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POINT DE VUE ASTRONOMIQUE

Distribution des périodes.

1. La courbe de répartition des périodes orbitales n’est gaussienne, ni pour les Binaires Spectroscopiques (forte dissymétrie), ni pour les Binaires Visuelles (dissymétrie), ni pour l’ensemble des Binaires (2 sommets).

2. Même résultat en ce qui concerne la distribution des quantités X = log P, sauf pour les Binaires Visuelles (quasi-symétrie). Dans le cas des Binaires Spectroscopiques nous trouvons un seul maximum de fréquence et non trois comme Otto Struve. | |

3. La distribution des périodes relative à l’ensemble des Binaires résulte de la quasi-juxtaposition de celle des Binaires Spectroscopiques et de celle des - Binaires Visuelles, les Binaires Spectroscopiques se réservant le domaine des courtes périodes, les Binaiïres Visuelles dominant dans celui des longues périodes.

4. Aucune période ne tombe entre 700 et 1.100 ans (lacune réelle ou pauvreté locale en Binaires ?).

Distribution des excentricités. |

5. Il se confirme que les excentricités des Binaires Spectroscopiques sont en moyenne beaucoup plus petites que celles des Binaires Visuelles.

6. La courbe de répartition des excentricités orbitales n’est gaussienne, n1 - pour les Binaires Spectroscopiques (en J retourné), ni pour l’ensemble des Binaires ; elle est quasi-normale pour les Binaires Visuelles.

Influence de la sélection.

7. La fréquence des courtes périodes et la rareté des grandes périodes chez les Binaires Spectroscopiques, de même que la rareté des périodes extrêmes (très courtes ou très longues), chez les Binaires Visuelles, sont en grande partie dues à la sélection.

R. BonNer. IE

Cette dernière paraît accroître l'instabilité de la période moyenne relati-

vement à l'augmentation du nombre des orbites connues.

8. Pratiquement il ny a pas sélection par rapport aux excentricités chez les Binaires Spectroscopiques.

Pour les Binaires Visuelles à périodes extrêmes te ou longues), le mouvement orbital a plus de chance d’être détecté et les mesures se prêtent mieux à une rapide détermination des éléments quand l’excentricité est forte.

Périodes et excentricités hypothétiques des Binaires Visuelles.

9. Les périodes vraies sont beaucoup plus dispersées que les périodes hypothétiques.

10. Les valeurs des caractéristiques (moyenne ou médiane) relatives à la distribution des périodes (ou de log P), dépendent beaucoup, comme l’affirmait Luyten en 1923, de la définition plus ou moins élastique adoptée pour l'étoile double. Pour obtenir des caractéristiques à valeur plus stable, il y aurait intérêt à répartir l’ensemble des Binaires en un petit nombre de groupes délimités d’après la plus ou moins grande rapidité du mouvement orbital.

11. La valeur hypothétique de l’excentricité est en moyenne nettement supérieure à la valeur déduite des observations.

Distribution des spectres des primaires.

12. Les Binaires Spectroscopiques sont en majorité de classes spectrales A ou B ; le type spectral le plus fréquemment observé est le type A.

13. Chez les Binaires Visuelles à orbite connue, le type spectral le plus fréquemment observé est le type G.

Pour l’ensemble des Binaires Visuelles (paires physiques comprises), le type spectral le plus fréquemment observé est le type À ; 82 % d’entre elles appartiennent aux classes spectrales A, G ou K. Les types extrêmes B et M sont rares.

14. Quand on passe des Binaires Spectroscopiques aux Binaires Visuelles, le type spectral a une certaine tendance à progresser des premiers types vers les derniers. 4

15. La sélection par rapport aux spectres paraît avoir pour effet de diminuer la proportion d'étoiles B chez les Binaires Spectroscopiques, celles d'étoiles B et M chez les Binaires Visuelles.

Relation (Spectre-Période).

