IV.— SPA.— HISTOIRi
l’auteur, qu’il n’y eût point à Spa de galerie, comme Aix-la-Chapelle, et qu’on négligeât si fort l’ornement et les commodités d’un lieu qui ne subsiste que par le concours des étrangers, la dame anglaise avec laquelle je causais me prouva que c’était moins par négligence que par politique. Que deviendraient, me dit-elle avec son air badin , les jolies cannes de Spa et les gros souliers de Liège, qui font tout le commerce de ce petit bourg, si l’on trouvait ici des chemins unis et des promenades sablées? Que deviendraient même les cavaliers timides, si l’âpreté du pavé ne leur fournissait pas le prétexte d’aborder les dames pour leur offrir le bras ? Je pris cette réponse pour une malice qui me regardait, et j’allais entamer une conversation un peu plus galante, lorsqu’elle s’échappa pour aller avec ses compagnes dans un petit appartement destiné aux dames. Je compris que c’était pour y observer l’effet des eaux, car les dames et les Lommes ont le privilège de se quitter et de se rejoindre sans aucune excuse. »
Après avoir passé quelque temps à considérer toute cette manœuvre, le nouvel arrivé s’habille, descend dans la rue, suit la foule qui le conduit au Pouhon et il vide un verre d’eau qu’on lui présente. Ce ne fut pas, à ce qu’il paraît, sans quelques grimaces, car une dame, à laquelle un de ses amis venait.de le présenter, s’empressa de lui offrir des fleurs d’oranger sucrées pour lui faire passer le goût de l’eau. Il accepta et il vit alors que d’autres personnes prenaient des anis, des carnis sucrés ou des écorces d’oranges confites.... Pendant ce temps des buveurs s’échappaient dans de petits appartements , les hommes d’un côté, les dames de l’aqtre. Comme il observait tout, il comprit que c’était pour les opérations des eaux....
A peine un étranger était-il arrivé à Spa qu’il recevait la visite de deux pères Capucins qui venaient « au nom de leur couvent, lui faire compliment sur son arrivée , en l’assurant des vœux de la communauté pour le bon succès