Hose., Francisco Läzaro Jusep
Peut-être avait-il profité des loisirs de Carême pour renouveler en tout ou en partie son personnel; il était d’une prudente administration de s'assurer qu'il n'avait point visé à l’économie au détriment de la qualité". Le souci du bien public absolvait la curiosité coupable de ces bons administrateurs.
L'institution des journées de bénéfice, bientôt remplacées par l'octroi d’une subvention, marque de la part de l'Hôpital en faveur des comédiens une concession d'importance. Parallèlement à celle-là, il leur en accorda une autre, non moins onéreuse : il leur consentit des prêts. Les avances d'argent étaient ce qui manquait le plus aux comédiens. Il fallait cependant qu’ils disposassent d’une somme relativement considérable pour leurs frais de route, et ils n'auraient point réussi le plus souvent à rallier Valencia si PHôpital, dont aussibien c'était manifestement l'intérêt, ne s’était transformé en prêteur, un prêteur qui prenait ses précautions et se constit{uait avec les gages reçus un vrai fonds de boutique d'usurier. Lorsque par lintermédiaire d’un sergent recruteur ou par celui du voiturier chargé du transport, il faisait remettre la somme econvenue aux comédiens
1. Parr., Luis Cetina, 8 mars 1626. « Ittem ha sido concertado que el dicho olmedo haya de dar y de muestra a los dichos señores administradores de su compañia en la cassa de la comedia o en lugar donde a los dichos señores administradores pareciere. — Ittem ha sido tratado y concertado que si dada la muestra de su compañia por el dicho olmedo a los señores administradores y dando gusto en ella tengan obligacion de darle al dicho olmedo dos mil reales graciosamente desta manera : mil reales el dia que diere muestra de su compañia y los otros mil dentro de diez dias. — Ittem ha sido tratado que los dichos señores administradores y clauario no esten obligados a dar al dicho olmedo ningun dia para el solo, pues ya le dan los dichos mil reales, »
sur le point d'entreprendre le voyage de Valencia, il exigeait que des garanties lui fussent données, lesquelles étaient soit la caution d’une personne honorable, soit le matériel, vestiaire et répertoire de la troupe. Combien y a-t-il dans les minutes des notaires valenciens de ces pitoyables inventaires, où se montre dans toute sa misère l’'humble avoir de ces comédiens, divinités ou princes sur la scène, gueux et goussepains dans la réalité quotidienne! Que leur dette ait été contractée avant ou après leur arrivée à Valencia, il suffit que leur insolvabilité soit constatée ou seulement soupçonnée : c’est aussitôt la mainmise sur ces hardes, sur ces manuscrits graisseux qui sont les instruments de leur travail. La saisie conservera son effet aussi longtemps qu'il sera nécessaire ; Roque de Figueroa! reprit possession, le 11 décembre 1630. de vêtements qu’il avait engagés le 28 février 162% pour couvrir un prêt de 200 livres. Les magasins et annexes de la Olivera devaient ressembler en quelques endroits à un mont-de-piété.
Dans les premiers temps où il exploitait le théâtre, l'Hôpital semble n’être pas intervenu dans les affaires financières des comédiens. Ceux-ci font des dettes, en vertu d’une tradition qui semble ancienne dans la corpo- “ation, mais leurs ‘créanciers sont, par exemple, un traitant, Baltasar Sänchez, auquel Abagaro Francisco Baldi reconnaît devoir 800 réaux castillans”, ou le discret Ramén Florença, pharmacien, qui a remis 460 réaux castillans à Alfonso de Cisneros®. Il y a même des raisons de soupçonner que des emprunts étaient contractés