‹ Souvenirs sur Madame de MaintenonChapitre 59 sur 71 · MADAME DE MAINTENON ET LA DUCHESSE DE BOURGOGNE · texte numérisé non relu

MADAME DE MAINTENON ET LA DUCHESSE DE BOURGOGNE

Nous croyons devoir supprimer ici une relation assez brève de V affaire du Quiétisme et des rapports de madame de Maintenon avec madame Guyon, aiîisi qitun assez long résumé des événements historiques et des opératio7is militaires qui prirent place pendant la guerre de la Ligue d'Augsbourg ^ c est-à-dire entre 1686 et 1697 ^ date du traité de Ryswiçk. Cette partie du manuscrit, qui lia rien de personnel, présente peu d'intérêt, et on ny rencontre point de détails qui ne se trouvent également ailleurs. Il nen est pas de même du fragment qui suit, et qui a trait aux relations de rnadame de Maintenon avec la duchesse de Bourgogne . Nous suppr'imerons seulement quelques passages où sont résumés, en jJeu de mots et sans commentaires, les principaux événements historiques.

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En exécution du traité * du Roi de France avec le duc de Savoie-, la jeune princesse de Piémont, fille de ce duc, partit de Turin le 7 octobre (1696) et arriva le 16 à l'entrée de la France. En quittant l'escorte Piémontoise, elle fut reçue par le comte de Brionne ^ à la tôle de la maison du Roi; il la complimenta et lui présenta toutes les personnes de la Cour qui avoient été nommées pour aller au devant d'elle \

L'arrivée de cette princesse, qu'on rcgardoit comme le gage certain de la paix, causa la plus grande joie à toute la France. Le Roi alla au devant d'elle jusqu'à Montargis; il lui donna, en l'abordant, toutes les marques possibles d'amitié et de tendresse; elle voulut se jeter à ses genoux, mais il l'en empêcha, et dès que les premiers compliments furent finis, il la mena dans une église oij il l'offrit à Dieu, en le priant de la garantir de la corruption de la Cour. Le soir

1. Le Irailé dont parle ici mademoiselle d'Aumale est celui de Turin qui, après de longues négociations, intervint le 29 juin 169G, entre Victor-Amédée et Louis XIV, au nom duquel signa le maréchal de Tessé. Voir la Duchesse de Bour<jOf/ne et l'alliance savoyarde, t. 1, p. 75.

2. Victor-Amédée II, né le 14 mai 1666, duc de Savoie depuis 1615, plus tard roi de Sicile, en 1713, et enfin roi de Sardaigne de 1718 à 1730, mort à Moncalieri le 31 octobre 1732.

3. Henri de Lorraine, comte de Brionne. fils du comte d'Armagnac, né le 15 novembre 1661, mort le 3 avril 1712. Sa mère avait eu en 1663 la mission de conduire à Turin Jeanne-Baptiste de Nemours qui allait épouser le duc de Savoie, père de Victor- Amédée.

4. Le détail de cette réception se trouve dans le Mercure de France, numéro d'octobre 1696.

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même de cette entrevue, il étoit si content de la jeune princesse, qu'il en écrivit une longue lettre à madame de Maintenons qui étoit restée à Fontainebleau, dans laquelle il ne faisoit que chanter ses louanges. Dans tous les endroits où passoit celte jeune princesse, on n'entendit que des cris de joie; elle recevoit à merveille tous les compliments qu'on lui faisoit; en un mot elle se tira de tout, sans aucun embarras, et elle ne parut embarrassée que le lendemain de son arrivée à Fontainebleau, lorsque le Roi lui présenta le duc de Bourgogne. Sa Majesté lui donna les fêtes les plus jolies et les plus galantes; tout paroissoit l'enchanter, et elle enchantoit tout le monde. Comme elle n'avoit encore alors que onze ans, le mariage fut remis à l'année d'après...

