‹ Spectacles et comédiens: à ValenciaChapitre 13 sur 88 · LL · texte numérisé non relu

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on procéda à une adjudication en spécifiant que l’on uiendrait compte, pour le choix de l’adjudicataire, à la fois du plus fort rabais et du plus court délai. L'Hôpital se réservait de traiter lui-même directement, aux lieu et place des constructeurs, pour lachat des matériaux ou même d'utiliser les déchets de la démolition. Le 20 juillet, Pedro Verdet et Antonio Sanchis, domiciliés à Moncada, obtinrent la fourniture des briques et des tuiles, la rajola prima a raho de quatre lliures lo miller, la rajola grossa a raho de cinch lliures y quinse sous lo miller, y los taulellets a raho de set lliures y quinse sous lo miller. Le 22 août, on signa le contrat pour la démolition et le terrassement ; le 23 août, pour la charpente et la menuiserie; le 25 août, pour la fourniture de la chaux. Ces mesures de préparation une fois prises, on se dépêcha de faire place nette; on déMolit toutes les maisons et murailles qui encerclaient la salle de spectacle, sauf la muraille qui allait du côté de la place de la Olivera, car elle paraissait assez robuste pour être utilisée dans Pédifice nouveau, et sur ce terrain impitoyablement dégagé on commença à construire.

La construction ne comportait pas seulement une salle de spectacle, mais tout un ensemble de maisons destinées l’une au gardien, l’autre à des locataires de bonne volonté. L'idée d’édifier un théâtre qui ne fût que cela n’était venue à personne. On aménagea donc du mieux possible les maisons en cours de construction, on les pourvut de toutes les coses necessartes, es a saber

s'intitule : Capilulaçio del modo y orde que se ha de tenir en Jfabricar la casa de les comedies conforme les traçes fermades per los SSrs. Administradors del Espital (reneral. Tous Îles détails qui suivent sont empruntés à ce document.

escales, caragols, chimenees, mais on eut soin d’en combiner l'emplacement de façon qu’elles laissassent au milieu d'elles une grande cour : c'était ici le théâtre proprement dit. Le pâté de maisons qui lentouraient, | avait deux façades principales, l’une sur la rue de la Comédie, l’autre sur la place de la Olivera. De ces façades on soigna particulièrement la construction; au lieu de briques, la pierre fut employée pour les angles, pierre de Ribarroja du côté de la place, pierre de Godella de l’autre côté, et on réserva un emplacement sur la Olivera pour un écusson aux armes de la cité ou aux armes de Hôpital.

Le théâtre lui-même était divisé en trois parties : la scène, la salle, les galeries. La salle et les galeries étaient désignées dans leur ensemble par un seul mot : ochavo, qu'il ne faut pas traduire par octogone et qui correspondrait plutôt à l’hémicycle de nos salles de spectacle. Un plan du théâtre de la Olivera, fort sommaire et mal tracé, est inséré dans un ivre de compte de l'année 1678, que l’on conserve aux archives de l'Hôpital. Il montre avec netteté que l'édifice élevé en 1618 n'avait ni la forme d’un octogone ni celle d’un demi-cercle, mais bien celle d’un rectangle dont la scène occupait un des petits côtés. Ce rectangle était inscrit dans un autre rectangle plus grand, formé par les maisons de l’enceinte. Il y avait donc lieu de distinguer, d’une part le mur des maisons, d'autre part le mur du théâtre. Entre ces deux murs se trouvait une ruelle que l’on utilisait pour les dégagements, pour l’écoulement des eaux, pour éclairer et aérer aussi bien les appartements que

1. CF. plus loin, page 45, l'indication plus précise de ce livre.

ei) se

la salle de spectacle; si étroite, d’ailleurs, à certains endroits qu'elle n’empêchait pas les locataires de l'étage supérieur de passer de leur maison sur le toit du théâtre, .et 1l fallut prendre des mesures pour qu’ils n’assistassent point gratis à la représentation par les lucarnes de la toiture. De cette ruelle, sorte de puits dans lequel on marquait autant d’étages que dans les maisons limitrophes, une parüe était à ciel ouvert, Pautre partie était abritée par des constructions légères contre la pluie et les regards indiscrets'.

Dix gros piliers quadrangulaires constituaient l’armature du théâtre. Quatre d’entre eux, posés sur des fondations moins résistantes, ne s’élevaient pas plus haut que le premier étage des galeries. Les six autres se continuaient jusqu'à la toiture, dont ils supportaient le poids. Semblables par leur hauteur, ils 6ccupaient des emplacements très différents; 1l y en avait deux qui ‘étaient placés hors de l’hémicycle (ochavo), auprès de la scène qu'ils encadraient de leur masse; ils parvenaient d’un seul élan jusqu’au faîte et n’avaient pas d’autre mission que de le soutenir. Les quatre autres, encastrés dans l’hémicycle, servaient d'appui à la fois aux deux étages de galerie et à la toiture. En sorte que si la toiture reposait sur six piliers, dont quatre étayaient en même temps les galeries, les galeries de leur côté étaient soutenues vers le centre de Phémicycle

1. Capitulaçio, $ 23 : « lo [corredor] de les dones ab sos carrerons cuberts. » $ 15: « dexant tambe los descuberts dels carrerons com en lo. demes pera caure les aygues de la teulada major y: pera pendre Ilum y ayre en dits terrats. » Il s’agit ici du second ét age, celui des loges, tandis que le corredor de les dones était au premier étage.

ele par huit piliers, dont quatre prolongés Jusqu'à la toiture et quatre arrêtés au premier étage.

Exception faite pour les deux piliers situés hors de lhémicycle, qui se développaient sans accident depuis leur socle jusqu’à leur chapiteau, chaque pilier se fractionnait en plusieurs sections, du rez-de-chaussée à la première galerie, de la première galerie à la seconde, de la seconde galerie à la toiture. Les grands piliers avaient les trois sections au complet, les petits n’avaient que la plus basse. Sur la prémière section, les piliers, taillés en pierre de Godella, portaient un chapiteau de l’ordre toscan; ils avaient, chapiteau compris, une hauteur de 20 empans (— 418). On reliait entre eux les sommets des piliers au moyen de fortes poutres, formant ainsi une ligne parallèle à la muraille; puis, entre ces poutres et le mur, on posait toute une série de solives et lon prenait bien garde que les solives d'angle fussent plus résistantes que les autres. De ce réseau de solives on formait un étage ou galerie qui s’avançait comme une sorte d’auvent au-dessus de l’hémicycle et qui en suivait les contours.

Sur le sol de ce premier étage, on posait, dans le prolongement des précédents, quatre piliers d’une hauteur de 11 empans (= 2299"). Ils soutenaient le plafond de la première galerie et le plancher de la seconde. Ils avaient eux aussi leur chapiteau de l’ordre toscan, mais la pierre de Godella, trop onéreuse, avait été remplacée, pour les construire, par de la brique mêlée de ciment. Ils se continuaient du second étage jusqu’à la toiture, toujours surmontés d’un chapiteau et hauts cette fois de 12 empans (= 2588),

Au total, lhémicycle, dans sa partie extérieure, offrait

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deux étages de galeries : le premier étage, élevé à plus de /} mètres au-dessus du rez-de-chaussée, était luimême fort bas et écrasé, puisqu'il ne dépassait guère 2 mètres de plafond. Le corredor de les dones, où galerie des femmes, en occupait au moins une partie, sinon la totalité. Des bancs en bois le garnissaient, sur lesquels les spectatrices s’installaient tant bien que mal.

2 Cuberta COUPE 1° Cuberts

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