‹ Spécifiques électro-homéopathiques [electronic resource]Chapitre 19 sur 62 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Doses et mode d'application.

. Les doses, étant le résultat de calculs exacts et de longues expériences , demandent à être observées avec scrupule, si on ne veut pas manquer la guérison i.

A. — Usage interne.

Doses pour tous les remèdes en 'globules -.

1° Le premier verre (ou l""" dilution) : un globule fondu dans un verre d'eau, à prendre en un jour, soit par cuillerées à café tous les quarts d'heure, si le mal

(1) C'est pourquoi on fera bieu do n'accepter des pharmaciens que des globules, à l'exclusion des trilur allons , et de s'assurer de leur authenticité, soit par les signes extérieurs destinés à la garantir, soit par la moralité bien établie- des dépositaires.

(2) Sauf Fehrifugo nom, qui ne s'emploie t[u'à l'extérieur.

est aigu, soit par cuillerées à soupe toutes les demiheures ou heures, si le mal est chronique.

A la fin d'un traitement qui a vaincu le mal, ou bien lorsqu'on est momentanément empêché, on peut remplacer cette dose par un ou deux grains à sec sur la langue. Mais l'effet est moins efficace.

Les personnes occupées peuvent mettre le remède dilué dans un flacon plat, facile à porter sur soi.

Quand cette dose irrite le mal au lieu de l'apaiser, on descend au '

2° Second verre (ou 2" dilution) ^ : une cuillerée à café du verre précédent dans un second verre d'eau , lequel on prend journellement comme le premier verre. Ici l'altération possible de l'eau du premier verre n'empêche pas, vu la petite quantité qu'on en prend, de le conserver comme provision jusqu'à épuisement, le remède étant inaltérable.

Quand cette dose surexcite encore le mal, on descend encore au

3° Troisième verre (ou 3" dilution) : une cuillerée à café du second verre dans un troisième verre d'eau, à prendre en un jour comme les précédents ^.

(1) Une dose intermédiaire entre la l'^ et la 2" dilution est celle du litre : un globule fondu dans un litre d'eau , dont on prend journellement un verre, comme précédemment. Le troisième jour, l'eau pouvant s'altérer, on renouvelle le litre. Mais cette dose étant d'un usage peu fréquent, nous la mettons au second plan.

(2) La nécessité de prendre les remèdes dans de l'eau et par cuillerées distancées provient de ce que ces remèdes pénètrent dans la constitution bien moins par l'estomac que par les tissus spongieux qui tapissent l'œsophage et les transmettent directement dans le grand courant de la circulation. L'eau, allant partout, charrie avec elle le remède jusque dans les parties les plus profondes de l'organisme; — jusque 'dans les os.

On est obligé, quand le malade est très-affaibli ou '

très- sensible à l'action du remède, de descendre ainsi ■

aux 4% 5% 6« verres et même plus bas encore ; seulemen t •

ces cas sont exceptionnels, et, dans le nombre, il en est !

auxquels ces doses minimes causent un trouble qui i

augmente avec les dilutions. Ce fait est la preuve que ■

la constitution à laquelle on a affaire doit être traitée '

selon les règles N.°« 6 et 7, que l'on trouvera au cbapi- j

tre suivant. I

Loi des doses homéopathiques.

L'intelligence de cette loi , découverte par le célèbre !

Hahnemànn, est ici nécessaire, et nous allons l'exposer '

sous la forme d'un exemple. j

Qu'on prenne le Febrifugo. I

Le Febrifugo est une substance qui, prise à une dose ; allopathique, cause la fièvre chez Ijbomme bien portant et la lui cause d'autant plus forte qu'il en prend une dose plus considérable.

