‹ Souvenirs sur Madame de MaintenonChapitre 13 sur 71 · INTRODUCTION. XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XV

soigner, les nourrir, les élever, les instruire, les corriger. S'occuper d'eux ce n'était pas pour elle une fantaisie, une attitude, un caprice de femme stérile, c'était un devoir et presque une fonction.

Quand elle fut arrivée à la faveur, son premier soin fut de faire du bien aux enfants : elle était portée par un sentiment naturel, une vocation : « Tout le monde croit, disait-elle, que la tête sur mon chevet, j'ai fait ce beau plan de Saint-Cyr; cela n'est point... Beaucoup de compassion pour la noblesse indigente, parce que j'avois été orpheline et pauvre moi-même, un peu de connoissance de son état me fît imaginer de l'assister pendant ma vie... Dieu sait que je n'ai jamais pensé à faire une si grande fondation*. » Remarquez qu'elle se défend toujours d'avoir eu l'intention du bien qu'elle fît.

Elle réunit donc, autour d'elle, deux cent cinquante filles appartenant à la noblesse pauvre. Enfin, elle va avoir qui aimer, instruire, diriger. Parmi cette vie légère et passante de la Cour, elle a où se tenir, un fond où se prendre, une trame où broder son rêve. Quand elle bâtit Saint-Cyr, elle dit : « Ce qui me fait plaisir en

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