L'arrivée de la princesse de Piémont, comme je l'ai déjà dit, satisfaisoit tous les cœurs. Le Roi l'avoit fait nommer : Madame la duchesse de Bourgogne, dès qu'elle fut entrée en France". Celte princesse charmoit tout le monde. Le Roi lui-même, dès qu'il l'eut vue

1. Celte lettre a été publiée pour la première fois par la Société des bibliophiles dans le petit volume intitulé : Lettres de Louis XIV et du duc de Bourgogne à 7nadame de Maintenon (Paris, Didot, 1822), et reproduite dans la Correspondance générale, t. IV, p. 130.

2. Louis XIV avait en efTet donné à la princesse de Savoie, dès son entrée en France, le rang de duchesse de Bourgogne, ce qui lui assurait la préséance sur toutes les princesses de la Cour.

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quelques jours, se récria beaucoup sur son air et sa grâce, et admira beaucoup son esprit, sa politesse, sa retenue, sa modestie. Madame la duchesse de Savoie, sa mère, qu'on nommoit Son Altesse Royale, avoit mis tous ses soins pour leducation de sa fille et avoit réussi.

Comme madame de Maintenon étoit considérée des princes, les puissants de l'Europe, dont la plupart ne faisoient point difficulté de la traiter d'amie et de protectrice, lorsqu'il fut question de faire venir en France la princesse de Piémont, la duchesse de Savoie, instruite de la considération que le Roi avoit pour madame de Maintenon, et jugeant par là du crédit qu'elle devoit avoir, lui écrivit pour la prier de vouloir bien prendre sa fille sous sa protection, et lui donner les instructions, et les avis nécessaires pour plaire au Roi. Elle lui ajoutoit qu'elle lui auroit toute l'obligation imaginable si elle vouloit bien lui faire l'amitié de la faire bien instruire de sa religion, et lui faire donner, en tout, une éducation convenable. Madame de Maintenon fut sensible, comme elle le devoit, aux marques de confiance que lui donnoit madame la duchesse de Savoie; elle céda d'autant plus volontiers aux prières qu'elle lui en faisoit, qu'avant qu'elle lui en eût parlé, elle avoit déjà projeté de faire tous ses efforts pour former cette jeune

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princesse à la vertu et au grand personnage qu'elle devoit naturellement faire un jour. De plus, elle savoit que le Hoi désiroit fort aussi qu'elle s'en chargeât. Quoi qu'il en soit, plus elle réfléchissoit sur cette entreprise, plus elle la trouvoit embarrassante; elle voyoit, d'ailleurs, que, pour venir à bout de cette éducation, elle seroit obligée de se rendre au monde, auquel elle avoit renoncé pour beaucoup de choses. Elle fit part de tout son embarras à ce sujet à l'évèque de Chartres, qui lui conseilla fort de mettre de côté toutes les idées qui pourroient la détourner de ce qu'on désiroit d'elle, qu'il falloit qu'elle s'en chargeât, et que ce qu'elle feroit pour cette princesse seroit un service qu'elle rendroit à la France.

Madame de Maintenon se rendit aux avis de monsieur de Chartres et aux instances de madame la duchesse de Savoie. L'extrême jeunesse de la princesse et l'esprit qu'on découvroit en elle lui donnoient de grandes et belles espérances. Elle mit tous ses soins à lui cultiver l'esprit, à lui former le cœur, et à la rendre vraiment digne de la place qu'elle devoit occuper un jour. Dès que la duchesse de Bourgogne fut en France, elle entendit mademoiselle d'Aubigné appeler madame de Maintenon : Ma tante. Alors, soit parce qu'elle trouva ce nom-là joli, soit par jalousie d'enfant, soit exprès pour donner une marque