Cette fièvre, à la vérité, dure peu et se dissipe d'elle- !

même si on supprime la substance qui l'a causée. Elle ;

se dissipe d'elle-même parce qu'elle est purement factice ■ et ne provient d'aucune cause intérieure, spontanée,

appartenant au sujet qui l'éprouve. i

Si on diminue la dose de ladite substance , la ûèvre |

produite sera moins forte ; et plus on affaiblira la dose, \

plus l'effet sera faible. Un moment viendra même où j

cette fièvre sera nulle. '

Cette dose peut être appelée la dose neutre. \

Mais voici le prodige. |

Si on continue à affaiblir cette dose neutre , l'effet du (

remède se renverse, et, au lieu de donner la fièvre, il ' l'ôte si elle existe.

En diminuant encore cette dose, elle détruira la fièvre

lorsqu'elle est forte, et si on la diminue davantage, elle la détruira si elle est violente ; si bien que la fièvre la plus effroyable sera vaincue par la dose la plus minime.

D'après cette gradation des doses, celles qui sont audessus de la dose neutre augmentent la fièvre chez celui qui ne la reçoit que du remède, et celles qui sont audessous la diminuent chez celui qui en est atteint K

Le point inerte ou neutre marque le point de séparation entre une série de doses croissantes, qui donnent la fièvre de plus en plus forte, et une série de doses décroissantes, qui combattent les fièvres de plus en plus violentes.

• Impossibilité cVèviter les tâtonnements.

D'après ce qui précède, si tous les organismes étaient les mêmes, le point neutre serait pour tous le môme, et la dose amélioratrice pour chaque cas serait facile à déterminer et serait fixe.

Malheureusement, les organismes et surtout les organismes malades varient à l'infini, et il se trouve que la même dose, qui est neutre pour les uns, est aggravatrice pour d'autres, pendant qu'elle est amélioratrice pour d'autres encore.

De plus , la variallilité des organismes est si grande " qu'en montant ou en descendant d'une dilution l'espace n'est pas le même pour tous les malades. Tel malade

(1) Et ce qu'il y a de remarquable c'est que, tandis que l'action aggravatrice est toujours de peu de durée, purement factice et innocente en soi, la dose homéopathique et amélioratrice produit un bien parfaitement réel, positif et permanent. L'homme sain qui avait ressenti une fièvre la voit disparaître trôs-vitc et sans qu'elle lui laisse •de trace, tandis que celui qui avait une fièvre en est guéri, et sa fièvre no revient plus. Sa guérison est permanente.

ressentira une trop grande différence en descendant d'une dilution entière et sera obligé de chercher une dose intermédiaire ; tel autre descendra ou montera de deux dilutions sans apercevoir une différence bien sensible.

De là l'impossibilité absolue de fixer les doses à l'avance.

On pourra dire, d'une manière toute générale, que plus la maladie est grave ou le malade affaibli , plus la dose devra être faible. On pourra dire encore que les femmes ont en général besoin de doses plus faibles que les hommes , parce que leur organisme est plus délicat et plus impressionnable. On pourra dire enfin que les dilutions faibles, administrées à doses très -petites et rapprochées, sont en général d'autant plus nécessaires que le mal est plus aigu ou violent * . Mais , cela dit , il faudra tâtonner.

Méthode de tâtonnement. Un malade se présente .

Si c'est un homme fait , encore vigoureux , vous lui , donnez la dose ordinaire , proposée par l'inventemcomme celle qui convient dans la majorité des cas.

Si c'est une femme , et surtout une femme nerveuse , affaiblie , si c'est un vieillard ou un enfant entre 3 et 6 ans, vous indiquez de préférence la 2« dilution.

Votre dose aggrave le mal. Qu'est-ce à dire ? Que vous êtes tombé au-dessus du point neutre, et que pour trouver la dose amélioratrice vous devez descendre.

(1) Excepté pour les ôpilepsios, les hystéries et les autres airoclio do type convulsif, qui toutes exigent dos doses faibles et eu môr temps trôs-distantes, - 4, 2 cuillerées à café par jour du litre, du verre, du 3% du 4°, etc.

Ou bien vous ne constatez aucun effet, ni aggravatif , ni amélioratif. Vous en concluez que vous êtes tombé sur le point neutre, et qu'ici encore vous devez descendre.

