I.— DE PARIS A SPA.— NAMUR
ou Neumnr. Quoi qu’il en soit son origine et de l'élymologie de son nom, elle existait au vu* siècle. On l’appelait alors Naviuicum ou Namucum Castrum. Après avoir fait partie de la Lotharingie, elle appartint à des comtes héréditaires, qui se divisent en trois races: celle de Béranger-, celle de la maison de Hainaut et celle des comtes de Flandre. Le dernier comte de la troisième race, Jean III, vendit, en 1420, ses droits à Philippe le Bon, duc de Bourgogne, et le mariage de Marie de Bourgogne avec l’archiduc Maximilien fit passer le comté de Namur, avec les autres provinces belges, sous la domination de la maison d’Autriche. Il y resta jusqu'en 1092. Le 5 juin de cette année, Namur, assiégée par Louis XIV en personne, capitulait après six jours de tranchée ouverte. Le chdteau ne se rendit que le l" juillet, et la garnison qui l’avait défendu obtint les honneurs de la guerre. Ce fut à l’occasion de ce siège que Boileau eut l’imprudence « de faire, dit-il, une ode à la manière de Pindare, c'est-à-dire pleine de mouvements et de transports, où l’esprit parut plutôt entraîné par le démon de la poésie que guidé par la raison. » Personne n’ignore les mauvais tours que le démon de la poésie se permit de jouer à Boileau dans ce dithyrambe malheureux. Racine assista à ce siège en sa qualité d’historiographe. Un jour, il écrivit à Boileau :
« Quoique je vous dise que j’ai été dans la tranchée, n’alloz * pas croire que j’aie été dans le péril ; les ennemis ne tiraient plus de ce côté-là, et nous étions tous, ou appuyés sur le parapet, ou debout sur le revers de la tranchée. » Les Français gardèrent Namur pendant trois années et la fortifièrent. En 1G95 (.3 juillet), Guillaume III d’Angleterre vint l’investir. Elle était défendue par le maréchal de Boofflera. Ce siège fut très-meurtrier. Un seul jour vit livrer trois assauts. Enfin, le 4 août, la ville ouvrit ses portes. Elle fut plus heureuse en 1704 ; car le comte de Nassau la bombarda sans pouvoir la réduire à cette extrémité. En 1713, la maison d’Autriche en obtint la cession. En 1740, les François la reprirent; mais In paix