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d'amitié à madame de Maintenon, elle s'écria : « C'est aussi ma tante, » et, effectivement, elle l'appela sa tante à l'instant, et Ta toujours appelée de même'. La première fois qu'elle vit madame de Maintenon, elle lui sauta au col et l'embrassa, en lui faisant toutes les amitiés et les caresses possibles. Quelques jours après, s'étant aperçue qu'elle avoit de la peine à se tenir debout, elle la fit asseoir, et se mettant, d'un air presque flatteur, sur ses genoux, elle lui dit avec vivacité : « Ma tante, maman m'a chargée de vous faire mille amitiés de sa part, et de vous demander la vôtre pour moi; apprenez-moi bien, je vous prie, tout ce qu'il faut faire pour plaire au Roi. » Ces jolies manières, ces airs de confiance et de tendresse mille fois répétés gagnèrent aisément le cœur de madame de Maintenon qui s'appliqua bientôt à l'éducation de cette charmante princesse, plus par inclination que par autre motif.

Des qu'elle eut une fois pris tout de bon la résolution de s'en charger, elle eut toujours cette jeune

1. La comtesse délia Rocca, qui a édile, d'après les originaux qui sont aux Archives de Turin, la correspondance de la duchesse de Bourgogne avec sa mère et sa grand'mère, donne une autre explication. « Ce mot si simple, Magna en piémontais, si heureusement employé, auquel elle dut en partie peutêtre sa grande faveur, Marie-Adélaïde l'avait importé de son pays, où il était alors, comme il est aujourd'hui, très en vogue dans les familles pour désigner les femmes auxquelles l'âge, la. position, un degré de parenté ou d'amitié donnent une certaino supériorité. »

princesse sous les yeux. Elle la gardoit dans son appartement tout le plus souvent qu'elle pouvoit, et son dessein en cela étoit que le Roi, l'y trouvant toujours quand il y venoit, s'accoutumât petit à petit à la A^oir, et qu'il s'en amusât pour que, quand elle mourroit, cette jeune princesse pût prendre sa place dans l'esprit du Roi et contribuer à sa récréation.

Madame de Maintenon donna à la duchesse de Bourgogne des avis sur Dieu, sur le duc de Bourgogne et sur le monde, qui sont parfaitement bons et bien dits; elle les fît transcrire et relier très proprement dans un petit livre qu'elle donna à cette princesse qui le garda jusqu'à sa mort, car, lorsqu'elle mourut, on le retrouva dans sa cassette. Madame de Maintenon le prit et me le donna; le Roi voulut s'y opposer, disant que les enfants dévoient en hériter comme du reste \

Saint-Cyr étoit pour lors la plus excellente école des vertus morales et divines; les instructions qu'on y recevoit étoient dignes de toutes louanges et à l'abri de tout blâme. Cette maison n'a nullement dégénéré de cet heureux temps : l'éducation qu'on y

1. Ces avis ont été publiés dans les Conseils aux demoiselles, t. I, p. 163, et dans Madame de Maintenon et sa famille, p. 293. D'après M. Honoré Bonhomme, l'auteur de celte publication, ce petit livre serait de l'écriture de mademoiselle d'Aumale.

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donnoit alors, n'a fait que s'y perfectionner et s'y perfectionne encore tous les jours, grâce à l'esprit, aux talents et à la piété de toutes les dames qui la composent encore aujourd'hui.

Madame de Maintenon fit donc projet de donner à la duchesse de Bourgogne du goût pour la maison de Saint-Cyr, prévoyant avec raison que, si cette maison pouvoit lui plaire, elle y trouveroit de quoi s'instruire en s'amusant. Comme le but de madame de Maintenon étoit de graver d'abord dans le cœur de cette princesse des sentiments de religion qui pussent la mettre à l'abri des dangers auxquels elle se verroit sans cesse exposée, elle crut qu'elle ne pourroit mieux faire, pour y parvenir, que de la mettre à portée d'avoir souvent devant les yeux des exemples d'une piété solide, simple, droite et toute faite pour en inspirer le goût; elle ne pouvoit trouver autre part mieux qu'à Saint-Cyr.

