GLOBULES ET COAGULATION
seul facilement en se superposant; ils forment (les pi 1rs de monnaie de trois, quatre, cinq globules, et enfin se réunissent en sortes de colonnettes sinueuses, semblables à la disposition des globules rouges dite en tubes vermicelles.
J'ajoute, à ces remarques, que j’ai observé l’aspect crénelé et praliné de ces globules.
Dans la partie plus épaisse on trouve, après dessèchement, un réticulum fibrineux, des amas granuleux, des cristaux bleus et enfin des granulations rouges.
Mes observations ont été faites sur le sang d’un gros palémon, et d’un ours ou phalène (Scyllare), à Beaulieu, en mars et en avril 1 8«>(> . Le sang était d’abord incolore, puis bleuté, chez le palémon, et ensuite rosé, chez la phalène. Si j’insiste quelque peu sur ces recherches, c'est parce qu’elles m’ont amené à conclure que la matière colorante, l’hémoeyanine, est contenue dans des globules particuliers, et non pas seulement en émulsion ou en dilution dans le sérum, ainsi qu’il est écrit dans plusieurs livres classiques.
La récolte du sang des crustacés est facile ; on peut, pour l’obtenir, faire, au niveau de l’espace du premier segment membraneux ventral, et sur la partie médiane, une section des parties molles ;
SANG DES CRUSTACÉS
c’est le procédé d’Halliburton, qui donne une plus grande quantité de sang, mais je préfère recueillir le sang dans le cœur lui-même. On pratique avec des pinces coupantes une résection d’un lambeau triangulaire, à la base du segment thoracique de la carapace et à la partie moyenne ; on met ainsi le cœur à nu, et avec une pipette, munie d’un tube de caoutchouc, on aspire le sang. L’avantage du procédé est de permettre d’obtenir le sang absolument pur et d’empêcher le mélange avec la matière pigmentaire rouge de la carapace, qui possède un pouvoir de coloration considérable et existe en grande abondance dans le corps muqueux, surtout à certaines époques (mue ou reproduction). La coloration du sang des crustacés est fort variable ; au moment de l’extraction elle est nulle ou légèrement teintée en bleu, ou même rosée ; enfin, après quelques minutes d’exposition à l’air, on observe soit une teinte bleue plus foncée, soit une teinte d’un brun verdâtre rosé.
Par exemple, sur cinquante-quatre crabes, appartenant à des espèces fort variées : — Pise coralline, crabe commun ( cancer menas) ; — Maïa verruqueux, Portun tuberculeux, Tourteau, Calappe granuleuse, Drotnie vulgaire, Pagure, ou Bernard l’Hermile, étudiés en 1896 à Beaulieu,