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bois de Spa dans presque tous les magasins. Celui qui a pour enseigne à la Reine Victoria mérite une recommandation particulière.
SPA. — SITUATION. — ASPECT GÉNÉRAL. — CLIMAT. — POPULATION. LA VIE DES EAUX.
Spa, Ville, commune et chef-lieu du canton de ce nom, est située à 247 mèt. (la plaine inférieure) et 272 mèt. (le vallon de Spa) au-dessus du niveau de la mer, sur quatre ruisseaux, — le Weay, la Picherotte, le vieux Spa, et l’eau Rouge, — au pied d’une colline schisteuse et boisée qui s’appelle \e Spaloxtmont, dans une vallée qu’entoure, d’un cercle de forêts et de bruyères, la chaîne élevée des Hautes-Fanges. Sa population fixe s’élève à 5000 h., mais elle est presque souvent doublée pendant la saison des eaux. Elle a un aspect propre, simple, riant, et, à d» certaines heures, animé, qui plaît à la première vue. Ses jolies petites maisons lavées, peintes, vernies, coquettement tenues, plus anglaises que françaises, donnent envie de les habiter. Du reste, elle s’agrandit et s’embellit tous les ans. Sans doute, on y chercherait en vain les prairies, les torrents, les forêts, les vallées, les châteaux, les panoramas, les palais de Bade : la nature y est bien moins riche, bien moins puissante, bien plus humble ; mais, quand on y prolonge son séjour, on finit par lui découvrir des beautés qui lui sont propres, et qui ne manquent pas de caractère; on y trouve, en outre, des poneis que ne peut offrir à ses visiteurs aucun autre pays ; enfin ses eaux- ont des propriétés sérieuses et si efficaces, que dans son Traité des eaux thermales, publié à Venise, Baccio voulait donner toute la Belgique pour ce petit royaume, consacré à la déesse Hygie. « Vous arrivez à demi-mort.... et soudain voua vous sentez renaître ; c’est un miracle de tous les jours. O! la pierre, quelle maladie cruelle! Vous portez votre fléau avec vous, et à chaque instant vous le sentez grandir! La goutte aussi, quand scs feux ardents vous
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minent et vous torturent; la fièvre tierce, cet hôte incommode; la névralgie, cette flagellation sans fin ; le rhumatisme, qui vous courbe sur votre fosse entr’ouverte.... Allez à Spa, allez-y, et vous êtes sauvés, pauvres êtres souffrants, pour qui tant de remèdes ont été impuissants. » La vie à Spa est d'ailleurs agréable, facile et douce. Le climat , quoique exposé à des variations subites, se fait remarquer par une merveilleuse salubrité. Dangereux seulement pour les poitrinaires, son air vif suf- % lirait, même sans le secours des eaux, à rendre leur santé à tous ceux qui viennent le respirer. A aucune époque, le choléra, qui a décimé les populations de Liège, de Verviers , de Pépinster, de Malmédy, d’Aix-la-Chapelle, et même de Theux, n’est entré à Spa ; et une fièvre typhoïde y passe pour un phénomène.
* Quel plus joli petit coin de terre que Spa, et plus retiré des bruits de ce monde? écrivait il y a quelques années M. Jules Janin, l’un des visiteurs les plus fidèles, les plus enthousiastes de Spa; quel plus frais ensemble de montagnes , de collines, de plaines, de vallées, de ruines, de maisons riantes, de jardins, de forêts, que les environs de ce grand village, bâti avec tant d’art et de goût pour les grands seigneurs, pour les belles dames, pour les poètes, pour les artistes; village de fête, de santé, de plaisir, d’oubli surtout, car ils s’y rendent pour oublier, le laborieux ses travaux, l’homme oisif son oisiveté pesante. Une fois arrivé dans ces montagnes, trêve générale à la pensée, à l’ambition, à la passion, à tout ce qui tue, à tout ce qui brise ; nous sommes ici pour vivre, c’est-à-dire pour rêver fout à l’aise à ce qui n’est plus la vie d’hier, à ce qui n’est pas encore la vie de demain. Oisiveté, voilà le grand mot! le repos, voilà le grand œuvre de ces campagnes ! et vous ne sauriez croire en effet, par quelle attraction irrésistible, une fois que vous avez foulé ces berbes d’oubli, vous tombez dans la divine paresse. Soudain, toute pensée de bruit ou de gloire s’arrête pour faire place à quelque facile sommeil ;