I— DE PARIS A SPA.— FRANCHTMONT
rien d’intéressant. On y exploite des carrières d’un beau marbre noir et de pierres à paver. L’ancienne route de Verviers à Liège la traverse.
Au delà de Tbeux , la vallée de la Hoëgne , qui s’élait élargie et qui était un peu trop cultivée, devient boisée en se rétrécissant. Le chemin de fer, qui tantôt côtoie la Hoëgne, tantôt traverse de petites tranchées, franchit la Weay sur un pont de quatre arches près du hameau de Marché, et au-dessous des belles ruines du chÀtean de Franchtmonty presque entièrement couvertes de lierre. Ce château est fort ancien , car l’évêque Henri de Leyeii le fortifia et l’embellit en 1145. A en croire certains chroniqueurs, il a du sa fondation à Pépin, ou à Chilpéric, et, quand Charles Martel eut battu dans ses environs les troupes de Chilpéric , il s’appela Franchimont, Francorum Mans. Ce qui est positif c’est qu’il donna plus tard son nom au marquisat dont Theux fut la capitale. Les Franchimontois se distinguèrent toujours par leur courage. Ils battirent presque toutes les troupes qui osèrent envahir leur propre territoire, mais la plus belle page de leur histoire est leur attaque du camp du duc de Bourgogne et de Louis XI sous les murs de Liège. Ce jour-là, en effet, ils firent plus que les Grecs aux Thermopyles.
L’an 1468, Charles le Téméraire et Louis XI assiégeaient la ville de Liège dont Philippe de Comines fait la description suivante :
« En toute cette cité, dit-il, il n’y avoit un seul homme de guerre, sinon de leur territoire. Ils n’avoient plus ni chevaliers, ni gentilshommes, avec eux, car si petit qu'ils en avoient, auparavant deux ou trois jours avoien testés tués ou blecés. Ils n'avoient ni portes, ni murailles, ni fossés, ni une seule pièce d'artillerie que rien vausist; et il n'y avoit rien que le peuple de la ville et sept ou huit cents hommes de pied, qui sont d’une petite montagne, appelee le pays de Franchemont, et à la vérité ont toujours été trea-renommés et très-vaillants ceux de ce quartier. »
Dans cette situation désespérée les assiégés tinrent conseil.
• Leur conclusion fut que, par les trous de leurs murailles, qui