Et vous descendez d'une, deux, trois dilutions ou plus, jusqu'à ce que vous ayez rencontré la dose améliora trice.

Ce tâtonnement est plus rapide qu'on ne pourrait le croire au premier abord, car il suffit ordinairement de quelques cuillerées à café données à l'essai pendant une matinée, ou tout au plus un jour, pour voir de suite si la dose est trop forte ou inerte.

11 est inutile d'insister sur une dose qui dérange le malade et illusoire d'en attendre un bon résultat. Avec ces remèdes on ne doit pas faire du mal dans l'espoir qu'il en ressortira un bien. La dose qui guérit est celle qui ne fait absolument que du bien.

Doses minimes.

On a obtenu des guérisons au 6^ verre. On a réussi encore avec une goutte du litre (avec un grain) dans un verre d'eau, donné en deux jours, sans plus. On assure avoir réussi également avec une goutte du 1'''' verre dans le 2®, une du 2" dans le 3^, en prenant 3 à 4 cuillerées de ce dernier. Une grave maladie du foie, abandonnée par plusieurs docteurs, a été guérie, assuret-on, en 5 à 6 sema^ies, par F. au 16° verre.

Ces témoignages et beaucoup d'autres, joints aux expériences faites par l'auteur, ne lui permettent plus de douter de la puissance inexplicable des doses minimes. Seulement, pour ne pas perdre son temps en de trop longs essais, on ne doit descendre dans de si basses dilutions qu'après s'être assuré que la constitution ou la maladie ont été bien diagnostiquées; car si, par suite d'erreur du diagnostic, le remède se trouvait mal choisi, c'est en vain qu'on chercherait une dose bienfaisante ^

(1) Les doses faibles ne diminuent point la puissance du remède ;

Doses fortes.

Dans la recherche de la dose amélioratrice , en descendant dans les dilutions les plus hasses (6", 8^ W verre), on se heurte parfois, dans les constitutions affaiblies par des maladies graves, à un fait étrange : Les dilutions les plus faibles demeurent inertes ou bien aggravent de plus en plus le mal.

Ce phénomène prouve que la constitution a besoin de doses massives non diluées, administrées en grains à sec, que l'on répète suivant l'effet ou que l'on augmente jusqu'à effet.

Cette conclusion, qui semble être contraire à la règle, ne l'est pourtant pas, car l'effet des grains à sec est, au fond , incomparablement plus faible et plus court que celui des doses diluées. En passant par l'estomac et se mélangeant à la salive , le remède ne pénètre que fort légèrement et lentement dans l'organisme et dans le sang , et de la sorte le malade en est moins dérangé ^ .

On trouvera du reste plus loin des renseignements complets sur les cas rebelles et les cas de grande faiblesse. (Voir chapitre yi. B. — Règles pratiques, N.°' 7 et 8.)

au contraire, car elles ne font que le inettre en rapport soit avec la faiblesse du malade, soit avec la nature particulière de son organisme.

(1) II est des cas (rares) où 2 grains par verre ont produit de bons elTets, mais il en est d'autres où l'on a presque constamment réussi par des grains à sec.

Un grain d'A. le soir a réussi à ramener des régies supprimées. Un ou deux grains de Ver,, donnés le soir à des enfants de 4 à 8 ans ou à des adultes, ont supprimé les vers et les accidents qu'ils procurent. Un grain de G. coupe en général les crampes do matrice.

Deux grains do S. arrêtent la crampe d'estomac et rétablissent une digestion arrêtée. Quatre grains empêchent une transpiration de s'arrêter ou détruisent l'effet d'un excès de fatigue. 8 à 10 grains arrêtent

Cas résistants.

Quand aux premiers essais des remèdes premiers (S., G., A., etc.) on s'aperçoit que la constitution ne s'en accommode pas, et quand, d'autre part, ces remèdes sont indiscutablement indiqués par ladite constitution ou par la maladie, on doit recourir aux homonymes (S. 2°, S.3°, S.5°, etc.; C.2°, G. 3°, G.4°, etc.; A.2°, etc.).

