‹ Spa et ses environs itineraire descriptif et historiqueChapitre 121 sur 151 · IV.— SPA.— HISTOIRE · texte numérisé non relu

IV.— SPA.— HISTOIRE

santé, toutes ces personnes préféraient ordinairement de louer des hôtels ou des maisons particulières, ce qui était fort facile. ... » Or, les maisons particulières qui servaient ordinairement aux plus grands trains, étaient l’hôtel de Lorraine, le Cornet et la Fontaine d’or.

L’auteur des Amusements étant arrivé àSpa assez fatigué de la route, comme la journée d’ailleurs touchait à sa fin, il résolut de se reposer, et, après avoir écrit quelques lettres, il se mit au lit. Il dormait d’un profond sommeil quand il est réveillé par le bruit qui se fait sous ses fenêtres. Il se lève, et, à son grand étonnement, car sa montre ne marque que cinq heures, il voit « quantité de personnes occupées à boire et à se promener , et dont 1e nombre augmentait à chaque instant. L’habillement des dames avait quelque chose de si galant, que je me crus, dit-il, dans un nouveau monde, où chacun, également occupé de l’idée du plaisir, paraissait conspirer à s’en procurer mutuellement. Aussi régnait -il partout une certaine uniformité dans la mise comme dans l’humeur: tous avaient des crosses ou des bâtons à la main , et portaient une espèce de médaille, les hommes à la boutonnière , les dames à leur ceinture ou à leur côté ; je m’imaginai que c’était quelque ordre de chevalerie badine, inventé pour marque de la conformité d’humeur, qui devait régner parmi les personnes que les eaux y rassemblaient. Mais j'appris que c'étaient des petits cadrans, la plupart tournés en ivoire, quelques-uns guillochés et de nacre de perles, avec des nombres, depuis un jusqu’à seize ou dix-sept et une aiguille, qu’on tourne sur les pointe, pour marquer le nombre des verres que l’on boit. On peut s’imaginer tous les petits contes badins qu’on se fait les uns aux autres dans cet exercice. »

Tous les Bohelins — les gens de Spa donnaient ce nom aux étrangers — portaient alors des cannes, parce que la rue, « l’unique promenoir des buveurs, était si mal pavée que la fatigue qu’elle causait faisait une partie de l’exercice si nécessaire aux eaux.» « Comme je m’étonnais, dit

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