DE PARIS A SPA.— ANDENNES
guerre dura deux ans, causa la perle de plus de quinze mille hommes, et valut les plus terribles désastres à quatre principautés. Enfin, le roi de France, choisi pour arbitre, décida que toutes choses seraient remises sur le pied où elles se trouvaient avant la querelle. Digne fin dé ces expéditions dévastatrices dont la cause avait été si futile !
Andennes s’était relevée de ses ruines, mais au xv« siècle la garnison de Huy la prit et l’incendia pendant la guerre que soutinrent les Liégeois révoltés contre le duc de Bourgogne (1467). Elle répara ce nouveau désastre comme les précédents. En 1785, Joseph if réunit son célèbre chapitre de dames nobles ou cbanoinesses (elle lui doit son église) à celui de l’abbaye de Moustier, dont la résidence fut fixée à Namur. Aujourd’hui c’est une ville industrielle. Elle possède des fabriques de briques réfractaires, de faïence, de pipes, des filatures de coton, une papeterie fondée par Cockerill.
Près d’Andennes , sur la rive dr. de la Meuse, est le hameau d' Andinelle, dont les archéologues aiment à visiter la petite église romane, fort bien conservée.
Au-dessous d’Andennes les deux rives de la Meuse font partie de la province de Liège. On traverse la commune de Java (en face de Gives, rive dr.), dont les vergers et les vignobles sont les plus productifs de la vallée. Puis les collines, qui s’étaient écartées et abaissées, se rapprochent et se relèvent sans avoir cependant les cimes aériennes que leur donnent de maladroits panégyristes. Sur la rive dr. , au-dessus du village de Ben, de jolis petits rochers et des coteaux boisés attirent les regards plus satisfaits. Les débris d’une tour couronnent un de ces rochers. Ce sont les ruines du château de Beaufort, Ce château appai^tint pendant longtemps à la famille de ce nom, une des plus riches et des plus puissantes des contrées environnantes. Ses seigneurs se maintinrent longtemps indépendants, mais la guerre de la Vache les contraignit à se reconnaître les vassaux de Gui , comte de Flandre et