Si , à toutes leurs doses , les remèdes que l'on a crus indiqués restent sans effet ou ne font que troubler le malade, c'est le cas de vérifier sérieusement le diagnostic de la constitution du malade ou celui de la maladie.

Et si décidément ce diagnostic est juste, alors on est autorisé à conclure à la présence dans le sang d'un virus syphilitique ou à la présence des vers dans certains organes malades. On a dû souvent le succès, dans les maladies rebelles, à l'introduction du Ven. ou du Ver. dans le traitement.

Si, malgré tous ces essais, on reste impuissant, on peut alors conclure hardiment que la maladie est depuis longtemps au nombre de celles qu'aucune médication ne peut plus guérir .

Ge cas est du reste très-rare, car les remèdes sont d'une action toujoui^ sûre et fidèle. Ils agissent toujours contre un mal compris dans leur sphère d'action; et s'ils ne peuvent plus guérir, ils peuvent toujours enrayer la marche de la maladie et adoucir les souffrances du malade.

une paralysie commençante, réveillent d'un évanouissement, dissipent l'ivresse (sans détruire les autres effets corrosifs ou échauCFants de la boisson). 25 à 30 grains, dose qu'on répète au besoin, arrêtent l'attaque du choléra. Voir aussi le rôle important des grains de S. à sec dans le croup et dans d'autres maladies , que l'on rencontrera dans le Catalogue.

Augmentation des doses.

Quand on a été conduit à des doses très- diminuées (au-dessous de la 2" dilution) , il convient, surtout dans les longs traitements, de remonter lentement et prudemment l'échelle des doses, afin de maintenir le remède en rapport avec les forces du malade, qui ont augmenté, et avec la force du mal, qui a diminué.

Seulement il importe de n'augmenter que lorsque le mal est bien décidément en retraite et de redescendre bien vite au premier symptôme aggravatif.

Suppression immédiate de l'effet aggravatif d'une dose trop forte.

Il suffit de secouer avec une cuiller deux gouttes du verre qui s'est montré aggravatif dans un verre d'eau pure , et de prendre de 5 en 5 minutes une cuillerée à café de cette dilution. En 10 ou 15 minutes, l'aggravation, si elle vient réellement du remède, est détruite.

Une application d'El. R. ou Ang. à la nuque, au symp. et au plexus solaire a également le môme effet.

Le vinaigre et le citron, mis sur la langue, ont aussi la propriété de détruire instantanément l'eflét des remèdes, mais ils ont l'inconvénient de rendre la médication plus ou moins impossible pendant 6 à 12 heures après qu'on en a usé.

Remèdes alternés.

Quand on doit alterner deux remèdes, on prépare un verre de chaque remède, à la dilution reconnue efficace pour chacun desdits remèdes, et on prend 1/2 verre de l'un pendant la matinée et 1/2 verre de l'autre dans l'après-midi. Les deux verres font deux jours.

Pour alterner trois remèdes, on prépare nn verre de chaque remède, à la dilution voulue poùr chacun desdits remèdes, et on prend 1/3 de verre de chacun dans 1/3 de la journée. Les trois verres font trois jours.

Jamais on n'est appelé à boire plus d'un verre ou un verre et demi par jour.

S'il entre du S. dans le traitement, on le garde pour le dernier, parce que, à supposer que les autres remèdes aient tracassé ou agité le malade, celui-là le calmera et lui assurera un sommeil paisible. S'il y entre de l'A., assez souvent chicaneur, on le prend le premier.

Lorsqu'on doit prendre trois remèdes de front, on peut, sauf dans la phthisie pulmonaire, en prendre un en grains à sec , ou- en compresses , ou en onctions , ou en bains, suivant le cas. Mais on choisit d'ordinaire celui des remèdes qui est le moins essentiel ; en tous cas, on ne choisit jamais celui qui s'adresse à la constitution ou à la maladie particulière du malade.

