‹ Spectacles et comédiens: à ValenciaChapitre 10 sur 88 · CR: | DE · texte numérisé non relu

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monopole de ces réceptions ? Il est possible, mais ce n'est qu'une hypothèse. Ce qu'il y a de sûr, c’est que l'Hôpital, abusant de son privilège et voulant lui faire rendre un peu plus qu'il ne comportait, chercha noise à la dame Camps sur le loyer de son immeuble, et qu'il ne lui paya 15 livres par mois qu'après y avoir été condamné par un arrêt de la Royale Audience’. Après celte escarmouche, laccord se fit entre les deux parties, et l'Hôpital aura désormais recours aux S'antets aussi souvent que possible.

Cette annexe, à vrai dire, était toute voisine de la Olivera. Elle se trouvait en face l'église actuelle de Santo Tomäs, à côté de la petite chapelle placée sous le vocable de lAdoration des Rois: une légende très populaire dans la Valencia du seizième siècle s'était attachée aux statues religieuses que cette chapelle renfermait, et on les désignait du surnom famillier de es S'antets «les petits saints ». Des statues, la désignation était passée à la chapelle, et elle s’étendit jusqu'à l'édifice voisin, devenu un théâtre. Celui-ci devait être de dimensions sensiblement égales à celles de Ia Olivera : les recettes encaissées à lun et à l’autre, à tra-

vers bien des fluctuations, sont à peu près pareilles.

1. Libre e registre de la scriuania, à la date du 6 nov. 1584 : « .. que lo... clauari del dit ne done e pague a Anna camps quaranta cinch Iliures moneda de Valencia a e Ia degudes del loguer per tot lo temps que en sa casa, la qual te prop los santets, ha representat Cisneros, farcero, a raho de quinze Iliures cascun mes, en pagar lesquals lo sindic del dit spital general es stat condepnat per lo molt magnifich miser Joan perez de banyatos, doctor de la real audiencia. » Je ne sais comment D. Manuel Calvo v Pelarda a pu écrire (Revista de Valencia, HT, 121) que les Santets appartenaient à l’'Hôpital, qui y exploitait un jeu de quillés. Le document précité détruit absolument son affirmation, qu’il n’appuie d’aucune référence.

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Il avait, par contre, le désavantage de n’avoir pas été construit spécialement en vue de sa nouvelle destinalion, Aussi n’y trouvait-on pas plusieurs catégories de places. Une seule porte, par laquelle passaient tous les spectateurs, quel que fût leur sexe”. La porte une fois franchie, pas d’autres privilèges que des chaises pour ceux dont la bourse pouvait supporter un supplément de dépense; les loges faisaient défaut, et c’est seulement sur le tard qu’on en disposa une, qui ne paraît pas avoir été souvent occupée.

L’insuffisance de cet aménagement assura à la Olivera la prééminence sur les Santets. C’est elle qui est en quelque sorte le théâtre officiel. Quand on trouve mention, dans les documents contemporains, de la casa de les comedies ou de la casa de les farces sans plus de précision, 1l s’agit toujours de la Olivera, jamais des Santets, On ne les utilise qu’en seconde ligne et comme un pis-aller. Si donc la Olivera a souvent été en pleine acüivité alors que les Santets restaient clos, il n’est presque jamais àrrivé que les Santets se substituassent à la Olivera. Les représentations se donnaient ou bien à la Olivera seulement, ou bien à la Olivera et aux Santets à la fois. À peine (rouve-t-on en novembre 1591 une exception à cette règle : Rivas, qui en compagnie de Rios jouait à la Olivera depuis le 16 de ce mois, passa brusquement le 25 aux Santets, où il demeura le 26 et le 27. Le 28 et le 29, il chôma, et le 30 il reprit posses-

1. Voici, par exemple, comment le 16, juin 1590 le Livre de Trésorerte enregistre la recette des Santets : € A 16 de dit [Juny] de la cassa dels Santets L 6, S 16, D >, ço es del porta dels homens y dones L 6, S 6, D 2, cadires L —, $ 10. D —., ques tot L 6, S 16, 1DOEE)

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sion de la Olivera, où sans doute on avait procédé en son absence à quelque réparation urgente. Au surplus, il n’était point fréquent que les deux théâtres rivalisas- ‘sent l’un avec l’autre : les registres de l'Hôpital permettent de constater que, depuis 1584 jusqu’à l’année 1600, ce double emploi se produisit seulement neuf fois, et encore faut-il ajouter que dans chaque cas la durée en était extrêmement courte; elle se réduisit une fois à un seul jour et dépassa très rarement trois mois".

La troupe reléguée aux Santets montrait un singuher empressement à passer à la Olivera, dès que celle-ci avait été abandonnée par ses locataires antérieurs ainsi firent par exemple, ên novembre 1585, les Italiens, qui, après une saison d’un mois et demi aux Santets, se transportèrent à la Olivera le jour même où, par le départ de la troupe rivale, elle devint disponible. Il arrivait même (tant étaient marqués les avantages de la Olivera!) que les comédiens des Santets s’entendissent, au prix de quelques sacrifices, avec ceux de la Olivera pour occuper, ne fût-ce que quelques jours, le théâtre objet de leurs convoitises, En avril 1589, Quirés était installé à la Olivera et Osorio aux Santets : Quirés, du 13 au 16, chôma ainsi que sa troupe, et Osorio profita de ce délai, malgré sa brièveté, pour donner quatre représentations à la Olivera « en vertu d’un accord

1. Les dates où les Santets furent occupés par une troupe dramatique en même temps qu’une autre troupe jouait à la Olivera, sont (avant 1600) les suivantes : 8 juillet 1584-16 octobre 1584 (Cisneros); 23 août 1585-fin septembre 1585 (les Italiens); quelques journées entre le 1er juin et le ier novembre 1586; 4 février 1589- 17 avril 1589 (Osorio); 10 juin-24 juin 1590; 15 juillet 1590, une seule représentation (Salcedo) ; 6 juillet-5 août 15g1; 17 octobre- 12 novembre 1592 (Girones) ; 8-26 avril 1597 (Heredia).

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