16. L'analyse directe des Tables de contingence (Spectre-Période) nous a permis de mettre en évidence de nombreux indices favorables à l’existence

ec émhotif SR

CONCLUSIONS GÉNÉRALES 275

d’une relation entre spectres et périodes, surtout dans le cas des Binaires Spectroscopiques et pour l’ensemble des Binaires.

17. La variation des valeurs moyenne et médiane de la période en fonction du type spectral paraît confirmer les résultats précédents ; toutefois l'analyse directe des Tables de contingence est, à ce point de vue, une bien meilleure méthode, à la fois plus féconde et plus probante.

18. La relation entre spectres et périodes ne paraît pas d’un caractère aussi simple que l’imaginait W. W. Campbell en 1910 à propos des Binaires Spectroscopiques. Elle se manifeste sous de multiples aspects, mais il n’est pas tout à fait exact d'affirmer que: «le type spectral progresse quand la période croît ».

19. Les méthodes employées précédemment mettent en évidence divers indices favorables à l'existence d’une relation (Groupe spectral-Période). Nous avons, à ce propos, étudié la variation de la proportion de Binaires d’un groupe spectral donné avec la période et cherché à interpréter les résultats obtenus.

20. La valeur des coefficients de contingence (Spectre-Période) et

[Spectre — X — log (10 P)]

montre que la liaison entre spectres et périodes, si elle existe réellement, est assez serrée chez les Binaires Spectroscopiques et pour l’ensemble des Binaires ; elle paraît moins étroite dans le cas des Binaires Visuelles. 21. L'influence de la sélection en cette matière est grande dans le cas des * Binaires Visuelles ; elle est plus faible dans celui des Binaires Spectroscopiques et encore plus réduite pour l’ensemble des Binaires.

Relation (Spectre-Excentricité).

22. L'analyse directe des Tables de contingence (Spectre-Excentricité) nous a permis de mettre en évidence un certain nombre d’indices favorables à l'existence d’une relation entre spectres et excentricités chez les Binaires Spectroscopiques et chez les Binaires Visuelles, mais cette relation est loin d’être aussi évidente que la relation (Spectre-Période).

23. Nous avons par ailleurs montré que l'influence de la nature du type spectral sur les valeurs moyenne et médiane de l’excentricité paraît certaine, ce qui constitue un argument sérieux en faveur de lexistence d’une relation (Spectre-Excentricité).

24. Le phénomène de sélection ne paraît pas, dans l’état actuel des données, avoir une répercussion appréciable sur la nature ou la mesure de l'intensité de la liaison (Spectre-Excentricité).

Relation (Période-Excentricité).

25. L'analyse directe des Tables de contingence (Période-Excentricité) nous a permis de mettre en évidence de multiples indices favorables à l’existence d’une relation entre périodes et excentricités chez les Binaires de toutes catégories, en ce sens que :

Les petites valeurs de la période ont tendance à être liées aux faibles valeurs de l’excentricité, les grandes valeurs de la période s’associant plutôt aux fortes valeurs de l’excentricité.

Cette relation semble mieux établie pour les Binaires ARR et pour l’ensemble des Binaires que pour les Binaires Visuelles.

26. La valeur des coefficients de contingence montre que la liaison entre périodes et excentricités est relativement serrée (C allant de 0,65 à 0,70).

27. L'intensité de la liaison entre périodes et excentricités estimée d’après la valeur des coefficients de corrélation n’est comparable à celle précédem-

ment trouvée que dans le cas de l’ensemble des Binaires (r — 0,70) ; elle apparaît comme un peu plus faible pour les Binaires Spectroscopiques (r — 0,57) et comme beaucoup plus faible dans le cas des Binaires Visuelles (r — 0,30). Cette dernière anomalie nous paraît imputable au fait que l’une des lignes de régression s’écarte notablement de la rectilinéarité pour les Binaires Visuelles ainsi qu’à la pauvreté en Binaires de cette dernière catégorie.

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