C'est pour cela que dans la phthisie pulmonaire on doit les prendre tous trois (P., G., A.) avec eau, car le C. s'adresse à la constitution et protège en outre la pulpe du poumon, le P. protège tout l'appareil respiratoire des bronches, et l'A. tout l'appareil circulatoire du sang dans le poumon.

Emploi de Veau tiède ou sucrée, du vin, du houillon, pour les personnes délicates.

Lorsqu'un estomac délicat ne supporte pas l'eau froide, on peut tiédir ou sucrer l'eau, ou y mêler du vin vieux, sans que le remède en soit altéré.

On peut aussi remplacer l'eau par le bouillon dégraissé.

Il va sans dire qu'il suffit alors do n'employer l'eau vinée ou le bouillon que pour la dilution que l'on doit

boire, et qu'il suffit de la médicamentor soit par un gram, soit par une cuillerée à café du i»--, du 2« du 3« verre d'eau, suivant la dilution que l'on doit prendre.

Doses pour enfants.

On comprend que les doses des adultes sont généralement trop fortes pour les enfants. On donne :

De 2 à 6 ans, le seco7id verre, en 2 jours.

De 6 à 12 ans, la dilution du litre (avec 1 grain), un verre par jour. '

Depuis 12 ans, dose d'adulte.

Pour nourrissons, même dose d'adulte à la nourrice.

Ces dilutions sont données comme maximum ou dose de départ, mais il va sans dire qu'ici encore on doit diminuer toute dose qui surexcite le mal ou seulement le laisse stationnaire.

Sucrer ou tiédir à volonté.

Régime à suivre.

Eviter les acides (vinaigre, citron, etc.) et les aliments reconnus indigestes.

Continuer le traitement jusqu'aux repas et le reprendre une ou deux heures après, non que les remèdes puissent être contraires à la digestion, mais simplement pour ne pas la troubler par les liquides i.

(1) Lg doclcur Pascucci est moias slrict. II pcuso qu'on peut les prendre niûme dans l'eau cl le vin du repas. Cela est vrai, mais l'effet n'est presque plus sensible, et si dans le repas se rencontre un plat au vinaigre ou au citron, on risque un dérangement do la digestion ou une indigestion. Il est vrai (ju'on ne risque absolument rien de plus.

B. — Usage externe.

Tous les remèdes Mattei ont à l'extérieur la môme action qu'à l'intérieur, mais s'emploient à des doses plus fortes.

On augmente et on diminue ces doses en même temps que les doses internes.

Quand après essai un ou plusieurs remèdes ont été reconnus efficaces, on en déploie la puissance en les appliquant :

1° En compresses ou lotions (sur peau saine ou sur plaies), en injections, en irrigations, en aspirations (par le nez), en gargarismes, à la dose de 20 grains par verre d'eau. Cette dose est la dose maximum, correspondant à la dose interne du grain par verre. On descend à celle de 15, 10, 5, même un grain par verre, si cela devient nécessaii^e.

Les applications en compresses de deux remèdes ou de deux électricités doivent se suivre, se juxtaposer, mais non se mélanger. On peut, dans les plaies, mettre une compresse d'eau médicamentée par dessus une compresse d'électricité, parce que l'effet de cette dernière est très-prompt.

^ 2° En onctions. Ici on peut se servir àliuile d'olive ou à' amande douce, de grâisse de porc,' de beurre frais ou de tout autre corps gras; mais, en général, on évite ce genre d'application sur les plaies.

Pour les onctions à l'huile, la dose commune es^ de 4 à 5 grains, que l'on pulvérise ou bien qu'on fait fondre préalablement avec quelques gouttes d'eau, et qu'on agite ensuite pendant quelques secondes dans une cuiller à soupe d'huile d'olive ou d'amande douce.

Pour les onctions à la graisse, on pulvérise 20 grains et on les mélange avec soin dans une once de graisse de porc, pour en faire une pommade.

