‹ Souvenirs sur Madame de Maintenon (volume 2)Chapitre 91 sur 112 · A MONSIEUR FAGON, PREMIER MEDECIN DU ROI ET LE SIEN · texte numérisé non relu

A MONSIEUR FAGON, PREMIER MEDECIN DU ROI ET LE SIEN

18 septembre 1715.

« J'avois une grande impatience de pouvoir écrire de ma main, monsieur, pour vous assurer de la reconnoissance que j'aurai toute ma vie des bontés que vous avez eues pour moi depuis plus de quarante ans. Aussi ai-je répondu par toute la considération, l'estime et l'amitié dont je suis capable; je mourrai avec ces sentiments, bien persuadée que vous ne changerez pas ceux dont vous m'avez donné tant de marques. On m'a dit que vous vous retiriez au Jardin du Roi; rien n'est plus convenable; j'espère que vous y trouverez du repos, et je vous conjure de ne plus

vivre que pour vous, et pour jouir du commerce du plus honnête homme du monde que vous trouverez dans la personne de monsieur votre fils \ Ma retraite est très aimable; j'ai vu mourir le Roi comme un saint, c'est ce que j'avois toujours désiré; j'ai quitté le monde que vous savez que je n'aimois pas. Ma vie sera courte; je ne me trouve point à plaindre. Ma santé commence à se rétablir; je me trouve bien de mon nouveau régime, et je serai toute ma vie, monsieur, votre, etc. »

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