Spahis et Turcos
Moustapha, jure-moi que tu n’iras pas te promener dans un certain jardin des Tuiieries où l’on rencontre les bonnes des petits chrétiens !
Le public parisien donnant toute facilite; à la sentinelle lurco d’exécuter sa consigne.
Le connaissant à peine, que sera-ce donc quand ils auront fait plus amplement connaissance?
— Ma chère, j ! on veux plus des spahis! il a enroulé ma lausse natte autoiu de sa tète et m’a laissé sa corde de chameau pour me coiffer!
— Allons, bon ! les voilà tous à faire leurs ils prennent ça pour des mosquées !
prières là dedans !
— Mais otez-y donc ça à votre cheval; il Paris aussi bien que vous !
a envie de voir
— Plus que ça d'éperons! Le malheureux! la loi Grammont va lui manger toute sa solde!
— Ma chère, les Arabes vivent sous la tente.
— Merci, j’en veuxjpas, il ne ^penserait jamais que j ai un loyer à payer*
Obligé de mettre Les spahis en faction sur l’arc de triomphe pour les garantir de l’indiscrète curiosité du public.
— Donnez-y de la salade à votre cheval ! vous la lui re* tournerez dans le ventre avec vos éperons !
— Tiens, marne Chipard, qué drôle de chose ! ce sont les spahis qui ont hérité des éperons des trirèmes que nous avons vues sur la rivière, à Saint-Cloud, il y a deux ans I
— Le mari arabe a le droit d’avoir quatre femmes.
— Ali 1 mon Dieu! mais c’est le monde renversé!
— Moustapha, finissez ! je ne veux pas que vous veniez faire de la fantasia dans ma cuisine !
— Catherine, je vous avais défendu de vous laisser accoster par des hommes.
— Ah ! mon Dieu ! c’en est donc un?... On m’avait dit que c’était un espahi !
— Bono Francèse!
— Ah! mon Dieu, il sait que je m’appelle Françoise!
Quelle horreur ! vous vous laissez embrasser pur un. turco? 1
— Madame, c’est pour rassurer le petit et lui faire voir que c'est pas méchant !
Mes bourgeois vont me donner congé, c’est sur! il vient ^ane parler la poudre sous mes fenêtres, tout ça pour m’hono-
— Allons, bon! le séjour de Paris fait son effet., les voilà maintenant avec des crinolines!
— Ali! mon Dieu! c’est trop compromettant cette couleurlà ; ma poudre de riz qui a passe sur sa figure... on va s’apercevoir que je l’ai embrassé !
— Ah! diable, paraît que nous ne nous entendons pas tous les deux sur la] manière de porter les cheveux !