‹ Spectacles et comédiens: à ValenciaChapitre 26 sur 88 · ER · texte numérisé non relu

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voilé, tout cela a fait de ces trois années 1599 à 1607 le moment unique où Valencia, fière de son passé, insoucieuse de son avenir, dépensait sans compter le tropplein d’une nature opulente, Le théâtre, comme tous les autres éléments qui concouraient à la vie de la cité, a eu sa part de cette exubérance. Après cet éclair, les ténèbres tombèrent, puis s’épaissirent; il faut désormais une circonstance exceptionnelle pour que la décadence s'arrête momentanément. En 1608-1609, les fêtes en l'honneur de Saint Louis Beltran provoquent à Valencia de nombreux pèlerinages et amènent au théâtre un regain d’affluence; mais, dès l’année suivante, l'expulsion des morisques et les ruines qu’elle accumula sur le royaume de Valencia, firent tomber les bénéfices du théätre à un chiffre auquel, sauf l'accident de 1606-1607, ils n'étaient pas descendus depuis longtemps. En 1619, l'ouverture d’un nouveau théâtre, plus spacieux et mieux aménagé, suscite chez les Valenciens un mouvement de curiosité qui ne se maintint pas au-delà d’une année. Les temps héroïques de l’art dramatique à Valencia s'éloignaient déjà dans la brume du passé. On perdait la tradition et le goût du spectacle; était-ce pour en avoir abusé ? Aucun danger qu'on y renonçât complètement; il était simplement arrivé ceci que d’un besoin le divertissement théâtral était devenu une habitude. On y sacrifiait donc avec plus de régularité, mais avec moins d’empressement, et de là vient que les recettes se maintiennent désormais à un niveau moyen, sans ces alternatives d’engouement ou d'abandon, qui sont la marque d’une passion encore jeune.

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