‹ Spectacles et comédiens: à ValenciaChapitre 24 sur 88 · Auellanas. 6. Suplicaciones, barquillos · texte numérisé non relu

Auellanas. 6. Suplicaciones, barquillos

. Piñones mondados. 7. Agua de anis, Caualleros,. . Peros de Aragôn. 8. Aloxa de nieue fria.

. Turron. 9. Datiles de Berberia ».

. Membrillos.

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même que le gardien-chef se soit réservé cette dernière fonction, mais lun et l’autre ne réclamaient leur dû qu'aux spectateurs déjà en place et après le commencement de la représentation. Pour les chaises au moins, cette pratique est attestée par un texte formel, qui nous reporte à la mort de la reine : lorsque la nouvelle en parvint à la Olivera, le spectacle était déjà ouvert et la recette était acquise pour le parterre, les loges et les balcons des femmes. Seuls les spectateurs des chaises n'avaient pas encore payé, et le deuil officiel, proclamé sur-le-champ, leur évita de débourser le moindre denier sur la part due à l'Hôpital”. On accordait aux spectateurs de marque, dont la solvabilité était certaine, cette faveur de ne pas les arrêter à l’entrée et de ne faire valoir qu'après coup la créance qu’on avait sur eux. Gardien-chef et bas officiers, presque tous appartinrent pendant longtemps, au théâtre de la Olivera, à une même famille dont le nom mérite pour bien des raisons d’être pieusement recueilli. En 1584, lorsqu'il se trouva propriétaire d’un théâtre, l'Hôpital sentit la nécessité d’y placer un homme de confiance. Il fit choix d’Alonso Maluenda, dont il avait déjà éprouvé les services pendant la durée des travaux, et il lui concéda au rez-dechaussée un logement de deux pièces”. Maluenda ne s’y

1. & À 9 [de octubre 1611] Re de la Comedia 13. 2. 4. ço es porta major 11 D 14 S —, dones y aposentos 1 S 8 D 4. no y hague cadires per Ço que sa Ex mana escomençada la comedia que no representassen per la mort de la Reyna nuestra Señora, y nos cobraren les cadires. »

2. Los dit molt Rnt, y molt maghs. Administradors del Spital general de la ciutat de Va. aiustats en sitiada en dit Spital, Altes e considerat que Alonso maluenda ha fet molts serueys al dit Spital mentres ha durat la fabrica y obra de la casa de les farces, E per que tenen rela-

HUE installa point seul. Pénétré de l'esprit de famille à un degré envahissant, il manœuvra pour que les bas offices du théâtre fussent confiés à ses proches. Sa femme, Francisca Gomiz y de Maluenda, se spécialisa dans la perception du prix des loges. Alexos et Elisabet-Joan Maluenda l’assistaient scrupuleusement et allaient au besoin relancer jusque chez eux les locataires des loges ou des chaises qui tardaient trop à s'acquitter. Mais ce fut surtout le fils aîné, Jacinto-Alonso Maluenda, qui partagea el sut même accroître le prestige paternel. Jacinto obtint la survivance de la charge. Encore qualifié d'étudiant en 1619 (Alonso était déjà mort en 1615), il porte officiellement en 1627 le titre de gardien-chef du théâtre, que son activité fructueuse autant que les services rendus par son père lui avaient mérité. Enfant de la balle, élevé dans tous les secrets du métrr, comment Jacinto Maluenda n’aurait-11 pas commis quelques essais dramatiques? 11 composa au moins quatre comédies, dont les titres seuls nous sont parvenus, une pièce historique, £{ sitio de Tortosa, une pièce religieuse, La Madalena, et deux pièces d’hagiographie locale, San Luis Beltran, Santo Tomüs de Villanueva. Hélas! le succès bouda Jacinto-Alonso, et il s'en prit... à ses interprètes. Dans une de ses œuvres”, il a imaginé une conversation entre honnêtes gens sur ce thème

cio que mentres y ha hagut farces en la present ciutat lo dit alonso maluenda ba procurat lo benefici del dit Spital y per la intelligencia que te en dites coses et als per altres bons e justes respectes tots concordes proueheixen estatge e habitacio al dit Alonso maluenda present y acceptant en la dita casa que nouament se ha obrat pera les farces situada al vall-cubert per tot lo temps de la vida de aquell en dos apartaments baxos que y ha en dita casa de les farces... 1. Bureo de las musas, vers la fin.