On oint ainsi les glandes, les tumeurs, les points i douloureux, les éruptions cutanées et, en général, , toutes les parties du corps que l'on veut soumettre à l'action du remède.

Pour les maladies du foie et de la rate, on oint les hypocondres avec de la pommade de F.2°, à raison de 2, l 4, 6 à 8 grains par once de graisse. j

Pour les maladies du cœur, on oint la région du cœur avec de l'huile d'Ang.2°. 5 grains par cuillerée ' d'huile. ;

Pour les maladies des yeux et des paupières, on donne ' des bains de l'œil au moyen à' œillères [ espèce de coque- \ tier ovale en verre) , remplies d'eau avec 2 à 5 grains, j

On peut aussi faire des compresses avec graisse ou | avec huile , au moyen de petits linges appliqués sur la \ peau.

3° En bains, que l'on prépare avec de l'eau douce ou, 1 à défaut, avec de l'eau qui a bouilli. On jette 100 grains ] dans la baignoire (dose forte , que l'on peut diminuer à ' 75 ou 50 et augmenter à 150). Demi-dose pour les enfants, 1/4 de dose pour les plus jeunes.

On tiédit de façon à ce qu'en y entrant le malade i n'ait aucune impression ni de chaud ni de froid, précaution importante, surtout dans les cas oi\ l'on peut ■ craindre des hémorrhagies. Chaque bain peut durer ; d'une demi-heure à une heure , et on peut les répéter ' tous les trois ou deux jours, môme tous les jours \ suivant l'effet 2. J

(1) L'essentiel , c'est de ne pas trop affaiblir le malade. , En hiver, ces bains médicamentôs n'ont pas les dangers des bains j

ordinaires, pourvu qu'on prenne les précautions ordinaires prescrites j

par la prudence, et ils ont la môme efficacité. Dans les maladies can- j

céreuses , où toute perle de temps est si grave , on ne doit à aucun |

prix en priver les malados. j

(2) Les remèdes que l'on a employés en bains sont : S. contre les ] scrofules, G. contre les grandes corruptions do la lymphe et du sang, ^

L'eau médicamentée , sauf pour les plaies suppurantes, peut être employée pendant plus ou moins de jours, aussi longtemps qu'elle no se décompose pas et ne contracte aucune odeur. ■

Tous les modes d'application -externe no sont pas de mise dans tous les cas. Il va sans dire qu'on choisit ceux qui conviennent au mal à traiter.

Ces divers modes d'application peuvent être plus ou moins répétés , rapprochés ou distancés suivant les exigences de la maladie et surtout suivant le bon ou mauvais effet. Une plus grande fréquence peut fortifier tel malade, affaiblir ou surexciter tel autre. C'est à celui qui traite de savoir se diriger d'après les résultats obtenus.

N. B. Pour les glandes engorgées, les plaies anciennes et surtout pour celles du cancer ouvert,- le traitertieni externe ne doit commencer que quelques jours après le traitement interne et après que l'amélioratio^i est devenue sensible.

Autres usages extérnes.

Comme on le voit, le but est d'appliquer les remèdes à l'extérieur de toutes fes manières possibles, et ici le champ reste ouvert à l'esprit inventif de chacun. On a imaginé d'autres modes d'application, qui ont également réussi et dont nous ne mentionnerons plus que quelques derniers exemples.

Lavages à l'eau-de-vie, dans toutes les maladies accompagnées d'une grande faiblesse, et notamment dans les

A. contre les graves maladies du sang ou de ses vaisseaux, Ver. contre les vers et Ven. contre les désordres vénériens.

affections de la moelle épinière et dans les cas de cancer. ^On a fait fondre 25 à 30 grains de S. dans un litre de cognac (que l'on peut tiédir), et on a épongé vivement le malade, soir et matin, le long de l'épine dorsale (depuis la nuque jusqu'au sacrum), aux aisselles, aux aines et sur le bas- ventre.

