I. Spectre de la myohématine acide
Jl. Spectre de la myohématine réduite.
Le premier spectre (I) montre quatre bandes d’absorption : La première assez faible entre (*)
(*) Mac-Munn. — Myohœmatine , and the histo hœmatine. Philosophical l'ransact. of Royal Society. Part. I, i«S<S6 et Journal of Physiologie, VIII, n° 2, 18.87.
Ho?pe-Seyi.er (Zeitsch. f. Phys. Chemic. XIII), considère la myohématine comme une substance analogue à l’hémocbromogène.
IIknocque — Speetroseopie des organes
MYOHÉMATINE
X 6 1 3 et G(m), c’est-à-dire dans le rouge oranger à gauche delà raie D ; la seconde entre X 56<) et 565, dans le jaune verdâtre ù droite de D, plus faible encore que la précédente; la troisième
Fig. 7
die « D E b F , G
Myoh ém a ti n e
entre X 556 et 55o dans le jaune vert, la plus foncée et la plus nette ; et la quatrième formant une bande sombre entre E et b qu’elle dépasse un peu. Enfin le spectre est obscurci à droite de F à partir de X 460.
La myohématine réduite, c’est-à-dire modifiée par les réducteurs ou par la digestion artificielle (spectre 11), ne présente que deux bandes principales, la plus intense située entre 1) et E dans le jaune vert de X 554,5 à 548, et la seconde couvrant la plage verte de E à
MYOHEMATINE
b X 5‘i4,5 à 5 u) ; en plus, l'obscurité du spectre commence à 5oo X dans le vert bleu à peu près au milieu de la plage b à F.
11 m’a souvent semblé possible de constater un éclaircissement dans ce spectre, à droite de F, ce qui constituerait une troisième bande étendue de 5oo à X, bande d’ailleurs moins intense que les deux précédentes.
Ces spectres ressemblent beaucoup à celui de l’hémaline réduite ou hémochromogène, c’est pourquoi lloppe Seyler a soutenu l’opinion que la myohématine serait analogue, sinon identique, à l'hémochromogène.
L’analyse chimique aurait pu résoudre la question, en montrant que la myohématine ne contient pas de fer, mais jusqu’à présent ces délicates recherches n’ont pas été faites, et c’est seulement d’une façon indirecte que nous savons qu’il n’y a que des traces de fer dans les muscles longuement, lavés et privés de sang. En effet, dans des muscles tels que le cœur, privé de sang, on peut retrouver la myohématine, soit en l’extrayant par une macération dans l’éther sulfurique pendant plusieurs jours, soit en examinant des coupes de divers muscles du cœur, chez des animaux hydrotomisés, ainsi que j’ai pu le faire chez les cobayes, le pigeon, suivant les
MYOHEMATINE DU CŒUR
méthodes indiquées par Mac-Munn. L’examen direct des muscles desséchés après avoir longuement macéré (muscles de bœuf, de mouton, de porc), révèle la myohématine, il en est de même de coupes pratiquées sur des cœurs de divers animaux ayant été rendus translucides par la glycérine. On peut ainsi faire des préparations, et les conserver dans des tubes ou dans de la glycérine Jelly.
Le cœur du pigeon est particulièrement riche en myohématine (Mac-Munn). Celle-ci existe dans les muscles des mammifères, des autres vertébrés, et chez certains invertébrés, crustacés, mollusques, insectes (Mac-Munn, Lancaster). Je l’ai constatée facilement, chez l’hydrophile, chez le lucane-cervolant, qui ne renferment pas d’hémoglobine, et dont les grosses masses musculaires du thorax sont très favorables à ces recherches.
Copeman, en 1890, a indiqué un mode de préparation de la myohématine, fort intéressant au point de vue de la théorie de ce pigment. Il a, en elîet, montré à la Société de Physique de Londres des spécimens de myohématine obtenue en traitant du sang défibriné et légèrement dilué par une petite partie de tissu musculaire maintenue à l’abri de l’air à une température de
Sl’ECTROSCOPIE DES MUSCLES LISSES 33
36° G, pendant trois semaines. 11 a constaté le spectre figuré par Mac-Munn, avec une légère différence sur la fin du violet. Il ressemble au spectre de l’hémochromogène et de l’hématoporphyrine neutre ; maisil s’en distingue par les réactifs, car, en chauffant près de l'ébullition, les bandes disparaissent; mais elles redeviennent visibles en refroidissant, comme l’a vu Halliburton dans la myohématine réduite de Mac-Munn.
Il faut insister sur ce point que la même expérience fut faite avec du tissu hépatique; or, il se forma de l’hématine alcaline et non de l’histohématine.
En résumé, la myohématine est un pigment musculaire ayant un spectre caractéristique, modifiable suivant des conditions déterminées, d’ordre chimique ou thermique; c’est en outre un spectre réversible, il présente donc les conditions que nous avons indiquées dans notre introduction, pour la caractéristique spectroscopique d’une substance d’origine biologique.
Spectroscopie des muscles lisses. — Il
n’a été fuit qu’un nombre bien restreint de recherches sur le spectre des muscles lisses.