Toutes ces sages réflexions la déterminèrent à faire Yoir Saint-Cyr, plus tôt que plus tard, à cette jeune princesse; mais, pour se conformer à sa grande jeunesse et à l'amour du plaisir inséparable de cet âge, il s'agissoit, surtout pour la première fois, de lui rendre l'entrée dans cette maison la plus agréable qu'il seroit possible. C'est pourquoi, quelques jours avant de l'y mener, elle fit dire aux dames de Saint-

Louis de se tenir prêtes à la recevoir, et de lui faire une réception qui pût lui plaire et l'amuser. Tout s'arrange pour cela ; ces dames préparent leurs petits compliments; on fait répéter aux demoiselles plusieurs conversations fort jolies et fort instructives; on prépare un peu de musique, de la danse. Enfin le jour marqué arrive; madame de Maintenon amène la duchesse de Bourgogne à Saint-Cyr ' ; la communauté la reçut à la porte en habits de cérémonie; la supérieure la complimenta; les demoiselles avoient été rangées en haie et bordoient tout son passage jusqu'à l'église, où l'on chanta le Te Deum ; après quoi, on mena la Princesse dans toutes les classes, et, soit danses, concerts ou conversations ingénieuses, dans chacune on lui donna quelque spectacle amusant; après quoi on la fit promener par toute la maison ; elle fut enchantée de tout ce qu'elle y vit; cette journée lui plut si fort que, dès ce moment, elle dit qu'elle vouloit y revenir bientôt; c'étoit précisément ce que demandoit madame de Maintenon.

Peu de jours après, elle demanda à retourner à Saint-Cyr. Madame de Maintenon l'y mena avec grand

1. Ce fut le 25 novembre 1696 que madame de Maintenon amena la duchesse de Bourgogne pour la première fois à Saint-Cyr. La supérieure qui fut chargée de la recevoir se nommait madame du Pérou; il a été question d'elle dans le tome 1".

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plaisir; elle s'y plut cette seconde fois pour le moins autant que la première, et, dans la suite, elle y alla trois ou quatre fois la semaine, et y étoit depuis neuf heures du matin jusqu'au soir. J'ai ouï dire que, pour se divertir, elle s'y habilloit en dame de Saint- Louis et plus souvent en demoiselle; elle alloit à tous les différents offices de la maison, à l'économie, au dépôt, au noviciat, aux classes; elle écoutoit et remarquoit tout ce qui s'y faisoit et s'y disoit. Quand elle étoit aux classes, elle faisoit quelquefois le catéchisme à la place de la maîtresse; comme elle avoit beaucoup d'esprit et de vivacité, elle faisoit des questions à propos, et répondoit à toutes celles que lui faisoient les demoiselles avec toute la précision et la justesse possibles. Quand par hasard une question l'embarrassoit un peu, elle savoit spirituellement faire une réponse qui, sans éclaircir absolument la chose, mettoit cependant la demoiselle qui avoit fait la question dans le cas, sans la satisfaire tout à fait, de n'en plus faire de cette espèce; elle louoit les bonnes actions, et blâmoit les mauvaises. Une demoiselle ayant un jour jeté dans le feu un petit oiseau tout en vie, elle lui dit qu'apparemment elle avoit un bien mauvais cœur, puisqu'elle étoit capable d'une telle cruauté, et lui fit à ce sujet une très forte réprimande. Chaque fois qu'elle alloit à Saint-Cyr, comme

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madame de Maintenon voiiloit qu'outre les instructions qu'elle y entendoil et dont elle profiloit, elle s'accoutumât de bonne heure à celte libéralité si nécessaire chez les princes, et si rares dans plusieurs, elle lui faisoit toujours prendre, avant de partir pour y aller, une provision de toutes sortes de petits présents à la portée des demoiselles, et lorsqu'elle éloit arrivée, elle lui faisoit distribuer tous ces présents à celles d'entre elles qui étoient les plus sages et dont on étoit le pins content. Madame de Maintenon employoit tous les moyens qu'elle pouvoit imaginer pour montrer à cette princesse combien il étoit essentiel pour elle et pour toutes les personnes de son rang de répandre à propos des bienfaits, et de savoir de soi-même donner les récompenses dues aux mérites '.