Cataplasmes médicamentés à la farine de lin chaude, enduits d'une couche de graisse ou oints d'huile médicamentées. Ce procédé a été employé sur l'abdomen dans les cas d'enflure inflammatoire, de constipation ou de coliques violentes.

Précautions quant aux closes.

Il importe de se tenir rigoureusement aux doses en usage depuis plus de vingt ans et qui ont pour base calculée le globule. M. M. insiste sur ce point dans ses écrits ^ et en rapporte pour preuve le fait suivant , qui s'est effectivement reproduit très-souvent , sous diverses formes.

Une femme atteinte au sein d'un cancer sujet aux hémorrhagies les a vues augmenter pour avoir mis dans ses verres deux globules, G. et A., au lieu d'un. Ayant repris la dose ordinaire, elle a vu le sang s'arrêter. Après quelques semaines exemptes d'accident, impatiente de guérir, elle a doublé de nouveau la dose, et les hémorrhagies ont reparu, pour disparaître de nouveau par la dose ordinaire.

L'à- propos de cette observation est d'autant plus grand qu'aujourd'hui une certaine école se forme, laquelle prétend inaugurer les traitements à fortes doses, par la suppression du véhicule de l'eau et la répétition

(l) Ceux du moins qu'il a publiés jusqu'à ce jour.

d'un plus ou moins grand nombre de grains par jour. Cette méthode , qui peut avoir réussi dans certains cas exceptionnels, ne doit pas être généralisée sans discernement, vu qu'elle a contre elle l'expérience du passé et du présent ^ .

Pour trouver la dose nécessaire à un malade délicat ou faible, il vaut mieux commencer par les doses faibles, quitte à les augmenter ensuite, selon les effets. Cette observatioii , due à M. le docteur Regard, de Genève, n'est pas moins importante que la précédente.

Il est des cas où les doses faibles sont toujours de, rigueur.

Ce sont toutes les maladies du cœur (notamment l'anévrisme, surtout lorsqu'elles se compliquent d'hydropisie) , les maladies convulsives (notamment l'épilepsie et l'hystérie) et les maladies mentales.

Dans ces cas, le comte jette le globule dans un litre d'eau et n'en donne que trois ou quatre cuillerées à café par jour. C'est même sa dose maximum, car il donne souvent ces quatre cuillerées à café du 2« et même dn 3^ verre.

Concordance des doses.

Les diminutions de 1^ dose externe devant correspondre aux diminutions dans la dose interne , il en résulte V échelle approximative ^ suivante :

(1) Elle a aussi l'inconvénient de partir de personnes intéressées à un grand débit de remèdes.

(2) Nous disons approximative, car s'il est des cas où une dose externe trop forte ou pas assez affaiblie a des inconvénients , il en est d'autres où on peut donner la dose forte extra, tout en étant condamné à ne donner intus qu'une dose minime.

A 1 mteneur .

1 verre

2c verre

30 verre

4c verre

Etc.

A l'extérieur .

Onctions . . ,

20 gl.

gl.

gl.

5gl.

Etc.

Lotions . . .

Etc.

Aspirations .

Etc.

Injections . .

JCiLC.

Clystères. . .

Etc.

Compresses .

Etc.

Bains ....

Etc.

A. — Renseignements généraux.

Les électricités s'emploient :

1° Par un fil de fer, dont l'une des extrémités plonge dans le liquide et l'autre est appliquée pendant 10, 15 ou 20 secondes sur le point douloureux ou sur le nerf intéressé. Ce mode d'application, très-efficace dans certains cas, l'est moins uniformément que le suivant ^ :

2° En ventouses. On applique pendant 10, 15 ou 20 secondes le flacon débouché, de façon à ce que le liquide touche la peau sans s'échapper du récipient. Les pharmacies possèdent les flacons à large ouverture nécessaires pour ce mode d'application. Mais comme ce genre d'application est parfois difficile et parfois môme impossible, on y supplée par le suivant :

3" En compresses, en imbibant un petit carré de linge fm ou de papier buvard, que l'on pose sur les points désignés , ou , ce qui e^ encore plus commode , en versant 2 ou 3 gouttes du liquide (inutile d'en mettre davantage) sur un peu de coton cardé creusé au centre, en les y étendant avec le doigt pour qu'elles y adhèrent, et en appliquant le côté humide pendant 10, 15 ou 20 secondes successivement sur tous les points à électriser.

