I.— DE PARIS A SPA.— FRANCHIMONT
vint aussitôt les attaquer, mais il fut obligé de lever le siège, et plus tard même de conclure, avec ces redoutables ennemis, un traité de paix par lequel il s’engageait à leur payer, en huit années, la somme de 50,000 florins du Rhin : comme gage de cette somme, les comtes de La Marck demeurèrent en possession du château et du marquisat de Franchimont, qu’ils retinrent jusqu’en 1503. A cette époque, les États de Liège reprirent ce gage en payant la somme convenue.
« Depuis Guillaume d’Aremberg, dit M. Gens, le château de Franchimont n’eut plus que des gouverneurs nommés à vie, avec le titre de châtelains. Ce titre devint en quelque sorte héréditaire dans la famille des comtes d’Aspremont de Lynden, qui fournit successivement six gouverneurs.
« Dans les dernières années qui précédèrent la révolution française, la forteresse, déjà presque en ruine, servait de prison d’Élat. Sous la république , on y établit une fabrique de salpêtre dont les explosions l’ont mise en l’état où elle est aujourd’hui.
«c On pénètre dans le château par une seule porte, haute, large, solide comme une porte de ville. Au-dessus de la clef de voûte, se lisent les écussons de Franchimont et de I.iége-Bavière. Entre le corps du château et le rempart extérieur, règne tout autour un espace vide, communiquant avec l’intérieur par une seconde porte dont le cintre est écroulé. De l’entrée de cette porte, et encadré de ses contours ébréchés, l’ensemble des ruines offre un aspect extraordinaire. De hauts pans de murailles, dentelés par les frisures les plus fantastiques, paraissent ne se soutenir qu’en dépit des lois de l’équilibre. Un escalier en hélice dresse dans un coin sa spirale de pierre bleue, fréquemment interrompue par des lacunes qu’aucune enjambée ne saurait franchir, et où seul pourrait monter et descendre le démon familier commis à la garde de toutes les ruines par le génie des traditions populaires. A la hauteur des étages, dont les planchers ont disparu, on reconnaît.