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RELATIONS SPECTRE-PÉRIODE ET SPECTRE-EXCENTRICITÉ

N. 74. Bibliographie. — Les renseignements bibliographiques donnés ci-dessous sont relatifs, non seulement à la répartition des primaires, des Binaires Spectroscopiques et Visuelles entre les diverses classes spectrales, mais aussi aux relations susceptibles d'exister entre spectres et périodes, ou entre spectres et excentricités, car ces questions sont intimement mêlées dans les diverses publications qui s’y rapportent. Parmi les auteurs qui se sont intéressés à ces questions, nous citerons :

(R. 38) F. Schlesinger and R. H. Baker : À comparative Study of spectroscopic Binaries (Publ. of the Allegheny Obs. I, n° 21, p. 157 ; 24 février 1910).

(R. 39) H. Ludendorff : Zur Statistik der spektroskopischen Doppelsterne. (A. N. Band 184, n° 4.415, p. 384 ; 28 février 1910). ;

(R. 40) W. W. Campbell : Second Catalogue of Spectroscopic binary Stars (L. O. B. 6, n° 181, pp. 17-43 : 1910).

(R. 41) W. W. Campbell : Stellar Motions (pp. 255-261 ; juin 1913).

(R. 42) H. N. Russell : Relations between the spectra and other characteristics ot the stars (Publ. Astron. Soc. III, pp. 30-31 ; 1918).

(R. 43) R. G. Aitken : The spectral classification of 3.919 visual binary Stars (P. A. 26, p. 636 ; 1918).

(R. 44) R. G. Aitken : The binary Stars (pp. 198-201 ; 1918, 1re édition).

(R. 45) A. Beer : Zur Charakterisierung der spektroskopischen Doppelsterne (Ver. der Universitätssternwarte zu Berlin-Babelsberg, Band V, Heft 6, pp. 60-61, 87-93 ; 1927).

(R. 46) D. Barbier : Les Étoiles doubles à longue période ; propriétés statistiques et valeurs hypothétiques de leurs éléments (p. 38 et p. 44 ; 1935).

(R. 47) R. G. Aitken : The Binary Stars (pp. 210-213, 1935 ; 2e édition).

R. BonNer. 6

N. 75. — Nous donnons ci-dessous un bref résumé des résultats connus :

La répartition des Binaires entre les diverses classes spectrales est très différente suivant que ces étoiles doubles se rattachent à la catégorie des Binaires Spectroscopiques ou à celle des Binaires Visuelles.

Les Binaires Spectroscopiques ‘appartiennent en majorité aux premiers types spectraux B ou À (57 %) ; le type M s’y rencontre rarement.

Dans la catégorie des Binaires Visuelles, il y a lieu avec H. N. Russell (R. 42) de distinguer entre les Binaires Visuelles proprement dites dont la période est connue, et les paires physiques dont la période fort longue n’a pu encore être déterminée.

Les Binaires Visuelles proprement dites sont surtout bien représentées dans ” la classe G (près de 50 %). On remarquera chez elles :

19 L'absence d'étoiles de types (0-B), les Binaires Visuelles de ces types étant trop serrées pour se prêter aux mesures micrométriques, absence qui contraste avec la fréquence relative de ces types dans la catégorie des doubles spectroscopiques ;

20 La rareté des étoiles de type M, les Binaires Visuelles de ce type ayant des périodes trop longues pour que leurs orbites aient déjà pu être déterminées.

En ce qui concerne les paires physiques, on observe la même pauvreté en étoiles B ou M, mais la classe spectrale la plus favorisée est la classe À (34 %), selon R. G. Aitken (R 43).

N. 76. — En ce qui concerne la relation Spectre-Période, les résultats de W. W. Campbell (R. 40) paraissent montrer que la période des Binaires Spectroscopiques croît en moyenne quand on parcourt la série des spectres dans le sens B, A, F, G, K, M. Cet auteur trouve en effet que la proportion des Binaires

Spectroscopiques dont la période est inférieure à dix jours est de - pour les

L 1 re

types (O-B), de 5 Pour le type À, : pour le type F, alors qu'aucune Binaire Spectroscopique de type (G, K ou M) n’a une période inférieure à 20 jours.

