‹ Souvent homme varie: come?die en deux actes et en versChapitre 7 sur 32 · EP^O · texte numérisé non relu

EP^O

£^ aimez-vous un autre ?

F10EUNS.

Non.

ITEPPO.

Ah I si vous voultet y mettre un peu du vÔtre> Si vous vouliez m'aideF rien qu^un peu seulement, ' J'éveillerais en ik>U9 le divin sentiment; Mais vous semblez hafr i 'amour. Fideline, Quand les beaux soirs de juin parfument la eoltlne Et qu'on voit sur le lae les étoiles trembler, lïe sentez-vous done pas votre eœur se troubler? Le vent parle d^mour en un ravissant style.

C'est doBo bien amusaBt> dites, d'être inutile^ D'être la coupe où nul ne boira, le repas Sans convlv<e> la fleur qu'on ne respire pas? CTest dene bien beau d'avoir vingt ans, le charme rare, L'esprtl> totti le bi^Bbeur d'un hommei et d'être avare?

C'est donc bien grand et bien charmant/ en vérité, L'égoïsrae du cœur?

FIDELINE.

Dites la liberté î Vous ne comprenez pas comme ce grand mot vibre Dans le cœur d'une femme. Un homme est toujours libre, Fait tout ce qui lui plaît, va, vient, tout jeune sort Seul le soir, rentre au jour, fait lui-môme son sort* Mais nous, il faut toujours obéir. Jeunes filles. On étend sur nos fronts les ailes des familles; On nous garde; on nous tient; on ne nous laisse pas Aller seules; le père a l'œil sur tous nos pas: Où vas-tu? d'où viens-tu? lu vas te compromettre I Le mariage arrive, et nous changeons de maître. Et le père n'est rien à côté du mari !

Un homme, qui peut être assommant, morne, aigri, Méchant, peut tout, choisit la maison et la ville. Nous fait une existence ennuyée et servile.

Surveille tout, les pas, le geste, le regard;^ Et, si sa femme, ainsi froissée, aime autre part Que sous ce toit maudit, met l'infâme traîtresse En prison — et s'en va souper chez sa maîtresse. Le malade sait seul ce que vaut la santé.

Et la ft^.mme comprend seule la liberté.

Il n'existe qu'un cas, dans ce long esclavage, Où nous nous possédions comme vous: le veuvage. Alors, nous n'avons plus sur ce que nous faisons. Sur ce que nous disons, sur ce que nous pensons. L'œil d'un homme. Eh bien, oui, Beppo, ma joie est grande De n'avoir plus toujours quelqu'un qui me demande

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