiments vous devez me connoître.

Le goût qui les reçut devança la raison,

Elle s'en applaudit, et faisant disparoître

Tous frivoles désirs

A vous plaire, à vous voir, borna tous mes plaisirs.

Or devinez qui je puis être?

A ce présent je voudrois bien

Joindre quelque chose du mien ;

Mais connoissant ce que vous êtes

Et le peu de cas que vous faites

De tous ces biens de vanité

Dont le vrai caractère est la fragilité,

Que pouvois-je en ce jour mieux faire

Afin de vous prouver mon zèle et mon ardeur

A chercher ce qui peut vous plaire

Que de vous présenter mon cœur.

Un cœur au moins est chose plus solide,

Au tribunal, où la raison décide.

Vous connoissez le mien, vous savez ce qu'il vaut,

J'ose le dire, il est tout comme il vous le faut

Respectueux, tendre, fidèle.

Pour vous se sentant chaque jour

Une inclination nouvelle;

Pour vous, quiétiste en amour.

Des plus constants, des plus sincères

Un vrai cœur en un mot, du bon temps de nos pères1.

MADEMOISELLE d'aUMALE AU JOUR DE SA FÊTE DONNANT UNE CORBEILLE ET DES OEILLETS.

Sur l'air du branle-bas de Metz.

Tous les ans, une corbeille Et un œillet seulement, Ce n'est pas contentement

i. Ces vers sont également cités par La Beaumelle, édition de Maestricht, t. VI, p. 2, mais ils sont un peu différents.

Quand on veut faire merveille!

Mais vous dites trop souvent Que j'aime trop peu l'argent.

Madame de Maintenon disoil que les demoiselles de Saint-Cyr jetoient l'argent par les fenêtres.

MADEMOISELLE D'AUMALE ENCORE A SA FÊTE DONNANT DE PETITS OUVRAGES QU'ELLE AVOIT FAITS.

Sur l'air des Feuillantines.

Il n'est rien de précieux

Sous les cieux

Qui soit digne de vos yeux;

Je n'aspire sur la terre

Qu'à vous voir et à vous plaire.

Tous les jolis vers qu'on a faits pour elle sont à Saint-Cyr, si on en veut voir d'autres.

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