‹ Spa et ses environs itineraire descriptif et historiqueChapitre 124 sur 151 · I V.— SPA .—HISTOIRE · texte numérisé non relu

I V.— SPA .—HISTOIRE

les dames puissent entrer : elles y vont aussi librement que dans la rue, n’étant pas compris dans l’enceinte du cloître. La compagnie, ajoute-t-il, s’arrêta au beau jet d’eau, qui est au milieu de ce jardin, et se mit au frais, qui est entretenu au moyen de ce jet, dans les petits berceaux-qui l’environnent. On parcourut ensuite les diverses allées de ce jardin, et lorsqu’on parvint en bas, quelqu’un fit faire attention à un autre jet d’eau qui l’avait frappé. C’est un bassin surmonté d’un Christ, qui donne de l’eau par les plaies des pieds, des mains et du côté. Quelquesuns de la compagnie furent choqués de cette imagination. Madame la *** dit librement à un de ces pères, qui s’y promenait, que cette idée la scandalisait, et que, toute protestante qu’elle était , elle trouvait une indécence extrême et une sorte de profanation à faire servir au plaisir des sens les choses les plus vénérables et ce que Rome honore le plus. Le bon père eut beau lui représenter que c’était au contraire pour rappeler les souffrances du Sauveur, et pour témoigner que dans les plaisirs mêmes nous ne devons pas nous égarer au point de les oublier ; la dame ne se rendit pas. »

La promenade, le jeu, le bal, la conversation, telles étaient au xviu* siècle les principales distractions des baigneurs. I.e spectacle était rare et, qui pis est, fort mauvais. A tous ces égards rien n’est changé ; mais les Bobelins d’aujourd’hui ne se nomment plus un roi comme les Bobelins d’autrefois, et ils ont laissé tomber en désuétude les statuts de l’ordre boblinique, que leurs ancêtres juraient d’observer, à genoux devant leur souverain nouvellement élu et la main étendue sur la fontaine du Pouhon. Cette cérémonie terminée, le roi était porté en grande pompe et suivi de tous ses sujets, au bruit des instruments, par tout le bourg, quelquefois aux fontaines éloignées, où personne ne pouvait boire qu’après lui lorsqu’il s’y trouvait ; et cette farce se terminait ordinairement par un bal public, qu’il devait donner. Voici les statuts de 1762, que nous a transmis le docteur Limbourg ;

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