‹ Species des hyménoptères composant le groupe des formicidesChapitre 13 sur 234 · NOTIONS PHYSIOLOGIQUES ET BIOLOGIQUES · texte numérisé non relu

NOTIONS PHYSIOLOGIQUES ET BIOLOGIQUES

1.— Premiers états.— Les œufs des fourmis sontallongés, d'un blanc jaunâtre ; au bout de quelques jours ils s'accroissent, deviennent plus transparents, se recourbent à leur extrémité, et, deux semaines environ après la ponte, il en sort une petite larve apode et aveugle, composée de douze anneaux souvent peu distincts, et dont la forme est variable selon les genres. Le plus souvent ces larves sont courtes, plus larges postérieurement que du côté de la tête qui est étroite et recourbée.

Après un temps qui peut varier de deux à neuf mois et qui est toujours plus long pour les éclosions d'automne que pour celles du printemps, les larves arrivées à leur maximum de croissance et qui, pendant toute leur existence, ont été nourries par les ouvrières, se transforment en nymphes, comme celles de tous les autres hyménoptères. Les unes se filent un cocon blanc ou jaune, d'un tissu généralement fin et serré, dans lequel elles subissent leur métamorphose (1), les autres ne s'entourent d'au-

(D). — Ce sont ces cocons qui sont connus vulgairement sous le nom d'œufs de fourmis, les. véritables œufs étant beaucoup plus petits etéchappant ainsi à l’observation superficielle,

cune enveloppe. Le plus souvent l'absence ou l'existence d’uncocon est un fait constant chez une même espèce, mais on a cependant observé des fourmis, comme les F.sanguinea, fusca, rufibarbis, cinerea, etc. , dont les larves restent tantôt nues et tantôt se filent une coque de soie.

La sortie des insectes parfaits a lieu peu de temps après la transformation en nymphes. Ceux qui ne sont pas renfermés dans un cocon peuvent se dégager seuls de leur maillot, mais. les autres ont besoin de l'assistance des ouvrières pour sortir de leur prison que leur bouche encore trop faible serait impuissante à ouvrir. Cette assistance, d’ailleurs,ne leur fait pas défaut, et nous le constaterons en parlant des mœurs et des habitudes des fourmis.

Dès que leurs téguments sont raffermis et que les soins vigilants, dont elles ont été, jusque là, l’objet de la part de leurs. nourrices, deviennent inutiles, les jeunes fourmis vont commencer à remplir le réle qui leur a été assigné, rôle de travail et d'activité pour les 5, rôle de reproduction pour les Get les?. Nous allons les suivre rapidement dans le cours de leur existence et, avant d'entrer dans le domaine attrayant de leur industrie, faire connaître les différentes fonctions auxquelles ils sont assujettis et qui ne relèvent pas de l'intelligence.

2.— Nourriture.— Le régime alimentaire des fourmis, aussi bien dans leur premier âge qu'à l’état parfait, est très varié et elles s'accommodent indifféremment de substances végétales oude substances animales. Toutefois la structure de leur bouche ne leur permet de se nourrir que d’aliments fluides ou semifluides qu’elles lèchent ou lapent au moyen de leur langue, et elles sont tout à fait incapables de mâcher des corps solides ; tout ce qu'elles peuvent faire c’est de les déchirer et de les disso-cier avec leurs mandibules, pour ensuite lécher les sucs quis’en échappent. C’est ainsi qu'elles opèrent quand elles se sont empa- : rées de quelque insecte ou qu’elles s’attablent sur un fruit succulent. Ajoutons même, pour innocenter les fourmis d’un des . nombreux méfaits qui leur sont attribués, qu'il résulte des observations d'Huber, de Mayr et de Forel, que jamais elles à

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