‹ Souvent homme varie: come?die en deux actes et en versChapitre 8 sur 32 · ACTE · texte numérisé non relu

ACTE

D'où je viens quand je rentre, où je vais, avec qui, Ce qu'on m'a dit, pourquoi celte robe aujourd'hui Plutôt que celle-là, quel passant tout à l'heure Me saluait, pourquoi je ris, pourquoi je pleure. Vous, tenez, vous seriez un maître fort gênant. Oh 1 vous jurerez tout ce qu'on veut maintenant ; Mais on ne me peut pas dire un mot à l'oreille. Que votre inquiétude aussitôt ne s'éveille; Vous voilà, tout à coup sombre jusqu'à demain Pour un indifférent qui me baise la main ; Dès qu'un plaisir me vient, voire joie est enfuie; Vous ne vous amusez que lorsque je m'ennuie.

Si vous êtes ainsi déjà, que seriez-vous Le jour uù vous auriez le droit d'être jaloux? Un souper vous consterne, un bal vous rend malade. Pour vous plaire, il faudrait que je fusse maussade. Mal habillée, affreuse. Eh bien, merci ! Je veux Choisir ma robe et mettre un nœud dans mes cheveux Sans qu'un monsieur grognon déclare illégitime Ma collerette, et sans qu'un ruban soit un crime I Je veux m'appartenir ! Oh ! non, j'en fais serment. Je ne te serai pas infidèle aisément, Mon cher veuvage I ô doux ami, par qui nous sommes, Nous sujettes sans toi, les égales des hommes !

BEPPO

Vous êtes par l'amour les égales des dieux!

C'est Platon qui l'a dit en termes radieux, Qu'autrefois on avait double corps et double âme. Et qu'on était d'abord tout ensemble homme et femme; Mais qu'alors nous étions si puissants, que les dieux,

n SOUVENT HOMME VARIE

Craignanl notre gra)i4dur> nws eoupèront «n dmii. De là^ l'amour; la femme el rbomme qui réprouvent» Ce sont les deux moitiés d'un çcaur Qui se retrouvant ! De là, tous les ennuis» toua les maux» tout le fiel Dont l'amour est rempli par les jaloux du ciel t Aimez 1 car c'est l'amour qui nous fait vraiment naître» Car ou n'est soi qu'à deux» car Tamour c'eat tout Tétre» Car nous ne sommes pa» grand'ehose i^témenl Et nous faisons envie aux dieux m noua aimant.

PIPELINE.

Non 1 ne me tentes pas» je ne veux plus de mal tre* Je ne voua aime paa» maiavoua êtes peut-^tre», De tous ceux que je vois chés moi solliciter^ Celui que je serai» te plus près d'écouter^ Taiset«vottst

aKi'PO.

Oh ! laissez» laissez-vous dtre tendre î Pour vous plaire^ voyons^ que faut-il faire?

FIDELmE*

Attendre*

Vous me dîteë celft depuis quatre longs mois» Et je ne suis pas plus avancé qu'autrefois.

Plus d'attente t II me faut enfin une réponse l

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