COMPOSITION DE QUELQUES TROUPES
Septembre 1581. Juan Jacome (de Ferrare), Juan de Âvila, Juan Bautista de Züñiga, Juan de Tapia, Alonso Guerra, Luis dela Fuente, Gabriel de Padilla, Juan de Vargas, Felipe Travers (de Milan).
Décembre 1581.. Francisco Osomo, Beatriz Hernändez y de Osorio.
Février 1582.... Marro pe SaLcepo (de Tolède), Nicoläs de los Rios, Melchor de Leon (de Valladolid), Mariana Ortiz y de Leon, son épouse, Juan de Biedura (de Cordoue), musicien; Alonso de Ribera (de Séville), Jeronima Carrillo y de Ribera, son épouse.
1. Parr. où Hosr, Minutes, déjà citées, des notaires aux dates correspondantes.
Janvier 1583.... ABaGarno Francisco Bazot, domicilié à Valladolid, Luisa de Aranda son épousé, Juan de Contreras, Luis Menéndez de Nobles, Pedro de Nobles, Cristobal de Herrera, Rodrigo Félix de Escalante.
Novembre 1584. ALoxso pe Cisneros, domicilié à Séville: Diego Navarro, Martin de Aguirre, Bartolomé de Santillana.
Août 1609...... TomÂs FErNANDEz, Ana Maria de la Peña, son épouse.
Décembre 160g.. AxDRÉs DE CLaramontE, doûa Beatriz de Castro, son épouse, Diego de Valdés, Alonso de Olmedo.
AVTINTPION RE ALonso pe HereDra, Maria de Rojas y de Heredia, son épouse, Francisco de Mudarra, Lucas Franco, Juan Acacio, Jeronimo de Culebras, Agustin Palope, Jaime Garcon, Nicoläs de Villanueva, Pablo de Olmedo.
18 mai 1617.... ALoxso Riquerue, Catalina de Valcazar, son épouse
(en mars 1617 était à Saragosse).
Mars 16°1:2, Pixepo, Andrés de la Lastra, Ana Palacios, épouse : dudit, Miguel Muñoz, Angela de Toledo, son épouse, Felipe Sänchez, Bernarda de Herrera, son épouse, Juan Jiménez, Tomas de Torres, Dieso Manuel de Alarcôn, Jerônimo de Cordoba, Alonso de Robles, Gines de Robles. 8
Décembre 162r.. JeroNiImo LôPez, Mieaela Lôpez de Varela, son épouse, Luis Lopez, fils du précédent, Angela de Corbella y de Lôpez, son épouse, Diego Varelo, Maria Lôpez, son épouse,
Mars AO EC Roque pe Fiaugro4, Mariana de Avendaño, son épouse.
Mars 026% 04 ALoxso DE OLmepo y ToriKo, Jerbnima de Ornero
y de Olmedo son épouse, Jeronimo Martinez, Juan de Campos, Juan Vicente Cucarella, Juan de Benavides, Pedro Muñoz, Antonio de Medina, Juan Matias, Juan de Montoro, Eugenia Osorio, Juana Valerio, Jacinta Contreras.
NAT T0 1, 00 José Pavia, Francisco Rodriguez, Alonso Caballero, Diego Lopez, Luis Gutierrez, Julio Vaquedano, Diego Tomas, Esperanza Repol. ù
Pour incomplet qu’il soit, ce tableau nous révèle que les troupes se composèrent d’un plus grand nombre d'acteurs à mesure qu’on avança en date. Juan Jacome, en 1581, n'engage que huit acteurs et pas une seule actrice, quoique d’ailleurs le cas de Osorio en 1581, celui
de Salcedo en 1850 attestent à la même époque la présence de l'élément féminin dans les compagnies nomades. Quarante années plus tard, on est passé pour une seule troupe de neuf à quatorze ou treize personnes, parmi lesquelles il y a invariablement quatre actrices. Les progrès de l’art dramatique ont abouti à multiplier proportionnellement le nombre de ses interprètes.
Plus une troupe comprenait d'acteurs, plus il devenait difficile de lui donner la cohésion nécessaire. Au début, les éléments assemblés étaient si disparates que. jusque dans le langage le désaccord devait éclater; Juan Jacome, qui était de Ferrare, fit entrer dans sa compagnie sept Espagnols et un compatriote à lui, Felipe Travers, né à Milan. Deux ans plus tard, en 1583, cet Abagaro Francisco Baldi, que tous les documents valenciens de cette date appellent et orthographient de la sorte, semble trahir par la forme de son nom une origine italienne. Il eut beau lui donner, dès la même année 1583, une terminaison espagnole Valdes', la troupe qu'il dirigeait, et où probablement ses compatriotes ne manquaient pas, devait se ressentir du mélange des deux nationalités.
Cette diversité d’origine ne se retrouve pas dans les troupes telles qu’on les organisait au dix-septième siècle ; on recherchait, au contraire, l’unité la plus complète, et
1. Il se fit appeler Agavaro Francisco Valdes (Rennert, op. cit., p. 612). Les minutes notariales l’appellent toujours Baldi. D’autre part, le Livre de Trésorerie, année 1582-1583, au chapitre des Farces (cf. p. 106, n. 1), indique pour le début de l’année 1583 des « Italiens ». Les Italiens ne scraient-ils pas la troupe mixte, mi-eSpagnole, mi-italienne de Baldi, qui peut-être jouait dans les deux langues, et à laquelle on attribuait officiellement la nationalité du directeur ?
on pensait y atteindre d'autant plus sûrement qu’on réunissait ensemble des comédiens de la même famille. Presque toujours, une actrice qu’on engage est l'épouse légitime d'un comédien de la compagnie. Il arrive même que parents, enfants et cousins pratiquent leur art côte à côte, ajoutant aux liens de la famille ceux du compagnonnage. Aucun exemple n’est plus frappant sur ce point que celui de Jerénimo Lépez, qui avait groupé autour de lui son fils, la femme de celui-ci, un parent de sa propre femme et la femme du parent’. On souhaiterait que la famille se fût promptement augmentée pour trouver en elle-même le personnel entier de la troupe.
