‹ SouvenirsChapitre 7 sur 51 · LE PRINCE LICHNOWSKY I · texte numérisé non relu

LE PRINCE LICHNOWSKY I

têtes pour que vous priviez votre pays de la vôtre. J'espère que vous reviendrez bientôt, mais je comprends votre départ. »

Je le vis pour la dernière fois dans l'après-midi du mardi 28 juillet. Il était pâle, il était défait. Il me déclara que la paix du monde ne tenait plus qu'à un fil. J'ai rarement vu un homme plus accablé.

Et j'eus la conviction profonde que cet homme avait été sincère, qu'il avait sérieusement travaillé pour la paix, qu'il avait servi son pays de toutes ses forces, et que, dans les calamités qui ont été déchaînées par le bourreau sombre de Budapest et les criminels de Berlin, lui n'a eu aucune culpabilité.

Que le prînche Lichnowsky, auquel je suis reconnaissant pour son amitié confiante, me pardonne d'apporter à l'histoire un témoignage aussi détaillé. Le jour viendra où le peuple allemand, dégrisé, se rendra compte que ses vrais serviteurs ont été ceux qui ont fait tout leur possible pour lui éviter la haine universelle qu'il a déchaînée contre lui par cette guerre, dépourvue de tout motif avouable.

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