‹ Spa et ses environs itineraire descriptif et historiqueChapitre 43 sur 151 · I.— DE PARIS A SPA.— LIEGE · texte numérisé non relu

I.— DE PARIS A SPA.— LIEGE

et, de tous les côtés, autour de ce bassin si bien peuplé, s’élèvent de gracieuses collines parsemées de maisons de campagne et de manufactures , qouvertes de la plus charmante végétation. A Liège, — c’est là son cachet particulier, — l’industrie, qui est presque partout ailleurs trop sombre, trop triste, trop nue, trop brutale, n’a pas détruit la nature : au contraire, elle la respecte, elle l’aime, elle s’efforce de la parer. A la vérité, l’intérieur de la ville est loin de répondre à l’extérieur. Il a grand besoin d’être blanchi, lavé , assaini ; certaines rues y sont encore trop étroites, trop de maisons y contiennent un trop grand nombre d’habitants. Mais, c’est une justice à lui rendre, depuis l’établissement des chemins de fer, Liège s’est presque métamorphosée; elle se transforme, pour ainsi dire, à vue d’œil ; des quartiers nouveaux s’élèvent tout alentour des anciens quartiers, qui commencent à se donner la lumière et l’air dont ils avaient toujours été privés.

« Liège, a dit M. Victor Hugo, est une de ces vieilles villes qui sont en train de devenir neuves.... — transformation déplorable mais fatale — une de ces villes où partout les antiques devantures, peintes et ciselées, s’écaillent et tombent et laissent voir en leur lieu des façades blanches enrichies de statues de plâtre ; où les bons vieux grands toits d’ardoises, chargés de lucarnes, de carillons, de clochetons et de girouettes, s’effondrent tristement, regardés avec horreur par quelque bourgeois hébété qui lit le Constitutionnel sur une terrasse plate pavée en zinc; où l’octroi, temple grec orné d’un douanier, succède à la porte-donjon flanquée de tours et hérissée de pertuisanes, où le lông tuyau rouge des hauts-fourneaux remplace la flèche sonore des églises...

« Liège, ajoute l’auteur du Rhin, est encore au XIX* siècle, comme au xvi*, la ville des armuriers. Elle lutte avec la France pour les armes de guerre, et avec Verviers pour les armes de luxe. Mais la vieille cité de Saint Hubert, jadis église et forteresse, commune ecclésiastique et militaire, ne prie plus et ne se bat plus : elle

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