PIGMENT RÉTINIEN
dont la fonction est plutôt d’ordre physique, car ils représentent l’écran noir qui absorbe les rayons lumineux et se rapportent au groupe des pigments noirs, ou mélaniques. La rétine présente une coloration particulière rouge, qui n’est appréciable que chez les individus albinos, mais qu'on peut isoler dans l’œil fraîchement enlevé de divers animaux la grenouille en particulier. Le pigment qui en est l’origine et qui a été désigné sous les noms de Pourpre Rétinien, Rhodopsine, Sehpurpur, Erythropsine, a été l’objet, de la part de lvuhne et de ses élèves, de remarquables travaux qui ont la plus haute importance pour la physiologie de la perception des couleurs et des objets lumineux.
C’est Boll (l) qui, le premier, en 1876, constata que la coloration rouge de la rétine, chez l’animal vivant, s’affaiblit sous l’influence de la lumière pour réapparaître par le séjour dans l’obscurité, mais disparaît après la mort. Kuhne a démontré que les réactions et les propriétés du pigment rétinien peuvent être observées dans
O Boll. — Monat. der Berlin. Acad. 12 nov. 1876, Kuhne, Ewald, Ayres, Mays et d’autres élèves de Kuhne ont publié leurs nombreux travaux sur le sujet dans les vol. I et II des Untersuch. aus des physiol. Institute su Heidelberg, 1877, 1878.
RHODOPSINE
la lumière monochromatique jaune qui agit très peu sur le pourpre rétinien. Il a le premier déterminé que ce pigment siège exclusivement dans la couche externe des bâtonnets, et qu’il manque, dans les cônes et les bâtonnets, au voisinage de la tache blanche et de Yora serrata.
La rhodopsine manque chez les animaux dont la rétine ne possède pas de bâtonnets. De plus, chez cerlaines chauve-souris, comme aussi chez les poules, les pigeons, et les lapins nouveaunés, les bâtonnets ne renferment pas ce pigment. Pour isoler la rhodopsine, il faut choisir de préférence les yeux des grenouilles, parce qu’il est plus facile d’en faire disparaître le sang. 11 faut opérer sous l’éclairage monochromatique jaune ; on dissout la matière colorante avec une solution aqueuse de •>, à 5 °/0 de bile de bœuf cristallisée ('). Cet extrait offre une coloration rouge, purpurine, claire et non phosphorescente ; desséchée dans le vide, elle a l’aspect d’une poudre semblable au carmin ammoniacal. Pour isoler
(i) Kuhne a récemment perfectionne ce procédé en ajoutant à la solution extraite par la bile du sulfate de magnésie en solution saturée, laquelle dissout ce qui peut restçr d’hémoglobine ; puis l'on reprend le pigment rétinien par la solution biliaire. (Kuiine. — Zeitschrift /’. Biologie, 3a, p. 21-28).
JAUNE RETINIEN
le pigment, on le redissout dans une solution de bile cristallisée et on le recueille définitivement par la dialyse; il reste sur la membrane, sous forme d’une poudre amorphe violette.
Les rayons lumineux agissent diversement sur la rbodopsine ; la lumière blanche est la plus active pour la transformer d’abord en couleur jaune (Sehgelb, jaune de ta rétine), et enfin la décolorer. Les rayons verts, bleus, ont une activité moindre, et enfin viennent, par ordre de puissance décolorante, les rayons jaunes, violets orangés et rouges. Avec la lumière monochromatique jaune, il faut deux heures d’exposition pour décolorer la rbodopsine.
Les réactions spectroscopiques diffèrent pour la rbodopsine et son premier stade de transformation le jaune rétinien (Sehgelb), mais ni l’une ni l’autre de ces deux colorations ne présente, à l’examen spectroscopique des bandes caractéristiques, elles n’offrent qu’une absorption continue qui, pour le pourpre rétinien, commence à G, s'augmente très lentement jusqu’à 1), devient très prononcée vers 55o X et atteint son maximum de E à b, puis F. L’absorption se continue de F a b, pour diminuer rapidement vers h et devenir presque nulle à 4<>o X.
Le jaune rétinien présente une absorption
OPTOGRAMMES
continue depuis la moi lié de l’espace b F, c’està-dire 3oo X, atteignant son maximum de F à h et se continuant au delà dans le violet.
La propriété la plus remarquable de ce pigment est certainement sa sensibilité spéciale à la lumière, et Kuhne a cherché a démontrer, par des expériences fort curieuses, que la lumière agit sur le pourpre rétinien pendant la vie, impressionnant la couche pigmentée de la rétine à la façon d’une plaque photographique.
Les expériences ont été faites chez des lapins ; l’animal étant maintenu quelque temps dans une chambre noire, était brusquement impressionné par des ravons lumineux provenant d’une fenêtre, ou fente de forme variable ; il était alors décapité, et l'œil extrait immédiatement, placé dans une solution d’alun, qui fixait la rhodopsine.
Le lendemain, on trouvait à la surface de la rétine, dans l’étendue d'un quart de millimètre, une surface décolorée alTectant la forme et l’aspect de la fenêtre de la chambre noire. Ces images ont été désignées sous le nom d'oplogrammes , elles se conservent longtemps si l’on dessèche la rétine dans le vide.
La régénération de la rhodopsine est un plié