IV. — SPECTRES PROPRES AUX SOURCES CALORIFIQUES
Il est indispensable de connaître les spectres des sources calorifiques, puisqu'ils coexistent toujours avec ceux qu'on veut étudier. Ces derniers ne sont cependant pas constamment compliqués de raies aussi nombreuses et aussi fortes que celles représentées dans les dessins relatifs aux sources employées. Les spectres des sources ont été, en effet, produits et dessinés dans des conditions favorables à leur entier développement, tandis qu'on peut presque toujours en éliminer une bonne part (§ VIT) ,
A titre de spectres des sources calorifiques, on trouvera
(') J'appelle étroites les raies nettes de même largeur que la fente, et nébuleuses celles qui conservent une certaine grosseur et des bords vaporeux avec une fente déliée. Une raie réellement étroite, mais très-faible, parait quelquefois cire un peu nébuleuse, surtout dans le violet. Lorsque deux raies voisines, de mêmes largeurs réelles, sont d'intensité très-inégale, la plus forte l'emporte en grosseur apparente.
(') On a imprimé en lettres grasseS toutes les remarques relatives au travail de la gravure. On a relevé avec grand soin les plus petites erreurs de position et d'intensité du dessin principal (échelle du micromètre); mais on n'a pas pris note des inexactitudes aussi peu importantes sur l'échelle des /, celle-ci étant uniquement destinée à faciliter les recherches rapides.
HËMAHgUliS DIVERSES. 9
ceux : i'^ de la lumière positive d'une étincelle d'induction non condensée ; 2'' de la gaine bleue du pôle négatif de la même étincelle; 3" de l'étincelle blanche et crépitante jaillissant entre deux conducteurs suffisamment éloignés l'un de l'autre; 4*^ de l'étincelle très-courte éclatant entre la surface d'une solution de H Cl et un fil de platine; 5" de la flamme bleue du brûleur de Bunsen,
Outre ces spectres, il est souvent nécessaire de consulter ceux de substances très-répandues, telles cpie Na, Ca, Mg, Cu, Fe, Pb, K, etc. Ainsi les raies voisines de la^ presque inévitable raie jaune du Na échappent facilement à l'observation.
Soit dans le gaz, soit avec l'étincelle, les fils de platine n'occasionnent pas ordinairement l'apparition des raies propres à ce métal (§ VII); si l'on craignait cet accident, il faudrait comparer les raies obtenues avec celles du platine [Pl. XXVII), ou employer un autre métal, comme le palladium ou l'iridium (§ VIII).
V. — REMARQUES SDR L'EMPLOI DU SPECTROSCOPE ET SUR L'APPARENCE DES RAIES.
1° Avant d'observer une raie, on met le micromètre et l'oculaire au point (§ XII)
2° Même sans intention d'opérer des mesures, il est bon d'éclairer le micromètre et de placer le milieu de la raie jaune Na sur la division 100. On illumine très-bien l'échelle avec une petite lampe à éponge imbibée d'essence de pétrole.
3° Le fil micrométrique est rendu parallèle à la direction des raies (^).
(') L'exploration d'une portion du spectre se l'ait après mise au point pour le centre du champ à examiner.
(') On place quelquefois les raies en bissectrices de l'angle formé par deux fils croisés; je préfère le fil parallèle aux raies.
•10 IIEM ARQUES DIVERSES.
4" Il est très-commode que la partie la plus lumineuse du spectre soit un peu au-dessous de l'échelle divisée (§ XIII).
5*^ Comme la largeur de la fente influe sur l'aspect des raies, il est nécessaire de la modifier suivant les circonstances. Pour chercher, sur un fond peu éclairé, une raie nette, mais faible, il faut ouvrir la fente, surtout dans le rouge et le violet extrêmes. Si la raie étroite se projette sur un fond assez vif, on rétrécira la fente, afin d'atténuer l'éclat du fond ; on réussit ainsi principalement dans le spectre moyen. Une fente étroite est nécessaire pour résoudre un groupe de raies voisines et avantageux pour l'observation de certaines raies nébuleuses perdues dans des fonds éclairés. La largeur de la fente peut donc influer légèrement sur l'intensité relative de deux raies, surtout quand l'une est nette et l'autre nébuleuse.
6° Il faut viser la source lumineuse dans la partie, quelquefois très-limitée, où elle offre le plus d'éclat.
']° Plusieurs raies voisines, étroites et faibles, prennent parfois l'apparence d'une raie ou bande nébuleuse bien visible (p. 6). '
8° Principalement sur des fonds obscurs (par exemple, dans . le rouge et le violet extrêmes), on aperçoit des raies très-faibles en fixant le regard à une petite distance de la raie cherchée.
9° Dans un paysage, un point très-peu saillant frappe la vue dès qu'il se meut; on découvrira de même des raies trèsfaibles, ou placées sur fond brillant, en faisant osciller la lunette oculaire.
io« Quand la puissance calorifique de la source lumineuse augmente, les raies les plus réfrangibles gagnent presque toujours en éclat relatif. C'est ce qui arrive quand on active la combustion du gaz par une soufflerie, et mieux si l'on passe à l'emploi de l'étincelle ordinaire, puis à celui des condensateurs-
11° Un changement dans la concentration des solutions salines soumises k l'action de l'étincelle modifie assez souvent les intensités relatives des raies (P/. VI, 2« spectre).
EMPLOI DU GAZ. Il 12" Les changements de composition qui résultent quelquefois de l'application prolongée de la chaleur peuvent causer des variations spectrales, comme cela se voit avec certains chlorures transformables en oxydes [RaCP {Pl. VII)]. J'indiquerai, lorsqu'il y aura lieu, dans quels cas ces effets se produisent.