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que les comédiens sont d’étranges animaux, proprement des geais parés des plumes du paon; tout leur mérite est usurpé à l’auteur dont ils déclament les vers; le plus neutre des objets, le miroir, leur est supérieur en ce que, tandis qu'il reflète les originaux, il ne les déforme pas. Tant de sévérité chez un familier des comédiens dissimule à coup sûr une rancune d'auteur sifflé Les lauriers du romancier consolèrent le dramaturge. La Cosquilla del qusto', le Bureo de las Musas”, le Tropezon de la risaÿ témoignent d’une verve facile et allègre, dont l’amertume, quand d'aventure elle transparaît, ne s’attarde pas en doléances oiseuses. L’humble préposé au service du théâtre était devenu auteur; mais je ne sais ce qui contribua le plus à sa notoriété, de ses livres ou de la direction qu'il exerçait à la Olivera.

Les divertissements dramatiques réunissaient un public à la fois nombreux et choisi. L'élément officiel n’y: manquait pas; les Jurats ou échevins, occupaient fréquemiment une loge, et le 20 Janvier 1615, ils ordon-

1. La Cozquilla del qusto, Valencia, por Sylvestre Esparza, 1629 (cité par les traducteurs espagnols de Ticknor, t. III, p. 530).

2. Bureo de las Musas del Turia en prosa y en verso... Año 1637, en Valencia, por Miguel Sorolla menor (B. N. M. R 4622). Dans ce roman, la Muse de Lisdauro récite une Sétira distendo quantos modos de mujeres pediqueñas encterra la corte. L'assistance adresse à la Muse des compliments, et l’auteur remarque que, si la Muse avait récité ces vers dans son pays natal, ils auraient été moins appréciés, car nul n’est prophète en sa cité. Décidément, Maluenda n’oubliait pas le mauvais accueil réservé à ses pièces par ses compatriotes.

3. Tropezon de la risa. Compuesto por Jacinto Alonso de Maluenda natural de la ciudad de Valencia. Valencia, por Sylvestre Esparza. s. d.[Salvä, Catälogo, 1, p. 182, no 436].

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naient qu'on payät au comptable de l'Hôpital une note de 2 livres qui était en retard de plusieurs jours. La noblesse la plus titrée se disputait les meilleures « fenêtres ». Le marquis de Fromita en 1612, la comtesse de Anna en 1614 en possédaient une jalousement, et à toutes, derrière le grillage, se laissaient entrevoir de pompeux atours, de gracieuses silhouettes, dont le visage, obstinément anonyme, se dissimulait, le treillis une fois abaissé, derrière un masque de velours". Les hommes ou bien accompagnaient dans une loge la dame de leurs pensées, ou bien se réunissaient entre eux dans l'enceinte des chaises. Un heureux hasard a conservé la liste des abonnés aux chaises, ou cadires, pour l’année 1628 1629. Rien ne nous renseignera plus exactement sur la qualité des spectateurs que la lecture de cette liste :

Procehit de les cadires de la comedia donades a particulars a 1. S 4. D— cascuna”.

Po a D. Franco Carros, vehedor Aurelio Nauarro.

de la costa. D. Gaspar Mathias Juan.

Don Fran‘ Sapana. D. Sebastian de Montenegro. D. Juan Pardo de la Casta. D. Gaspar de Borja. D. Luys Sorell. D, Balthazar Ladron,.

Vitorino Bonilla. D. Vicent Masco.

D. Jacinto Aguilar. D. Joachim de Aguirre.

D. Balthasar Mercader. D. Estacio March.

Juan Batte Marti de Ventimilla, D. Franco Ferriol. Don Pedro de Rojas. Monserrat Cruilles.

D. Carlos Juan de Torres. D. Gaspar de Romani. Franco Bayarri. D, Jaume Mila.

Mr Robles. D. Galceran de Castellui.

D. Manuel Viues. D. Diego Sans.

1. G. de Castro. Los mal casados de Valencia, acte IT. 2. Libre major de conte y raho del espital general del any 1628 en 1629. Fol. 80.

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D. Carlos Cruylles. Vicent (razull.

D. Joan de Brizuela. Dor Matheu.

Sebastia Coscolla. D. Pablo Sisternes.

Feliciano Soler. D. Diego Vich.

Vicent Assor. Frances Mallent.

Juan Roure. D. Laudomio Mercader.

Don Luis de Monsoriu. D. Remigio Sorell.

