UNE LÉGÈRE ERREUR
— Allons, bon! qu’est-ce qui lui prend?
Mais fichez-y votre sabre dans le ventre à votre cheval; il y trouvera encore du profit avec des éperons semblables!
— Allons, bon! le voilà qui prend le marchand d’habits galons pour un pays!
Notre maîtresse vous le laisse recevoir?
— Il ne vient que le soir; j’ai fait accroire à madame qu c était un fantôme! défunt mon mari! .
— Quel bonheur ! tu comprends le français?
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— De mon terme!
— Il ne nous dit rien! des gens qui aiment à faire causer même la poudre !
— Dame! il y a peut-être une exception pour la poudre de riz !
Les spahis ne pouvant que goûter infiniment les coups de tampons en chemin de fer.
— Mais, chère, elle le porte dans son cœur!
—' Pauvre homme! lui qui était habitué au désert'.
— Ah! mon Dieu ! il s’imagine donc qu'il va coucher ici qu’il apporte toutes ses couvertures?
— Mahomet nous permet quatre femmes.
— Et laquelle que vous préférez?
— Parbleu ! la cinquiè e.
Tiens, le voilà qui commence à se faire comprendre le
spahi I
— Mon ami, je viens avec ma femme et ma fille visiter votre camp; auriez-vous l’obligeance de passer au moins un pantalon?..
— Ali! mon ami, comme il nous regarde!... |Rends-lui l’Algérie! rends-la-lui !
— Mon ami, maintenant que j’ai vu le camp des spahis, je pourrai t’accompagner à l’école de natation; c’est le meme costume.
— Quelle scie! le trompette qui sonne le repas des chevaux au moment où je passe à côté d’euxî
— Aurait-il l’intention de me faire raccommoder ses habits qu’il me fait asseoir dans cette position!
— Ahl mon Dieu! il va peut-être s’apercevoir que je me suis coupc une fausse natte dans son cheval !
— Quand on fait la cuisine au ras du sol, on devrait au moins mettre un lampion ou un invalide dans la soupe pour prévenir les passants !
— Mon Dieu, que tu as l’air emprunté! on croirait que tu n’as jamais bu de café!
— J’en ai bu, mais mangé!... C’est de la pâtée son café!
Les chevaux arabes cherchant à débarrasser leurs maîtres des importunités de MM. les Parisiens.
— X\x entrir tout le monde à la fois !
— Très-bien; je viens rechercher ma femme dans deux minules S
— Demain, demain reprenir!
Le turco pas fâché de se dérober pendant quelque temps à 1 enthousiasme des gamins parisiens en se rendant au camp de Chàlons.
— Ma femme a attrapé un coup de soleil au camp de Saint- Ma ur!
— Ah ! mon dieu! à quel moment?
— Je Fai aperçue qui sortait de la tente de roflicier; le coup de soleil l’a prise à ce moment et ne Fa pas quittée depuis !
— Si c'est pas une horreur au gouvernement! vous faire venir le goût de ces militaires-là et vous les retirer au moment où vous ne pouvez plus vous en passer.
Entre deux camps son cœur balance !
— Ali mon Dieu! Qu’est-ce que vous y fait es à votre lurco!
— Dame! je le marque avec du blanc! tous les nègres se ressemblent,on n’aurait qu’à me le changer au camp deChàlons!
DÉPART POUR LE CAMP DE ClIAfcONS
— Descendez ! on ne voyage pas sur la locomotive !
— Moi aimer voyagir sur les bosses! moi acco utumir aux chameaux !
— Ah mon Dieu! si son fusil allait partir!
— Il n’y a pas de danger! c’est un tirailleur algérien, son fusil ne part qu’en Algérie !
— Cré non d’un cliion ! qu’on leur mette une muselière où je ne fais plus la petite guerre contre eux.