MOYENS DE DÉFENSE
n’attaquent les fruits sains mais qu'elles profitent des plaies qui leur ont été faites par d’autres animaux ou qu'a produites un -accident ou un excès de maturité.
Les fourmis, étant obligées de nourrir leurs larves et même Jeurs ? et leurs o” d'une taille souvent beaucoup plus considérable qu'elles, il était nécessaire qu’elles eussent un moyen de recueillir et d'accumuler les sucs nutritifs pour ensuite en faire part à tous ces affamés. Ce but est parfaitement atteint par la disposition de leur canal alimentaire qui présente un renflement -ou poche extensible, le jabot, dont j'ai parlé plus haut en décrivant les organes digestifs. C’est dans le jabot que se fait la réserve des sucs nourriciers que les fourmis dégorgent ensuite dans la bouche de leurs larves ou de leurs compagnes.
3. — Moyens de défense. — Les puissantes mandibules dont sont armées les fourmis leur servent souvent d'armes offensives et défensives et, si leur morsure n'est pas très redoutable pour nous, il n’en est pas de même pour les proies qu'elles attaquent ou pour les ennemis naturels dont elles ont à se défendre. Mais la nature les a pourvues, en outre, d'une arme spéciale qui leur est commune avec un grand nombre d'autres hyménoptères, je veux parler de l’aiguillon et du venin qui l'accompagne.
L’aiguillon, toujours existant chez les Ponérides et les Myrmicides, bien qu’il soit parfois rudimentaire chez quelques espèces de cette dernière famille, est constamment rudimentaire ou même complètement transformé chez les Formicides. Toutefois l'absence d’aiguillon n'implique pas celle de la vessie à venin quiexiste presque toujours,avecun développement souvent même assez considérable, et les fourmis, en se dressant sur leurs pattes postérieures et en recourbant en dessous leur abdomen, peuvent faire jaillir l’acide formique à une certaine distance et en couvrir l'ennemi qui les attaque. Les diverses modifications de la vessie à venin ont été déjà étudiées quand j'ai parlé de l'appareil vénénifique et je n’y reviendrai pas.
J'ai dit aussi ailleurs que, de même que chez tous les autres Hyménoptères, les & sont tou;ours dépourvus de venin et d’aiguillon.
4 — Accouplement. — Tandis que les ouvrières nouvelle-ment écloses se mêlent bientôt à leurs ainées pour partager avec: elles les travaux communs, la conduite des % et des o’ est toute autre. Ils restent indifférents à l’activité qui règne autour d'eux... se laissent soigner et nourrir par les travailleuses,et passent les. premiers jours de leur existence à se promener nonchalamment à la surface du nid ou dans son intérieur. Rarement quelques. $ aident assez paresseusement les ouvrières dans leurs occupations, les ©” restanttoujours oisifs et paraissant même incapables. d'un travail quelconque. Enfin, après plusieurs jours de ces. promenades répétées ct parfois après un séjour beaucoup plus prolongé dans la fourmilière, suivant les espèces et les époques. d’éclosion, les ©” et les Q s'élèvent dans les airs, souvent à une grande hauteur, se mélangent à d’autres fourmis ailées sorties. de fourmilières voisines, et forment parfois des essaims considérables. C’est alors que les ÿ se livrent à la poursuite des 3 et, si la force de ces dernières est assez grande pour leur permettre de supporter le poids de leur époux, l'accouplement a lieu pendant le vol; dans le cas contraire les couples s’abattent sur les. premiers objets qu'ils rencontrent et l'acte de la fécondation s’accomplit au repos. Un certain nombre d'individus des deux sexes ne suit pas les fuyards dans leur essor et s’accouple à la surface du nid ; peut être même cet acte a-t-il lieu, dans certains cas, à l’intérieur de l'habitation, mais le fait est encore douteux et n’a pas été constaté d’une façon absolue, sauf toutefois en ce qui concerne l'Anergates atratulus dont leo aptère et impotent non seulement ne pourrait suivre sa 9 dans les airs, mais paraît même incapable de sortir de son nid.
Quand l'accouplement a eu lieu, souvent même à une grande distance de la fourmilière, les £ fécondées tombent ou descendent à terre et, là, commencent à se désarticuler les ailes par des mou-vements désordonnés de ces organes qui ne tardent pas à se séparer de leur corps. Comme elles ne rentrent jamais dans la fourmilière qui leur a donné naissance, dont elles sont d’ailleurs. le plus souvent fort éloignées, et que, d'autre part, elles ne seraient pas accueillies dans des fourmilières étrangères, elles errent à l'aventure, sont souvent massacrées par des fourmis ennemies qui les rencontrent, ou parviennent à se réfugier dans -