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INTRODUCTION

Le principal intérêt de l’étude des spectres d'absorption infrarouges réside dans les résultats qu’on peut en tirer, concernant la structure et les propriétés de la molécule. Un tel spectre se compose d’une série de bandes dans le domaine qu'on peut appeler le proche infrarouge (jusque vers 25 y) et d’une autre série de bandes situées dans l’infrarouge lointain (100 à 200 x). Le premier système est dû aux vibrations intramoléculaires, tandis que le deuxième résulte de la rotation de la molécule. Cet aspect général est présenté tant parle spectre des gaz ou vapeurs, que par celui des liquides. Il est facile de se rendre compte, pourtant, que, tandis que dans le cas des gaz, fluides à faible densité moléculaire, les mouvements rotationnels ou de vibration peuvent avoir lieu sans perturbations sensibles, pour les liquides, les forces de cohésion intermoléculaires jouent un rôle considérable et dont, vu notre ignorance de leur nature et leur intensité, nous ne pouvons pas nous rendre compte.

Les résultats sont donc bien plus nets lorsqu'on étudie les spectres d'absorption des gaz. Il est donc naturel de penser qu’on a intérêt à étudier un corps à l’état de vapeur de

préférence à l’état liquide.

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Je me suis donc proposé de reprendre l'étude faite sur quelques substances organiques, en les vaporisant et en étudiant les spectres d'absorption de ces vapeurs.

Toute une série d'auteurs (‘) ont montré que, pour certains corps et pour certaines bandes de leurs spectres d’absorption, on peut déceler des déplacements notables des maxima d'absorption quand on passe de l'état liquide à l’état de vapeur, déplacements habituellement vers les petites longueurs d'onde. Il est certain que dans quelques cas (voir aussi Neunhôffer, Phys. Zeit., 33, 439, 1932) ce déplacement doit être attribué à une dépolymérisation de la substance, due à l’évaporation. La plupart des corps présentant de tels déplacements, sont, en effet, associés à l’état liquide, ainsi que l'ont montré de nombreux travaux (?). Cette association doit déformer un peu la molécule, et c'est à la molécule nouvelle ainsi créée qu'est dû le spectre d'absorption dans le cas du liquide. Il est donc du plus haut intérêt d’étudier ces substances dans des conditions où l'association ne peut intervenir, à l’état de solvants pour quelques-unes (eau, ammoniaque, etc.) ou de vapeurs pour d’autres.

Quelques cas simples de substances organiques, gazeuses pour la plupart, ont été déjà étudiés en détail, ces dernières années. Le but de ces beaux travaux a été surtout de mettre en évidence la structure fine des bandes d'absorption et de vérifier ainsi les conclusions tirées de la mécanique quantique. Les auteurs se sont servis pour cela, d'appareils à grande

dipersion, à réseau ou prisme-réseau, nécessaires pour pou-.

voir obtenir la structure très serrée des bandes dues à ces molécules polyatomiques à grands moments d'inertie. Ayant à ma disposition un simple spectrographe à prisme en sel gemme, je ne pouvais songer à résoudre la structure fine

(@! Dreiscx. Z. f. Phys., 80, 200, 1924 ; Purvis. Proc. Cambr. Phil. Soc., 21, 556, 1923 ; Sransreun. Z. f. Phys., 74, 466, 1932. (2) Ramsay et Sins, TrAUBE, LONGINEScu, etc.

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des bandes des corps étudiés. Dans ce qui suit, il sera donc

simplement question du spectre de vibration des molécules polyatomiques.

Ce travail a été fait au Laboratoire de Chimie Physique de la Sorbonne sous la direction de M. Jean Perrin, membre de l’Institut, auquel je tiens à exprimer ici toute ma gratitude pour l’accueil que j'ai trouvé au laboratoire. Je remercie également M. Francis Perrin pour l'intérêt qu'il a apporté à mon travail et pour les nombreux conseils qu'il m'a donnés.

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