Pierre Bonnet dit Bourdelot, né en 1654, mort en
4. Lorsque Bossuet se mit à genoux pour prêter serment devant la duchesse de Bourgogne, on rapporte qu'elle lui dit: " Je suis honteuse de voir à mes pieds une si bonn3 tête. »
S.Daniel-Louis le Comte, né à Bordeaux en 1651, entra dans la compagnie de Jésus le 15 octobre 1671. Il ne demeura pas longtemps confesseur de la Princesse et mourut le 19 avril 1728.
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de Coislin ^ qui fit la cérémonie. Les fêtes que le Roi donna à cette occasion furent magnifiques-; tout le monde s'empressoit à faire sa cour à madame la duchesse de Bourgogne, et lui faisoit de grands compliments sur son mariage. Toutes les harangues qu'elle fut forcée d'entendre en cette occasion l'ennuyèrent si fort qu'un jour, ne pouvant plus y tenir, elle répondit à un homme qui s'épuisoit en belles phrases pour la complimenter : « Monsieur, tout ce que vous me diles là, je le vois, est la plus belle chose du monde, mais heureusement, on ne se marie pas tous les jours. » Elle avoit souvent de ces réponses naïves et spirituelles qui, en peu de mots, disoient beaucoup de choses.
Madame de Maintenon, qui avoit découvert en elle beaucoup d'esprit et avec cela beaucoup de franchise, lui représentoit souvent qu'il étoit beau d'être franche, mais qu'il ne falloit pas l'être à tout propos, de crainte de passer pour méchante : « Il ne faut jamais, lui disoit-elle, dire que la vérité, mais il ne faut cependant pas toujours la dire, car il y a bien des occasions où il vaut mieux se taire que de dire des vérités qui pourroient ou déplaire ou choquer. »
1. Pierre du Cambout de Coislin, né en 1635, cardinal en 1697, mort à Versailles le 5 février 1706.
2. Le Mercure de France, dans son numéro de décembre 1697, ne consacre pas moins de cinquante pages au récit de la cérémonie du mariage et des fêtes qui suivirent.
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Elle ne négligeoit rien pour cultiver l'esprit de cette jeune princesse, et avoit soin à écarter de son éducation tout le frivole et toutes les inutilités que le caractère léger et peu solide du François saisit avec tant d'avidité. Elle lui faisoit faire des remarques sur tout sur ce qui se passoit dans les cours étrangères, comme sur ce qui se passoit sous ses yeux, sur la conduite des courtisans, sur leur maintien, sur leur façon de parler. Elle lui faisoit apprécier la valeur des propos qu'elle entendoit tenir, et l'amenoit ainsi, petit à petit, par les réflexions qu'elle lui faisoit faire, comme naturellement, à estimer ce qui étoit estimable, à mépriser ce qui étoit méprisable. Pour la maintenir dans ces sentiments, elle ne lui donnoit pour société que des personnes sensées et raisonnables avec qui elle trouvoit autant de plaisir qu'avec de jeunes étourdies, qui peut-être l'auroient plus amusée, miais i[ui ne l'auroient pas satisfaite davantage que cette compagnie où elle se divertissoit raisonnablement.
Madame de Maintenon avoit presque toujours, comme je l'ai déjà dit, cette jeune princesse dans son appartement. On y jouoit tous les jours; les femmes qu'elle y admettoit le plus souvent étoient : la duchesse de Guiche S la princesse d'Harcourt, la