‹ Spectacles et comédiens: à ValenciaChapitre 12 sur 88 · AT RUE · texte numérisé non relu

AT RUE

raz et Mudarra, au lieu de disposer chacun d’un théâtre, jouent l’un et l’autre à tour de rôle à la Olivera. Enfin, en avril 1618, les Santets passèrent pour plus d’un an au pouvoir de l'Hôpital; celui-ci les entoura alors de soins que jusque-là il ne leur avait pas prodigués; des travaux d’appropriation y furent faits et des représentations y eurent lieu avec une extrême régularité. Mais, une fois de plus, l'excès de la prospérité dissimulait une ruine prochaine. Si les Santets réunissent maintenant l'unanimité des amateurs de spectacles, c’est que, temporairement, la Olivera n’existe plus: : on la reconstruit sur le même emplacement avec un luxe et des proportions telles qu'aucun local ne pourra désormais riva- . liser avec elle.

Depuis longtemps déjà, on préparait ceîte entreprise. Dès l’année 1597, l'Hôpital créa, sous le titre de Fébrica y obra nova de la casa de les farses de la Olivera, une direction des travaux, qui comptait au moins un employé, Francisco-Miguel Ortiz, au salaire quotidien de cinq sous. En fait, rien de considérable ne fut tenté avant 1617. À cette date, l'Hôpital acheta les maisons voisines du théâtre, de façon que, disposant du terrain à sa guise, il pût donner à la salle de spectacle et à ses dépendances des dimensions moins réduites. Le premier achat, conclu le 26 mai 1617 par-devant le notaire Gaspar Palavicino, portait sur la maison de Palguacil Pedro- Pablo Noguera et sur le jardin y attenant, où se trouvait lolivier fameux d'où le quartier avait reçu son nom. Maison et jardin accueillaient habituellement une société plus joyeuse que discrète, d'autant plus empressée à s’y réunir qu'elle était assurée d’y trouver bon

vin, bon gîte et le reste. Entre la nouvelle propriété de l'Hôpital et le théâtre, il restait deux maisons, dont les propriétaires se firent’ longtemps solliciter avant de céder, même à bon compte, leur misérable domaine. Ils capitulèrent enfin, et leur consentement donna la possibilité, depuis longtemps escomptée, de substituer au corral démodé un théâtre entièrement nouveau.

La reconstruction, décidée dès le carême de 1618 et commencée seulement au mois d’août, ne dura même pas une année. Le programme des travaux en prévoyait l'achèvement pour le 1°" janvier 1620; en réalité, dès le 23 juin 1619, veille de la Saint-Jean, le comédien Riquelme inaugura le nouveau théâtre par une représentation dont la recette fut particulièrement fructueuse”; on gagnait plus de six mois sur les prévisions. Pareille célérité faisait autant d'honneur aux ouvriers, qui en furent récompensés par une gratification exceptionnelle*, qu'aux administrateurs de l'Hôpital, qui avaient tracé le programme de cette réfection et en surveillèrent l'exécution.

Leur premier soin avait été de dresser le plan et le devis de l’édifice nouveau; c'était au total une série de quarante-sept articles précis et méticuleux. Les administrateurs les approuvèrent par-devant notaire le 5 mai 1618, et sur leur texte, arrêté ne varieturi,

1. Livre de Trésorerie, année 1619-1620 : « À 23 de Juny [1619] comença à representar Riquelme en la casa noua y rebe del ques trague en dita jornada trenta una Iliura [sic], tretze sous, ço es Porta major 20. Q. 2, dones 1. 17. 4, cadires 3. 6. 6, aposentos 6. —. —, [Total : |] 31. 13. —. »

2. Décision du Conseil d'administration de l'Hôpital, en date du 3 juin 1619.

3. PATR. Miguel-Jeronimo Chorrutta, 1618. Le cahier des charges, qui est inséré parmi les minutes sans en faire partie intégrante,

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