‹ Souvenirs sur Madame de MaintenonChapitre 39 sur 71 · INTRODUCTION. XLIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XLIX

dans l'esprit d'écrire en même temps tous les événements dont elle était instruite, soit de la guerre, soit de la Cour. Ce sont tous ces différents manuscrits que j'ai mis en ordre '. »

Yoilàleplan complet de l'ouvrage, voilà la mention précise de l'intervention des dames de Saint- Cyr, les origines, le motif et la part faite avec une sincérité évidente à chacune des collaborations.

L'œuvre est collective. Elle représente la pensée et le travail de mademoiselle d'Aumale et de la maison de Saint-Gyr. M. d'Aumale n'est qu'un collaborateur modeste; comme il le dit, « il a mis en ordre ». Le manuscrit original porte le titre suivant : « Mémoires de mademoiselle d'Aumale et Souvenirs de madame de Caylus, pour servir à l'Histoire de madame de Maintenon. » — Nous avons, pour être brefs, adopté un autre titre également emprunté aux manuscrits : « Les Cahiers de mademoiselle d'Aumale. » Le titre le plus exact serait celui-ci : « Yie de madame de Maintenon par les défenseurs de sa mémoire. »

En réalité, ce livre c'est V « hagiographie ». Désiré par madame de Maintenon, préparé par

i. Cette note de M. d'Aumale se trouve en tète du manuscrit qui appartient à la famille; mais elle s'applique évidemment à l'une et à l'autre des deux rédactions.

l IMUODI CtlON.

les dames de Sainl-Gyr, esquissé par Louis Racine, élaboré [»ar mademoiselle d'Aumale, achevé, non sans lenteurs, par son neveu, M. d'Aumale, il nous transmet la tradition de lidélité pieuse gardée dans la sainte maison, ('/est une réponse très mesurée, très prudente, mais très serrée au livre de La Beaumelle.

L'intérêt qu'il présente tient surtout à celte pensée maîtresse et à l'autorité des documents que le rédacteur eut sous les yeux : des correspondances qui ont disparu, une [>remière rédaction des Souvenirs de madame de Caylus citée en morceaux importants, rédaction ([ui a disparu également', les traditions de la maison, des nuances de pensée et de langage qui précisent ou éclaircissentbien des problèmes, contribuent au mérite de l'ouvrage. Mais ce qui importe, c'est qu'on retrouve, dans ce récit parfois languissant, l'àme du grand siècle, le témoignage direct, le Ion et le tour de ceux qui avaient vie; et, en cela, combien ce livre se dislingue de la publication téméraire et infidèle de La Beaumelle.

On avait travaillé de longues années à cette œuvre pieuse. Ouand elle fut achevée, M. d'Au-

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