‹ Spahis et TurcosChapitre 2 sur 3 · UNE LÉGÈRE ERREUR · texte numérisé non relu

UNE LÉGÈRE ERREUR

— Allons, bon! qu’est-ce qui lui prend?

Mais fichez-y votre sabre dans le ventre à votre cheval; il y trouvera encore du profit avec des éperons semblables!

— Allons, bon! le voilà qui prend le marchand d’habits galons pour un pays!

Notre maîtresse vous le laisse recevoir?

— Il ne vient que le soir; j’ai fait accroire à madame qu c était un fantôme! défunt mon mari! .

— Quel bonheur ! tu comprends le français?

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— De mon terme!

— Il ne nous dit rien! des gens qui aiment à faire causer même la poudre !

— Dame! il y a peut-être une exception pour la poudre de riz !

Les spahis ne pouvant que goûter infiniment les coups de tampons en chemin de fer.

— Mais, chère, elle le porte dans son cœur!

—' Pauvre homme! lui qui était habitué au désert'.

— Ah! mon Dieu ! il s’imagine donc qu'il va coucher ici qu’il apporte toutes ses couvertures?

— Mahomet nous permet quatre femmes.

— Et laquelle que vous préférez?

— Parbleu ! la cinquiè e.

Tiens, le voilà qui commence à se faire comprendre le

spahi I

— Mon ami, je viens avec ma femme et ma fille visiter votre camp; auriez-vous l’obligeance de passer au moins un pantalon?..

— Ali! mon ami, comme il nous regarde!... |Rends-lui l’Algérie! rends-la-lui !

— Mon ami, maintenant que j’ai vu le camp des spahis, je pourrai t’accompagner à l’école de natation; c’est le meme costume.

— Quelle scie! le trompette qui sonne le repas des chevaux au moment où je passe à côté d’euxî

— Aurait-il l’intention de me faire raccommoder ses habits qu’il me fait asseoir dans cette position!

— Ahl mon Dieu! il va peut-être s’apercevoir que je me suis coupc une fausse natte dans son cheval !

— Quand on fait la cuisine au ras du sol, on devrait au moins mettre un lampion ou un invalide dans la soupe pour prévenir les passants !

— Mon Dieu, que tu as l’air emprunté! on croirait que tu n’as jamais bu de café!

— J’en ai bu, mais mangé!... C’est de la pâtée son café!

Les chevaux arabes cherchant à débarrasser leurs maîtres des importunités de MM. les Parisiens.

— X\x entrir tout le monde à la fois !

— Très-bien; je viens rechercher ma femme dans deux minules S

— Demain, demain reprenir!

Le turco pas fâché de se dérober pendant quelque temps à 1 enthousiasme des gamins parisiens en se rendant au camp de Chàlons.

— Ma femme a attrapé un coup de soleil au camp de Saint- Ma ur!

— Ah ! mon dieu! à quel moment?

— Je Fai aperçue qui sortait de la tente de roflicier; le coup de soleil l’a prise à ce moment et ne Fa pas quittée depuis !

— Si c'est pas une horreur au gouvernement! vous faire venir le goût de ces militaires-là et vous les retirer au moment où vous ne pouvez plus vous en passer.

Entre deux camps son cœur balance !

— Ali mon Dieu! Qu’est-ce que vous y fait es à votre lurco!

— Dame! je le marque avec du blanc! tous les nègres se ressemblent,on n’aurait qu’à me le changer au camp deChàlons!

DÉPART POUR LE CAMP DE ClIAfcONS

— Descendez ! on ne voyage pas sur la locomotive !

— Moi aimer voyagir sur les bosses! moi acco utumir aux chameaux !

— Ah mon Dieu! si son fusil allait partir!

— Il n’y a pas de danger! c’est un tirailleur algérien, son fusil ne part qu’en Algérie !

— Cré non d’un cliion ! qu’on leur mette une muselière où je ne fais plus la petite guerre contre eux.

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