LE COMTE DE BERGHTOLD
tenait comme à sa création. Il fut tout étonné de ce que je connaissais si bien les choses d'Albanie et les Albanais. Je dois reconnaître que là-dessus il était très documenté. Il me parut cependant d'un illusionnisme outré. Il me dit, par exemple, que, en ce moment-là, la sécurité en Albanie était plus grande que dans n'importe quel pays de l'Europe.
Cette nouvelle conversation ne me fit pas changer d'avis sur le comte Berchtold.
En'toute conscience, je suis persuadé que c'est Tisza, et non pas lui, qui a dirigé la politique autrichienne, depuis la mort de François-Ferdinand. Il a été le jouet de l'homme vraiment fort. Loin de l'excuser, cela le rend doublement coupable. Personne n'a le droit d'accepter les situations qui ne sont pas à sa taille.
Aussi suis-je certain qu'on n'entendra jamais plus parler du comte Berchtold dans la politique européenne. C'est un épisode clos.