(1) Les pointes, comme ou sait, ont la propriété de concentrer et d'émettre l'électricité avec force, cl cet usage n'affaiblit on rien la force électrique des liquides.

Mais toutes les électricités ne peuvent pas s'employer indifféremment de ces trois façons.

La Rouge, V Angioitique et la Blanche, positives toutes trois, s'emploient en ventouses et en compresses.

Les deux négatives s'emploient : la Jaune en ventouses seulement, la Verte en compresses seulement.

Sur les plaies on peut employer des compresses de Blanche, à.' Angioitique et de Verte, la Bl. et la V. pour adoucir les douleurs, l'Ang. pour arrêter les hémorrhagies. Cette dernière cicatrise non-seulement les veines, mais encore les artères ^ .

La toile fine, la gaze ou les tampons de charpie imbibés sont les seuls modes d'application sur les plaies. On peut sans inconvénient recouvrir ces compresses avec des compresses beaucoup plus vastes et copieuses, trempées dans l'eau médicamentée, parce que les électricités ne neutralisent point l'effet des grains en dissolution et que ceux-ci ne détruisent pas l'effet électrique.

La déglutition accidentelle de la Rouge, de la Blanche et de V Angioitique est sans inconvénient. Mais M. M. signale la déglutition de la Jaune et de la Verte (les deux négatives) comme pouvant en avoir.

Coloration.

Pour distinguer ces liquides, qui sont tous blancs à leur naissance, on y a ajouté les colorations dont ils ont conservé le nom. Mais M. M., s'étant aperçu que ces colorations pouvaient diminuer l'énergie des liquides,

(1) M. M. a cicatrisé ou 24 lieurcs uno arfèro du bras ouverte par accident, mal ligamenlée, laissant échapper lo sang depuis 21 jours, si bien que lo malade, presque exsangue, approchait do sa fin. Il a sufli d'une large et copieuse compresse d'El. A.

s'est décidé à les livrer presque incolores et engage ses dépositaires à les livrer tels quels.

Aujourd'hui, pour éviter les erreurs, on a remplacé presque partout la coloration des liquides par une coloration semblable soit des flacons, soit des étiquettes.

Points à électriser.'

Les applications se font (Voir la planche de la fin), pour agir sur :

1° La tête (dans son ensemble) : à V occiput, à la rc^cine du nez (entre les deux sourcils) , aux deux tempes , quelquefois aussi à la plante des pieds.

2° Un seul côté de la tête : à la tempe et sous Voreille situées du môme côté (surtout dans les névralgies faciales ou dentaires).

3° La langue : aux grands hijpoglosses (un pouce audessous de l'oreille) et surtout aux petits hypoglosses (derrière l'oreille, à une épaisseur de doigt de sa racine). On peut ajouter V occiput.

4° Les yeux : aux sus-orbitaux (au-dessus de l'œil , au bord supérieur du sourcil) et aux sous -orbitaux (droit au-dessous de l'œil).

5° Le nez : à la racine du nez (entre les deux sourcils).

6" Les oreilles : sous^Les oreilles et dans la bouche ( en gargarismes) — et dans l'oreille elle-même.

7° Le corps entier : à V occiput, au ^grand sympathique et au plexus solaire. Le grand sympathique et le plexus solaire comprennent les deux côtés de l'atlas et les trois points marqués sur l'estomac *et l'abdomen.

(l) On ne se gargarise qu'avec la Rouge , pure ou plus ou moins mélangée d'eau. Ce mélange varie suivant l'effet à produire et peut commencer par une cuillerée à café dans 1/2 verre, même 1/2 cuillerée.

On a appelé ces six points, pour abréger, les six

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