‹ Spectacles et comédiens: à ValenciaChapitre 38 sur 88 · Pérez Pastor, Nuevos datos.…., p · texte numérisé non relu

Pérez Pastor, Nuevos datos.…., p

bientôt la série des représentations, et lorsqu'elles reprirent après Pâques, il devint manifeste que le public ne resterait pas longtemps fidèle. Alors Guevara se souvint fort à propos de son ami Pedro de Ocaña, qui habitait Murcie et dont les prétentions sur le chapitre du courtage seraient sans doute raisonnables; le 19 mai 1615, il fit dresser, par-devant Miguel Jerônimo Chorrutta, une procuration en faveur d'Ocaña pour traiter avec les autorités de là-bas, et le 8 juin, il se mit en route pour Murcie, résolu à y gagner de nouveaux lauriers et la pitance quotidienne.

On peut s'étonner que dans les villes comme Valencia, Murcie, Séville, Barcelone, Saragosse, où les troupes nomades se succédaient à brefs intervalles, il ne se soit pas créé une agence permanente, qui aurait servi d’intermédiaire entre comédiens et théâtre. Ellé n’aurait pas manqué de besogne : il fallait, en l’absence des intéressés, non seulement conclure les engagements avant leur arrivée, mais encore après leur départ percevoir les sommes qui leur restaient dues, payer les dettes qu'ils avaient laissées, bref liquider leur situation. Le 21 mars 10624, Roque de Figueroa et Mariana de Olivares, son épouse, résidant pour lors à Valencia, profitent du voyage qu'un Valencien entreprend à Murcie pour Île charger de recouvrer là-bas 2.700 réaux; ceux-ci leur sont encore dus sur les 3.000 réaux que la cité de Murcie s’est engagée à leur payer d'avance comme prix des « représentations et autos, que Figueroa avec sa troupe donnera pour la prochaine Fête-Dieu " ». Une telle créance n’aurait-elle pas eu moins de chances d’être protestée si

1, Parr, Minutes de Lorenzo Villareal,

un agent d’affaires, non un ami complaisant, s'était chargé de la faire valoir? A Valencia, chaque fois qu’apparait un fondé de pouvoirs de quelque troupe comique, c’est toujours un nouveau venu qui se présente à nous. Il est manifeste qu’il n’y avait pas, en pareille matière, un spécialiste connu de tous les intéressés et servant la cause de tous.

Aux troupes qui n'avaient point sur place un ami ou qui ne pouvaient s’y faire recommander à personne, restait la ressource des « occasions », c’est-à-dire des parents ou des amis qu’un hasard faisait passer par Valencia. Voici, par exemple, Alonso de Morales qui entreprend un long voyage sur la côte levantine; Juan de Morales Medrano, chef d’une troupe nomade, lui envoie une procuration, datée de Yepes le 31 août 1619, et le charge de s’aboucher dans les villes de son itinéraire avec les propriétaires de théâtre. Bien lui en prit, car, le 17 décembre 1619, Alonso de Morales signe à Valencia avec le caissier de l'Hôpital un traité" qui met la Olivera à la disposition de la troupe depuis le .10 août 1620 Jusqu'au Carnaval de 1621. Les comédiens se tenaient à l'affût de toutes les aubaines de ce genre, et si d'aventure quelque personnage d’importance consentait à prendre charge de leur intérêts, c'était une bonne fortune qu'ils ne laissaient pas échapper. Don Guillén de Castro a passé à Madrid presque continuellement les dernières années de sa vie; un accès de nostalgie le ramena à Valencia vers le milieu de l’année 1624, et il revint avec son prestige d'homme bien né et d’auteur acclamé. La faveur dont il jouit ne rejaillira-

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