Don Juceph Monsoriu. D. Ramon Sans major Pedro de Caspe. D. Alonso de Polan.

D. Galceran Mercader. Battiste Ricart,.

Mr Enrriques de Montaluo. D. Geroni Viues.

Doctor Lopez preu. D. Pedro Sans.

Minuarte. Bruno Muños,

D. Cristofor Villaza. Geroni Audinet.

Mr Matheu Rejaule.

Toutes les catégories sont représentées dans cette énumération. La noblesse de robe y voisine avec la noblesse d'épée : voici, d’une part, Micer Matheu Rejaule, qui était un magistrat de la Royale Audience, puis ces laborieux tabellions de Sebastiä Coscolla et de Vicente Gazull, puis le probe Francisco Bayarri, qui a présidé si longtemps à la comptabilité de l'Hôpital. Voici, d'autre part, D. Francisco Garros, affilié à la milice qui assurait la sécurité du littoral contre les incursions des pirates, et la famille largement représentée des Mercader, D. Baltasar, D. Galcerän, D. Laudomio, frères ceux-là et fils celui-ci du comte de Buñol, qui se préparait, loin des agitations profanes, à une mort édifiante. Voici enfin — et ce n’est point le moins remarquable de nos abonnés — un prêtre, docteur en droit canon, dont le caractère sacerdotal s'affirme hardiment sur la liste, aussitôt après son nom de Lopez, comme pour en relever l’insignifiance. Bel auditoire, en vérité, que celui où, parmi cinquante-six habitués, il n’y en avait pas moins de trente-cinq qui eussent droit à se parer du Don nobi-

liaire, qu'une flagornerie maladroïite n'avait point ‘galvaudé en ce temps-là comnie au nôtre.

Le troupeau anonyme du parterre et du balcon des femmes ne nous intéresse point par la qualité de ses individus : pauvres gens venus des quatre coins de Ja cité, voire des faubourgs de Ruzafa ou de la Zaidia, désœuvrés d'un jour ou flâneurs invétérés, pour lesquels le spectacle était l'honnête récompense d’un travail consciencieux, Ou, au contraire, le prétexte toujours prêt d’une paresse incurable.

À peine entrés, les gens du parterre entamaient de bruyantes conversations. Ils commentaient l’aspect de la salle, défendaient leur actrice favorite, et lorsque enfin l’impatience les gagnait, ils criaient à plein poumon dans la direction de la seène : « Commencez ! Commencez ! ; Salgan! Salgan ! » D’autres spectateurs montraient plus de délicatesse et savouraient en connaisseurs le plaisir de la comédie. Vélez de Guevaràä a tracé une plaisante silhouette de deux d’entre eux qu'il avait pu observer à la Olivera. Il s’agit d’un respectable vieillard à demi aveugle et d’une bonne vieille aux trois quarts paralysée. Chaque matin, le vieillard se rendait aux abords du théâtre. Incapable par sa courte vue de déchiffrer l'affiche, il s’exposait aux lazzis de lafficheur auprès duquel il prétendait se renseigner. L'heure venue, il allait atiendre sa compagne à la sortie du sermon. Avec mille prévénances, il la conduisait à la Olivera et linstallait au balcon des femmes; lui-même se plaçait au parterre jusqu’au moment où la dame, ayant pris sa part de la fête, le hélaïit à travers le théâtre d’une voix encore vigoureuse : « Hôla ! Oñez, venez me reconduire à la maison.

J'y vais, j'y vais, madame. » La fable

LE MAO U de lAveugle et du Paralylique était une réalité parmi les clients de la Olivera ”. *

Quel que fût le pittoresque de ces associations, où deux misères se procuraient réciproquement la consolation du spectacle, c’est plutôt la quantité des spectateurs que nous voudrions connaître, et, 1] faut Pavouer, nous ne sommes pas armés pour l’apprécier rigoureusement. Feuilletons cependant les livres de comptes de l'Hôpital : nous y trouvons d’année en année le total des sommes que les représentations théâtrales faisaient entrer dans ses caisses. Les versements d’importance faits pour l'achat d’une loge ou d’une chaise n’y figurent pas, non plus que le prélèvement opéré par les acteurs. Les chiffres de ces registres n’expriment donc qu’incomplètement le mouvement de fonds que le goût croissant des spectacles avait provoqué à Valencia, mais par leur comparaison on peut prendre une idée de l’affluence que les salles de la Olivera ou des Santets recevaient chaque année :

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