‹ Spectacles contemporainsChapitre 12 sur 21 · I.A M(»HT DK GUILLAUMI-: l" d'ALLEMAGNK · texte numérisé non relu

I.A M(»HT DK GUILLAUMI-: l" d'ALLEMAGNK

r<M ùgoïsle qui le décidait à passer outre, c'était la missidii. — II no s'agit |)as ici, on \(' coinprj'iul, «le plaider des rircoiislaiuMîs atlénuanlos; mais il «si nécessaire de dégaj,'^er un état de conscience, de lixer le point de vue qui éclaire pour Tliistorion toutes les contradictions de cette vie.

(le s(ddat n'était pas un soudard. Il ne restait lien dans ses mœurs de la brutalité des caporaux, ses j;rands-oncles. Leur esprit niililairo avait subi en lui une transformation comjjarable à celle que leurs méthodes de guerre subissaient dans l'atelier de M. de Mollke. La vieille mécanique sauvage et rauqiic était devenue une machine savante, polie, au>: ressorts bien huilés, moins repoussante d'aspect, plus terrible dans ses effets. Guillaume admettait comme une nécessité stratégique la cruauté d'état-major; on chercherait vainement dans toute sa vie un trait cruel de caractère. Il était humain, d'une égalité d'humeur proverbiale, affable et souriant avec tous. Dans la représentation, il payait de sa personne, moins volontiers de sa bourse : parcimonieux comme tous ceux de sa maison, car ces soldats eurent toujours un côté de bons commerçants, gérant leur comptoir sans jamais se permettre une folie, sans songer au repos après fortune faite. Comme presque tous ses mérites, son amabilité d'étiquette provenait de sa ponctualité dans le service, l'amabilité étant

une des charges royales; elle suffisait à lui gagner les cœurs, quand on voyait ce vieillard, tombant de fatigue, se surmener pour achever le tour du cercle et entretenir le plus jeune officier pendant le temps voulu par l'usage. Il sacrifiait ses aises aux exigences de sa position, comme il sacrifiait ses opinions aux idées des ministres qu'il avait choisis, ses plans à ceux de son conseil de guerre. La royauté n'était pour lui qu'une abnégation de tous les instants, dans les petites choses et dans les grandes; ainsi comprise, elle est le plus rude des travaux forcés; cela ne la rend pas enviable, mais elle grandit infiniment et désarme la critique. En somme, la vie privée de l'Empereur fut parfaitement digne, peu onéreuse à ses sujets, facile pour son entourage, régie tout entière, comme sa vie publique, par le sentiment du devoir professionnel. Ce ne sont pas de minces éloges pour un souverain presque absolu, tenté par une fortune folle et par les adulations qu'elle soulève. Les hommes en tiendront compte dans leurs jugements sur Guillaume I''^

A celte heure, les jugements des hommes lui sont indifférents. Leurs éloges valent pour lui juste autant que ces ordres brillants, épingles sur la tunique du mort, autant que les cires qui fondent et les fleurs qui meurent sur le cercueil. L'Empereur est devant son Dieu. Il rencontre des

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