LES MUSCLES ROUGES
l’ongle du pouce ligaturé. On sait d’ailleurs que Claude Bernard avait observé que le sang qui sort des muscles prend la coloration du sang veineux pendant la contraction musculaire. L’examen spectroscopique du muscle en contraction nous a t’ait constater, de plus, une différence dans la durée de la réduction du sang, pour les muscles rouges et les muscles blancs.
En effet, chez le lapin, dans le muscle rouge semi-membraneux, la durée de la réduction, sous l’influence de la contraction tétanique, a été dequatorze secondes, en moyenne, tandis que dans les muscles blancs de la cuisse, adducteurs et triceps crural, elle variait entre quatre et cinq secondes, huit à dix secondes au plus, et quatorze sec » rides exceptionnellement. D’autre part, le muscle rouge présentait à l'analyse spectroscopique 14 Vo> les muscles blancs i3 °/0.
Cette expérience permet de conclure que la réserve d’oxy hémoglobine est plus grande dans les muscles rouges que dans les muscles blancs, déduction en rapport avec la distribution vasculaire dans les muscles rouges, qui a été décrite par Ranvier (*).
(') Ranvier. — Note sur les vaisseaux sanguins et la circulation dans les muscles rouges. Arcliiv. de Physiologie norm. et path., 187 4, !\ et 5, p. 449-
HEMOGLOBINE MUSCULAIRE
En dehors de la constatation anatomique des dilatations vasculaires dans lesquelles le saug peut s’accumuler entre les faisceaux musculaires, l’importance de ces réserves peut être démontrée par une autre expérience spectroscopique. Pin ell'et, examinant au microspectroscope un muscle rouge de lapin dont les vaisseaux sanguins avaient été lavés aussi complètement que possible, Ranvier a vu les bandes d’absorption de l’oxyhémoglobine qu’il n’a pu constater dans les muscles blancs.
11 faut donc admettre que la coloration rouge des muscles est principalement due à la présence de l’hémoglobine ; mais plusieurs auteurs ont soutenu que l'hémoglobine contenue dans le muscle pouvait provenir, non seulement du sang, mais aussi des fibres musculaires elles-mêmes, imprégnées d’hémoglobine qui serait partie constituante de leur protoplasma, et varierait en quantité suivant les périodes de repos ou de contraction. L’un des principaux arguments en faveur de celte opinion est que Kuhne a pu extraire des cristaux d’bémine du suc musculaire des rongeurs et d’autres animaux ; mais Zalewski a montré que si le muscle est complètement privé de sang, il ne contient plus de fer, par conséquent pas d’hémoglobine.
MYOHEMATINE
Myohématine. — En dehors de la coloration due à l’hémoglobine, les muscles renferment un pigment spécial que Mac-Munn a découvert et décrit sous le nom de myohématine et, qui, jusqu’à présent, n'a été caractérisé que par ses réactions spectroscopiques. Suivant cet auteur, la myohématine serait une des formes d’un pigment, analogue à l'hémoglobine, qu’il appelle histohématine, parce qu’il est répandu dans un grand nombre de tissus des animaux inférieurs, et représente un pigment respiratoire se modifiant sous l’influence de l’oxygène, quel que soit le mode d’introduction de cet élément dans les tissus (‘).
La fig. 7 reproduit, d’après Mac-Munn mais rapportées à notre échelle habituelle, les bandes caractéristiques du spectre de la myohématine :