‹ Spectacles et comédiens: à ValenciaChapitre 77 sur 88 · DU · texte numérisé non relu

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mois, était en panne à Valencia dans une piteuse situation. Le 16 octobre 1584, elle avait dû quitter les Santets où elle jouait depuis le 8 juillet et elle n'avait eu, à partir de ce moment, d’autre occupation que d’applaudir aux succès de Gaones à la Olivera'. Amère dérision pour des acteurs en rupture de théâtre! Pas un denier en poche et aucun espoir d’en gagner! Il fallut que Florença payât- les salaires de la troupe pour qu’elle pût enfin prendre son vol. Il remit au nom de Cisneros, et en grevant celui-ci d’une dette équivalente, 130 réaux à Diego Navarro, 330 réaux à Martin Aguirre (le même qui obtint de Florença un supplément particulier), 5o réaux à Bartolomé de Santillana et à Jerénimo Rodriguez”. Les comédiens empochèrent l'argent, et leur

1. Livre de Trésorerie, 1584-1585 : « Item a 16 de octe Sisneros en la casa del santets... Item a 18 en la casa de la Oliuera gaones comença a representar... » Les jours suivants, il n’y a jamais qu’une représentation par jour, donnée évidemment à la Olivera, et encore la série est coupée de quelques chômages. Mais qui donnait cette série de représentations? Cisneros ou Gaones? Gaones, à n’en pas douter ; sans quoi l’expression comença à representar employée à propos de lui le 18 octobre, n'aurait aucun sens. Tout au plus peut-on admettre que Cisneros obtint, à de rares intervalles, de monter sur la scène avec sa troupe à la place de Gaones.

2. Parr. Minutes de Francisco Jeronimo Victor, 18 novembre 1584 : « Ego, Aliphonsus de Cisneros, comicus siue comediarum auctor, oriundus et vicinus Toleti, nunc vero Valentie... repertus..…, confiteor, et in veritate recognosco vobis, discreto Raymundo florença, farmacopeo,.. me tenere a vobis in puram comandam et reale depositum quadringentos sexaginta regales castellanos quos pro me et me volente et consentiente dedistis et tradidistis personis sequentibus, hoc est Didaco nauarro centum triginta regales, Martino de aguirre trecentos triginta regales, Bar ROLE de santillana quinquaginta resales et Hieronymo rodrigues, comitibus et familiaribus meis. » Il y a une erreur dans ce document : 130 réaux à Navar ro, 330 à Aguirre, 50 à Santillana et 50 à Rodriguez, cela fait au total 560 réaux (et non 460, comme dit le texte).

directeur, au moins d’après les minutes notariales, ne donna d'autre garantie de remboursement que sa bonne volonté. |

Un chef de troupe n’empruntait pas indifféremment à toutes les époques de l’année. Le besoin l’en prenait surtout, comme une sorte de maladie périodique, au moment du Carême, et ce besoin était si prévu que dans certains contrats conclus entre l'Hôpital et les comédiens on en faisait état. Le 17 janvier 1625, Juan Martinez traite avec le trésorier de l'Hôpital pour soixante représentations, et le trésorier, de son côté, s'engage à verser aux mains de Martinez, le premier jour de Carême, 1.000 réaux à litre de prêl'. Cette avance à pareille date n'avait point seulement pour objet d’adoucir aux comédiens les rigueurs du chômage; elle visait surtout à mettre le chef de la troupe en état de renouveler son personnel par de nouveaux engagements. L’Hôpital avait tout intérêt à ce que les acteurs destinés à passer par la Olivera fussent triés sur le volet, et il facilitait cette sélection au directeur en lui ouvrant largement les réserves pécuniaires de la maison. En mars 1624, Roque de Figueroa obtint pour cet objet 100 livres que la Banque de Valencia lui paya au compte de l'Hôpital, et il déclarait lui-même dans son reçu que cette somnie était destinée « à réformer sa compagnie pendant le présent

Carême? ». [Il est clair qu’un directeur, qui entamait des

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