Madame la duchesse de Bourgogne croissoit tous les jours en grâces et en vertus. Sans être régulièrement belle, elle avoit une ligure extrêmement agréable, le plus beau teint du monde, une très belle taille, un air noble et majestueux ^ On décou-

1. Les visites de la duchesse de Bourgogne et les anecdotes auxquelles il est fait ici allusion sont rapportées avec plus de détails dans les Mémoires des Dames de Saint-Ci/r dont mademoiselle d'Aumale a dû avoir communication.

2. <■ Régulièrement laide, les joues pendantes, le front trop avancé, un nez qui ne disoit rien, de grosses lèvres mordantes, des cheveux et des sourcils châtain brun fort bien plantés,

vroit en elle, de jour en jour, quelque nouvelle qualité qui la rendoil de plus en plus aimable. Elle avoit le cœur bon, l'esprit juste; tout ce que lui disoit madame de Maintenon n'étoit jamais perdu; elle retenoit tout, et le meltoit si bien à profit qu'en p€u de temps elle sut gagner le cœur du Roi qui l'aima avec toute la tendresse imaginable, et sut plaire à toutes les personnes qui avoient l'honneur d'approcher d'elle.

Cependant le temps fixé par le Roi pour le mariage du duc de Bourgogne approchoit. Il s'agissoit de composer sa maison : toute la Cour y briguoit des places. Madame du Lude fut choisie pour dame d'honneur, et la comtesse de Mailly pour dame d'atour. Le comte de Tessé fut nommé premier écuyer', le marquis de Dangeau chevalier d'honneur ^

des yeux les plus parlants et les plus beaux du monde, peu de dents et toutes pourries, dont elle parloit et se moquoit la première, le plus beau teint et la plus belle peau, peu de gorge mais admirable, le cou long avec un soupcjon de goitre qui ne lui seyoit point mal, un port de tète galant, gracieux, majestueux, et le regard de même, le sourire le plus expressif, une taille longue, ronde, menue, aisée, parfaitement coupée; une marche de déesse sur les nuées. » {Saint-Simon, Édit. Ghéruel,de 1857, t. X, p. 83.)

1. René de Froullay, comte de Tessé, né dans le Maine vers 1630, maréchal de France en 1703, mourut, dans sa retraite des Camaldules, le 30 mai 172o.

2. Philippe de Courcillon, marquis de Dangeau. né le 21 septembre 1G38, conseiller d'État d'épée, membre de l'Académie française, mort le 9 septembre 1720.

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le marquis de Villacerf premier maître d'hôtel ', la Vieufville secrétaire des commandements '. Bourdelot fut premier médecin^, et monsieur de Meaux premier aumônier^. Le père le Comte ^ fut nommé confesseur, quoiqu'il déplût assez à la Princesse; mais le Roi lui dit qu'elle pourroit en changer tant qu'elle voudroit, pourvu qu'elle ne le fît point sans le conseil de quelque personne sage, et qu'elle en choisît un qui eût une façon de penser orthodoxe. Il fut question de lui donner des lîlles d'honneur, mais madame de Maintenon, qui en connoissoit l'abus, fit ce qu'elle put pour détourner ce projet. Le Roi se rendit à son avis, et, au lieu de filles d'honneur, on lui donna des dames du palais.

Toute la maison étant composée, le mariage se fit à Versailles le 1" décembre (1697). Ce fut le cardinal

1. Edouard Colbert. marquis de Villacerf, se démit, pour devenir maître d'hôtel de la duchesse de Bourgogne, de la charge de surintendant et ordonnateur des bâtiments qu'il avait depuis le 28 juillet 1691. Il mourut le 18 octobre 1699, à l'âge de soixante et onze ans.

2. René-François, marquis de la Vieufville, né le 18 février 1652, mort à Paris le 9 juin 1717.

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