VIII AVERTISSEMENT
mença la liaison de M. Dumont avec le célèbre Bentham , liaison qui influa d'une manière si complète sur ses opinions et ses travaux, et qui détermina , pour ainsi dire , sa carrière.
Pénétré d'une vive admiration pour le génie de cet homme extraordinaire , profondément convaincu de la vérité de sa théorie et frappé des conséquences pratiques qui en découlaient si naturellement , il appliqua tous ses talens à fixire connaître les écrits du publiciste anglais, et consacra la plus grande partie de sa vie à exploiter cette mine inépuisable que le génie toujours actif de M. Bentham accroissait incessamment, (i).
En 1789 , M. Dumont interrompit ses travaux pour se rendre à Paris avec M. Duroverai , ancien procureur général de la république de Genève. Le
(l) Les ouvrages qui furent le résultat de ces travaux sont : 1" Les Traités de législation publiés en 1822 (3 vol. in-S"), parvenus à leur troisième édition; 2" Théorie des peines et des réco?npenses (2 vol. in-8"), également arrivée à la troisième édition; 3° La Tactique des assemblées législatives, deux éditions (1815 et 1822); 4° Les Preuves ju~ diciaires , publiées en 1823 : la seconde édition date de 1830; 5° enfin Y Organisation judiciaire et la Codification (1 vol. in-8''), publiées en 1828. Tous ces ouvrages, ainsi que ceux publiés sans la participation de M. Dumont, ont été publiés , avec l'assentiment et l'approbation de M. Bentham, par MM. Louis Hauman et C'', à Bruxelles. Cettfc édition, en 3 vol. in-S", est imprimée avec autant de soitt que de correction.
AVERTISSEMENT. ix
but de leur voyage était de profiter du retour de M. Necker au ministère et des circonstances où se trouvait alors la France , pour rendre à Genève une entière liberté , en détruisant le traité de garantie entre la France et la Suisse, qui ne permettait de changer les lois de la république qu'avec l'approbation des puissances garantes : c'est par suite des démarches auxquelles cette mission donna lieu , que M. Dumont se mit en rapport avec la plupart des hommes marquans de l'assemblée constituante , et qu'il devint spectateur intéressé , quelquefois participant , delà révolution française. La grandeur des évènemens qui se préparaient , et l'immense intérêt que présentait cette époque , déterminèrent M. Dumont à suivre de près la marche des affaires. Comme tous les esprits généreux et élevés de l'Europe , il faisait des vœux pour la réalisation des grandes espérances qu'avaient fait naître les premiers actes de l'assemblée nationale , et il désira assister à ces évènemens précurseurs d'une nouvel le ère Sa liaison antérieure avec Mirabeau , qui se renoua aussitôt qu'ils se revirent , contribua également à prolonger un séjour pendant lequel il coopéra à un grand nombre des travaux de cet homme célèbre (i) ; mais plus tard ,
(l) Pour la justiBcation de ce que je dis ici et de ce que