IV.— ’SPA.— HISTOIRE
prendre ce voyage. Le roi Henri III, s’étant réuni à la Ligue, se disposait à combattre le roi de Navarre. Ses amis et ses amies lui représentèrent, comme elle Ta raconté elle-même dans ses Mémoires^, « qu’il lui serait mal-séant de demeurer en une cour si ennemie du roy son mari, et dont on luy feroit si ouvertement la guerre, et ils lui conseillèrent, pendant que cette guerre durerait, de se tenir hors de la cour, mesmes qu'il luiseroit plus honorable de trouver, s’il estoit possible, quelque prétexte pour sortir du royaume, ou sous couleur de pèlerinage, ou pour visiter quelqu’un de ses parents. » Parmi ses conseillers se trouvaient le duc d’Alençon, madame la princesse de la Roche-sur-Yon, « qui étoit sur son parlement pour aller aux eaux de Spa, » et un ancien agent du roy en Flandre, nommé Mondoucet. Ce Mondoucet avait vainement essayé de persuader au roy qu’il lui serait facile de délivrer la Flandre du joug espagnol ; Henri III « n’ayant en tête que les Huguenots, » refusa de l’écouter. Mais le duc d’Alençon, le frère du roi et de Marguerite de Valois, a ayant un vray naturel de prince et n’aymant qu’à entreprendre choses grandes et hazardeuses, embrassa soudain cette entreprise *,.de racquérir à la France ce qui lui estait usurpé par l’Espagnol. » En conséquence il renvoya Mondoucet en Flandre , sous le prétexte d’accompagner madame la princesse de la Roche-sur-Yon aux eaux de Spa. « Mondoucet, continue Marguerite de Valois, voyant que chacun cherchoit quelque prétexte apparent pour me pouvoir tirer hors de France durant cette guerre (qui disoit en Savoye, qui disoit en Lorraine, qui à Saint-Claude, qui à Notre-Dame-de-Lorette ), dit tout bas à mon frère : « Monsieur, si la reyne de Navarre pouvait feindre d’avoir
t Lei Mémoires de Marguerite de Valois ont été publiée dans le t. xxitii de la Collection complète des Mémoires relatifs à Vhistoire de France par M. Petitot — Ils avaient déjà été imprimés, en 1628, par Augerde Uauléun, et en 1713, par Jean Godefroy,
> La France avait renoncé aux souverainetés d’Artois et de Flandre par les traités de Madrid et de Cambrai,