Dans son livre Stellar Motions (R. 41), W. W. Cambpell écrit d’ailleurs : «Les Binaires Spectroscopiques des premiers types ont des périodes courtes et des orbites presque circulaires ; celles de types plus avancés ont des périodes relativement longues, et des orbites à excentricités fortes ».

Une telle opinion suppose non seulement la possibilité d’une relation Spectre- Période, mais aussi celle d’une relation Spectre-Excentricité. D’ailleurs après

avoir examiné également ce qui se passe pour la catégorie des Binaires Visuelles, Campbell conclut :

«La période de révolution d’un système binaire est en général une fonction du type spectral, et l’excentricité est en général une fonction de la période. » Il semble donc que l’excentricité devrait elle aussi être fonction du type spectral.

Afm de vérifier si, parmi les Binaires Spectroscopiques, la période croît réellement en moyenne quand le type spectral progresse de B vers M, R. G. Aïtken (R. 44 et R. 47), a calculé les valeurs de la période et de l’excentricité moyennes pour les diverses classes spectrales. Réunissant alors les classes spectrales en deux groupes (B, A, F) et (G, K, M), il a trouvé que :

Les Binaires Spectroscopiques de types (B, À, F), ont des périodes moyennes nettement inférieures à celles des Binaires Spectroscopiques de types (G, K, M), mais dans aucun de ces deux groupes la période moyenne ne croît quand le type spectral avance.

R. G. Aïtken a effectué les mêmes calculs pour la catégorie des Binaires Visuelles et a trouvé que celles-ci ne montrent qu’une faible’ évidence de corrélation entre période et spectre.

Cet auteur a ensuite considéré 51 Binaires Spectroscopiques, pour lesquelles, sans connaître la valeur exacte de la période, on sait seulement si elle est courte ou longue. En les classant d’après leur spectre, il trouve que le nombre des périodes courtes va en diminuant du type B vers le type M, alors que celui des périodes longues va en croissant de B vers (G-K) (R. 44).

=. IN. 77. —- Dans la première édition de son livre, The Binary Stars (R. 44), R. G. Aiïtken signale, relativement à la relation Spectre-Excentricité, que dans la catégorie des Binaires Visuelles, l’excentricité moyenne décroît quand'le type spectral progresse de (A-F) vers (G-K). Dans la seconde édition (R. 47), cet auteur, opérant avec un matériel accru (116 BV au lieu de 68), trouve un résultat analogue, mais comme la décroissance de e est moins prononcée, il conclut

que ce phénomène est vraisemblablement dû à la sélection. Les Binaires Spectroscopiques ne lui semblent pas présenter une telle variation.

Ajoutons pour compléter que D. Barbier (R. 46) qui a utilisé pour 183 Binaires Visuelles dont l’orbite n’était pas connue en 1934 des valeurs hypothétiques de la période et de l’excentricité, ârrive aux conclusions suivantes:

19 Une corrélation est probable entre le logarithme de la période, log P, et le type spectral, en ce sens que log P paraît augmenter quand le type spectral progresse de B vers M (p. 44);

20 Abstraction faite des étoiles B, l’excentricité semble croître quand le type spectral progresse (à l'exclusion du type K), mais cette variation ne lui semble pas certaine (p. 38).

En résumé les divers auteurs paraissent d’accord quant à l'existence et la nature de la relation Spectre-Période, mais les àvis sont partagés en ce qui concerne la relation Spectre-Excentricité.

N. 78. —— Nous terminerons ce petit exposé bibliographique en rappelant que H. N. Russell (R. 42) et R. G. Aiïtken (R. 44 et R. 47), ont mis en évidence des causes de sélection quant aux spectres des Binaires tant spectroscopiques que visuelles, sur lesquelles nous reviendrons plus loin.

N. 79. — Dans les chapitres qui vont suivre, nous examinerons successivement :

La répartition des Spectres des primaires ; La relation Spectre-Période ; La relation Spectre-Excentricité.

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