‹ Spectacles et comédiens: à ValenciaChapitre 58 sur 88 · Ibid., t. X, p. 250 (document publié par Pérez Pastor · texte numérisé non relu

Ibid., t. X, p. 250 (document publié par Pérez Pastor

3. Cf. Cotarelo, Controversias sobre la licitud del teatro en España, Madrid, 1904, et Rénnert, op. ert., ch. xur.

mesures prohibitives ou vexatoires; et il n’est pas sans intérêt de constater que, si Valencia y échappa, Îles régions voisines n’en furent pas indemnes. Non loin de Teruel, dans ce massif dont les rudes montagnards avaient jadis et ont encore par la vallée du Turia tant de relations avec les cultivateurs de l’opulente Auerta, s’abrite la petite ville d’Alcalä de la Selva”. Les troupes nomades la visitaient à la fin du serzième siècle, et l’autorité épiscopale prétendit y mettre bon ordre. Elle rendit, le 6 octobre 1592, une ordonnance dont les registres paroissiaux ont conservé le texte. « Considérant l'abus qu'il y a dans cette ville et autres villages voisins de représenter des farces, comédies et autres spectacles indécents, déshonnêtes et parfois entachés d’erreurs, pour ces raisons l’Inspecteur diocésain décide que, sous peine d’excommunication majeure, personne ne sera admis à représenter farce ou comédie sans que celle-ci ne soit auparavant approuvée par Sa Grandeur ou ses assesseurs, ou par ceux commis à cet effet, quand bien même elle aurait déjà été jouée ou imprimée ailleurs. » La menace d’excommunication sera portée en temps opportun à la connaissance des comédiens ; et s’ils passent outre, on n’hésitera pas à les exclure des sacrements, dont ils ne pourront s'approcher à nouveau, après pénitence faite, qu'avec une autorisation spéciale

1. Alcalä de la Selva est située à l’est de Teruel, dans la haute vallée du Mijares, au pied et au sud de la Sierra de los Monegros, dans le royaume d’Aragon. Or, au témoignage de Jerbnimo de Alcalä Yaäñez dans son roman Alonso, mozode muchos amos (Barcelona, 1625) lusage de soumettre aux autorités les comédies sur le point d’être Jouées subsistait encore en Aragon à la date de 1625, contrairement à ce qui se faisait dans le reste de la péninsule. (Cf. Schack, Lit. y arle dramätico en España..., 11, p. 282 de la trad. espagnole.)

de Sa Grandeur’. Voilà comment on en usait dans une obscure cité, que son obscurité même semblait protéger contre les excès du pouvoir. L'ordonnance dont on vient de voir les dispositions revendiquait pour l'Église un droit de contrôle et de veto sur le théâtre, aussi bien sur le théâtre profane que sur le théâtre religieux, et cela cinq années après le moment où, en conformité avec la sentence d’un Comité de théologiens, la représentation des comédies avait été formellement autorisée dans la péninsule?. La contagion de ce rigorisme se fitelle sentir à Valencia ?

En tout cas, on n’y ressentit pas le contre-coup des décisions contradictoires que lautorité royale prenait successivement au gré d’influences diverses. Le 2 mai 1598, au risque de ruiner les hôpitaux, une pragmatique royale proscrit pour une durée illimitée Ja représentation des comédies’; il n’en résulta pas à la Olivera une seule journée de chômage. En février 1600, une ordonnance précise les conditions dans lesquelles les spectacles maintenant rétablis devront être donnés‘;

1. Archivo parroquial de Alcalä de la Selva, Libro de visita pastoral, decreto n° 10 : « Item = attendido el abuso que ay en esta villa y otros pueblos circumvecinos de representar farças y comedias y obras representationes indecentes y deshonestäs y algunas veces erroneas, por tanto manda el dicho señor Visitador que so pena de escomunion mayor nadie sea ossado representar farça ni comedia alguna sin ser primero approuada por su señoria [lma. o sus officiales o de aquellos a quien estuviere cometido su examen y approuacion, haun que sean estampadas o recitadas en otras partes..…. » Daté du 6 octobre 1592.

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