Homogène ou non, la troupe, une fois constituée, devait affronter chaque jour les rigueurs du public.
‘était à lautor de comedias qu'il appartenait de la conduire à la bataille, c'était à lui d’ « amalgainer » pour le mieux les vétérans du théâtre et les jeunes recrues, les acteurs grandis dans l’une et l’autre péninsule, les grands premiers rôles et les modestes « utilités ». Son rôle, si important dans toute la partie administrative, l'était peut-être plus encore dans la partie artistique. Non qu’il eût à créer lui-même, en tout ou en partie, le répertoire que sa troupe représentait : si quelques directeurs composèrent eux-mêmes des comédies, aucun ne se distingua par le mérite ou l’abondance de sa production. Et il n’y a pas d'apparence, malzié les éloges de Tärrega, que le lyrisme ait beaucoup mieux réussi
1. Parr. Minutes de Chorrutta, 6 déc. 1621 : « Nosotros hieronymo lopez, autor de comedias, michaela lopez de varela conjuges, luys lopez hijo de dicho autor, angela de corbella ÿ de lopez conjuges, diego varela y maria lopez conjuges, todos representantes.. »
que le drame à cet Antonio Baldes, « caporal dans l'armée de la comédie » qui, aux approches de l’année 1600, prit part au concours poétique organisé par D. Bernardo Catalän de Valeriola'. Mais, ce point mis à part, tout le reste incombait au directeur de la troupe. Aussi quel désarroi quand d'aventure lautor venait à manquer! En 1621, Baltasar Pinedo joue avec toute sa troupe à la Olivera jusqu'au 23 février, c'est-à-dire jusqu’au début du Carème; puis brusquement, en mars, il disparaît sans que nous connaissions le motif de cette disparition; et voilà aussitôt toute sa troupe dans l'embarras; c'est un corps privé de la tête. Acteurs et actrices ne perdent pas courage; ils constituent une sorte de société qui prendra la suite des affaires, sans que d’ailleurs aucun des associés ait droit au titre d’autor de comedias : et ils chargent un musicien, Don Fernando de Sandoval, de traiter en leur nom avec les échevins de Murcie pour obtenir qu'ils soient substitués à Pinedo dans le traité conclu entre la cité et lui en vue des représentations de la Fête-Dieu*. Rien ne montre mieux toute la place que
1. Justas poëticas hechas a devocion de Don Bernardo Catalan de Valeriola. Valencia, Juan Chrysotomo Garriz, 1602. Dans la sentence de Tärrega, qui était juge du concours, on lit, p. 73 :
El buen Antonio Baldes, Caporal de los Farçantes, À darnos mejores pies Llevarà mejores guantes, Por comedia, à entremes.
2. Parr. Minutes de Chorrutta, 23 mars 1621 : « Sepan quantos esta carta de poder vieren... como nosotros Andres de lastra, Anna palasios conjuges, Miguel munyos y Angela de toledo conjuges, Phelipe sanchez y Bernarda de herrera conjuges, Sebastian gonzales y Catherina ruys conjuges, Joan ximenez, Thomas de torres, Diego manuel de alarcon, Hieronymo de cordoua, Alonso de robles y Gines
tenait dans la troupe l’autor de comedias: lui parti, tout était à refaire; l’édifice ne se soutenait plus qu’à condition de le reprendre depuis ses fondations.
C’est là-dessus, sur cette constatation d'une autorité nécessaire, qu'il convient de terminer ce tableau de la vie des comédiens à Valencia. Dans cette bohème, il y avait une hiérarchie fortement organisée et scrupuleusement respectée. Sous ce désordre apparent, l’ordre régnait, troublé quelquefois à la surface, mais promptement rétabli parce qu'il était une des conditions de lexistence ou tout au moins le secret de la prospérité. Les actrices papillonnaient, les acteurs paradaient, les musiciens fredonnaient : tant de légèreté cachait un fonds sérieux que les amertumes d'une rude existence ne laissaient point s’épuiser. Ces affamés d'indépendance ont subi, à Valencia, impitoyable tutelle de PHôpitals ces orgueilleux se sont pliés à la rude autorité de l’autor de comedias. Hs ont sacrifié leur vie et leur personne à la poursuite d’un idéal qu'ils entrevoyaient à peine : dans la huerta valencienne, ils ont aidé à croître, à se consti-
tuer, à fleurir la plante à peine née de la comedia.
de robles, representantes,.. damos todo nuestro poder... a don Hernando sandoual, vezino de la ciudad de murcia, para que pueda consertar con la dicha ciudad de murcia, regidores della o administradores de la fiesta del corpus christi... acerca de las representaciones hazederas para festejar y regosijar dicha fiesta en dicha ciudad y lugares acostumbrados della, obligandonos a todo lo que Balthazar de pinedo, autor de comedias, estaua obligado con las comodidades, prouechos y cargos contenidos en el consierto que dicho pinedo tenia hecho. »